Le 15 juin, l’Organisation de coopération de Shanghai – une des plus jeunes structures internationales – célèbrera les cinq ans de sa fondation. Et la veille de la séance anniversaire du Conseil des chefs des états-membres de l’OCS à Shanghai, je voudrais faire part de certaines idées à propos du travail de l’Organisation, de ses perspectives et tâches pour l’avenir.

Apparue en 2001, l’OCS a rapidement pris du poids et s’est transformée en une influente organisation régionale. Aujourd’hui, le "facteur OCS" constitue un important élément de la stabilité sur le vaste espace eurasiatique. C’est une réalité de la politique moderne régionale et globale. C’est pourquoi la croissance de l’intérêt des autres états et des unions multipartites au travail courant et aux forums de l’OCS n’est pas un hasard.

Je rappelle, que la création de cette organisation régionale a été le résultat de durables efforts de renforcement de la confiance mutuelle. Et si l’on se rappelle, que parallèlement, nous avions à résoudre d’autres graves problèmes encore, nous pouvons vraiment être fiers de la persévérance, de la persistance et de la patience, dont ont fait preuve tous les membres. Après d’âpres négociations, les parties ont résolu les problèmes frontaliers. Il suffit de dire, que l’Asie n’a jamais connu de pareils précédents des issues – tant par la longueur des frontières que par la composition des participants.

Alors déjà, dans les années quatre-vingt du siècle dernier – encore du temps du travail des "Cinq de Shanghai" - il est devenu évident, combien il était important pour nos pays d’unir les efforts dans l’opposition aux nouveaux défis. Cela dit, nous partions de ce que nous seuls – sur la base d’un partenariat multilatéral – nous pouvions garantir la paix et le progrès économique dans notre vaste région.

D’autant plus que la situation réelle exigeait les efforts coordonnés d’urgence. Plusieurs états de l’Asie Centrale ont été agressés par le terrorisme international. Ses idéologues cherchaient à attiser dans la région de nouveaux foyers du séparatisme, de l’extrémisme national et religieux.

La création de la coalition antiterroriste est souvent associée à la réaction de la communauté internationale à la tragédie du 11 septembre 2001. Oui, c’était une certaine rupture dans les esprits des gens et dans la politique internationale. Mais si l’on reste objectifs – les états, qui ont créé l’OCS, avant ses événements dramatiques encore, n’ont pas fait que parler de l’importance de la solidarité dans l’opposition à la terreur, mais ont réellement mené ce travail. Ainsi, ce sont bien les pays-membres de l’OCS qui sont devenues les pionniers, avançant en juin 2001 l’initiative de la formation d’une structure antiterroriste régionale.

Aujourd’hui, nous avons déjà des leviers efficaces pour lutter en commun, contre, comme disent nos partenaires chinois, "trois maux" – le terrorisme, le séparatisme, l’extrémisme.

La mise au point de la coopération dans la neutralisation du trafic de drogue et, partant, une étroite coopération dans le cadre des "blocs de force", est devenu le pas logique suivant.

Les problèmes de la stabilité dans la région se trouvent constamment dans la zone de la plus étroite attention des pays-membres de l’Organisation. Et là, nous sommes ouverts à la plus large coopération. Selon l’OCS, il serait utile de viser la coordination des efforts et la mise au point des approches concertées dans le domaine de la garantie de la sécurité sur tout l’espace Asie-Pacifique. Avant tout, par l’établissement des relations étroites avec les organisations et structures régionales appropriées déjà existantes.

Le réseau pareil de partenaires permettra d’éviter le redoublement et le parallèlisme inutiles et d’agir dans les intérêts communs sans créer les clubs fermés "exclusifs" et les lignes de disjonction. L’OCS est intervenue avec l’initiative de cette coopération en 2004 à Tachkent, ce qui a trouvé un large écho positif.

A ce propos, je voudrais noter le domaine nouveau pour l’OCS – la coopération avec les pays-observateurs. A présent, au travail de l’OCS à travers le statut d’observateurs participent l’Inde, le Pakistan, l’Iran, la Mongolie. L’Organisation a créé le Groupe de contact avec l’Afghanistan. On continue d’accumuler l’expérience de la coopération. Cela va, sûrement, contribuer à l’augmentation du prestige de l’Organisation, la population des pays-membres de laquelle fait presque la moitié des habitants de la Terre. Je répète, l’OCS est ouverte au dialogue, prête à travailler ensemble en faveur de la paix, de la stabilité et du développement.

Il est évident, que le large diapason de l’activité de l’Organisation ne se limite pas au seul domaine politique. Notre ordre du jour économique est fourni. La coopération économique devient toujours plus importante et demandée pour l’OCS. La région possède des possibilités colossales pour une coopération efficace mutuellement avantageuse, capable d’augmenter le niveau de la vie de la population et de transformer l’Asie Centrale en une des régions les plus développées du monde.

Je suppose, que ce sont bien les mécanismes de l’intégration régionale qui permettront efficacement de mettre en pratique les avantages compétitifs naturels des membres de l’OCS. Cela concerne aussi le secteur de l’énergie, et la base des ressources, et les flux de transport, et le développement des secteurs traditionnels et innovants de l’industrie, la science et les technologies.

Il est évident, que c’est un immense champ d’activité pour l’initiative des milieux de l’entreprise et des banques. Ce n’est pas par hasard, que lors du prochain sommet, aura lieu la séance constitutive du Conseil d’affaires de l’OCS, qui formera le Centre de coordination du monde des affaires des pays-membres de l’Organisation. On lui voue de grandes espérances de création des projets concrets de coopération. Ces efforts seront étayés aussi par les participants de l’accord entre les banques, formé en octobre dernier à Moscou.

La dimension humanitaire devient toujours plus ferme dans le cadre de l’OCS. Certes, le travail sur cette piste enrichira l’Organisation, la remplira de l’énergie créatrice des liens scientifiques, culturels, humains et des jeunes. La base pour ces contacts est solide - les peuples de nos pays ont créé les civilisations uniques, fait un apport énorme au patrimoine culturel mondial. L’intérêt à l’étude de ces richesses ne fera que croître.

Nous avons accumulé une large expérience des contacts et échanges culturels, du dialogue des milieux académiques. On prépare les documents sur la coopération dans le domaine de l’enseignement. Il faut faire passer au format multilatéral l’expérience bilatérale des partenaires de l’OCS dans le domaine du tourisme et du sport.

Je suis persuadé, que les parlementaires des pays de l’OCS, dont la première rencontre a eu lieu fin mai à Moscou, joueront leur grand rôle dans la consolidation de la coopération. Ainsi que le Forum de l’OCS récemment créé, qui a réuni les représentants des milieux d’experts et des scientifiques. Il est appelé à devenir une sorte de mécanisme d’experts non gouvernemental de l’Organisation.

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Le modèle de la coopération, que nous avons élaboré, "l’esprit de Shanghai" lui-même, deviennent toujours plus demandés. A la base de notre organisations résident les principes clairs et nets. Parmi eux, la confiance réciproque, la discussion ouverte de n’importe quel problème, la solution des problèmes sans aucune pression par voie de consultations. Pratiquement, c’est déjà une sorte de repères intègres de l’OCS, qui, comme nous l’espérons, vont déterminer l’attrait de l’Organisation aux yeux de l’opinion mondiale. Aujourd’hui, où l’on réanime les dires à propos des soi-disant différences culturelles civilisationnelles infranchissables entre les états, l’Organisation fait preuve d’un bel exemple de partenariat égal dans l’espace eurasiatique. D’un partenariat, dont le but stratégique est le renforcement de la sécurité et de la stabilité régionales, l’aide au processus économique et aux processus d’intégration tout en maintenant l’originalité nationale et culturelle de chaque état.

Les objectifs, formulés il y a cinq ans à Shanghai, prennent réellement vie. On a créé une base solide pour que l’OCS atteigne non seulement une coopération de qualité nouvelle, mais augmente sensiblement son apport au règlement des problèmes globaux de l’actualité. Le gage en est la réelle aspiration de tous les membres de l’Organisation au travail conjoint et aux actions solidaires.

Source
Fédération de Russie (présidence)