« Dans beaucoup de pays d’Afrique, la grande ressource inexploitée, c’est la population elle-même. L’Afrique a besoin de gens éduqués et en bonne santé pour progresser, et les États-Unis s’emploient à l’aider à répondre aux besoins des peuples » dans ces domaines, a affirmé le conseiller du président Bush en matière de sécurité nationale, M. Stephen Hadley.

« Le partenariat et non le paternalisme, voilà ce qui définit notre stratégie africaine », a déclaré M. Hadley aux représentants de plus de 36 États d’Afrique et de nombre d’organisations non gouvernementales (ONG) réunis le 7 juin pour la séance de clôture du forum sur la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA).

L’AGOA prévoit l’entrée en franchise de douane aux États-Unis de 6.400 produits divers, notamment des textiles, en provenance des pays africains qui ont entrepris des réformes axées sur l’économie de marché. Votée par le Congrès en 2000, cette loi a été révisée à deux reprises depuis lors.

« L’Afrique et l’Amérique sont en train de forger de puissants partenariats à l’appui de cinq objectifs stratégiques », a souligné M. Hadley, qui a précisé que ces objectifs consistaient à :

- favoriser la démocratie et la bonne gouvernance en Afrique, afin d’assurer un progrès durable et de « poser les fondements d’une croissance économique soutenue » ;

- renforcer les organisations et institutions régionales telles que l’Union africaine, ainsi que les organisations sous-régionales qui réunissent les États africains aux fins de l’exécution de projets efficaces ;

- promouvoir la paix et la stabilité ;

- stimuler le développement économique ;

- poursuivre l’envoi de l’aide humanitaire et au développement qui permettra aux États d’investir dans le domaine social.

« Ces cinq objectifs stratégiques se renforcent mutuellement et nous en tenons compte lorsque nous élaborons les stratégies destinées à relever les défis de l’Afrique », a déclaré M. Hadley, qui a cité en exemple le Liberia et le Darfour.

S’agissant du Liberia, après des années d’atrocités et de corruption dans ce pays, en 2003 la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine ont entrepris, avec l’aide des États-Unis, d’y rétablir la stabilité. Ces efforts ont finalement abouti à la tenue d’élections jugées libres et honnêtes qui ont débouché sur l’investiture, au début de 2006, « de la première femme de l’histoire de l’Afrique à se faire élire démocratiquement à la tête d’un État, la présidente Ellen Johnson Sirleaf », a déclaré M. Hadley.

Le président nigérian Olusegun Obasanjo, a-t-il dit, « À joué un rôle prépondérant en remettant Charles Taylor (l’ex-président libérien alors en exil au Nigeria) aux autorités démocratiquement élues du Liberia et, aujourd’hui, M. Taylor est derrière les barreaux en attendant d’être jugé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone ».

« Le gouvernement de la présidente Sirleaf s’attaque à présent aux dossiers qui permettront aux Libériens d’assurer leur développement. Il a entrepris de réparer les routes, de reconstruire l’appareil militaire et de généraliser l’enseignement de base. Mme Sirleaf ne ménage aucun effort en vue d’attirer des investisseurs étrangers en vue de promouvoir les échanges et les investissements dans son pays.

« Elle détient la formule de la réussite. Pour leur part, les États-Unis et beaucoup d’autres membres de la communauté internationale soutiennent ses efforts. Car nous pensons que le Liberia peut être un modèle de progrès et une inspiration pour d’autres pays, non seulement en Afrique mais partout dans le monde. »

Passant au Darfour, le conseiller de la Maison-Blanche a déclaré qu’il s’agissait « d’un problème tenace » vers la solution duquel « nous avons cependant fait des progrès, du fait que les mêmes principes guident notre stratégie collective dans cette région de l’Afrique. Au Darfour, nous œuvrons avec des partenaires et avec des organisations régionales africains, nous nous efforçons de favoriser la paix et la stabilité à long terme, nous répondons aux besoins humanitaires, nous stimulons le développement économique et le commerce, et nous posons les fondements de la démocratie et de la bonne gouvernance. »

Il a ajouté que les États-Unis appuyaient la création « d’une force africaine d’appoint sous les auspices de l’Union africaine. Une telle force renforcera la capacité de sécurité régionale et donnera à l’Union africaine les moyens de protéger les populations lorsque des États fragilisés ou faibles n’en seront pas capables (...) Nous apprécions aussi la coopération qu’ont apportée les États africains à la lutte contre le terrorisme et notamment en vue de priver les terroristes d’un asile sûr en Afrique. »

Les bons résultats de l’AGOA et l’importance des investissements privés « ont été les thèmes principaux de cette conférence », a déclaré M. Hadley. Le forum, a-t-il dit, a démontré que « bien que l’aide puisse améliorer les conditions du développement », le moteur qui sort les peuples de la pauvreté, c’est le commerce.