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D’ordre de mon gouvernement, je vous informe de ce qui suit :

Dans sa lettre datée du 7 avril 2020 adressée au Président du Conseil de sécurité, le Représentant permanent d’Israël a affirmé que le Hezbollah avait largué le 26 mars 2020 un « drone » depuis le sud du Liban « dans l’espace aérien israélien ». Mon gouvernement tient à répondre à cette allégation comme suit :

Israël poursuit sa politique consistant à inventer des événements de toutes pièces et à porter des accusations infondées contre le Liban pour masquer des pratiques qui sont pourtant bien étayées, consistant à porter atteinte à la souveraineté du Liban et à menacer son peuple, sa sécurité et sa stabilité, outre son occupation persistante de pans de territoires libanais et arabes.

Au sujet de l’allégation selon laquelle le Hezbollah aurait largué le 26 mars 2020 un « drone » depuis le sud du Liban dans « l’espace aérien israélien », l’Armée libanaise n’a trouvé aucun élément venant appuyer cette allégation et la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) n’a évoqué aucun événement de la sorte. Cette allégation portée par Israël est par conséquent sans fondement et vise à induire en erreur les membres du Conseil de sécurité et à couvrir les atteintes quotidiennes commises par Israël à la souveraineté du Liban et à la résolution 1701 (2006).

Par ailleurs, il a été établi que du 1er février au 13 avril 2020, Israël avait commis en tout 140 violations de l’espace maritime du Liban, 142 violations de son espace terrestre et 162 violations de son espace aérien. Le Liban continue de communiquer chaque mois au Conseil de sécurité et au Secrétaire général la liste des violations commises par Israël, qui se sont produites alors que la pandémie de la maladie à coronavirus (COVID-19) se propageait et que le Secrétaire général avait lancé un appel à un cessez-le-feu global, afin que le monde puisse se consacrer à la vraie bataille contre la COVID-19. Il est à la fois triste et étrange, durant cette tragédie mondiale à laquelle l’humanité fait face, qu’Israël fasse la sourde oreille à cet appel et refuse de se plier aux règles du droit international.

Les derniers faits graves commis par Israël ont atteint un nouveau paroxysme lorsque ses avions de combat et ses drones ont traversé l’espace aérien libanais pour tirer des missiles contre un pays tiers. Ces violations se sont produites le 31 mars 2020 et le 15 avril 2020, à l’issue desquelles le Liban a adressé des lettres au Secrétaire général et au Président du Conseil de sécurité les 3 et 16 avril 2020 pour se plaindre de la conduite d’Israël.

Dans la lettre susmentionnée, le Représentant permanent d’Israël a déclaré que son pays ne cherchait pas l’escalade. Il faudrait dans les faits qu’il cesse effectivement de porter atteinte à la souveraineté du Liban par voie aérienne, terrestre et maritime et qu’il respecte la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité.

Dans la même lettre, le Représentant permanent d’Israël a indiqué que les autorités libanaises « entravaient la liberté de circulation de la FINUL ». Je tiens à citer le récent rapport du Secrétaire général sur l’application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité portant sur la période du 1er novembre 2019 au 18 février 2020 (S/2020/195), publié le 10 mars 2020, dans lequel il a été noté que la liberté de circulation de la FINUL « avait été généralement respectée ». De plus, les forces de la FINUL ont mené chaque mois plus de 13 000 activités distinctes et quelque 2 200 activités conjointes avec l’Armée libanaise. Le pourcentage de patrouilles de la FINUL, lesquelles n’avaient pas été coordonnées avec l’Armée libanaise et au cours desquelles des incidents se sont produits représente 0,03 % du nombre total de patrouilles. Le Liban est déterminé à veiller à la sécurité des forces de la FINUL et à garantir leur liberté de circulation, conformément aux résolutions 1701 (2006) et 2485 (2019).

Au vu de ce qui précède, nous demandons au Conseil de sécurité d’assumer sa responsabilité et de prendre les mesures qui s’imposent, dans le cadre de son mandat, afin d’amener Israël à mettre un terme à ses menaces et à ses atteintes répétées à la souveraineté du Liban et à s’acquitter de toutes ses obligations, conformément à la résolution 1701 (2006).

Je vous serais reconnaissante de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document de l’Assemblée générale, au titre du point 34 de l’ordre du jour, et du Conseil de sécurité.

Source : Onu S/2020/321