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États-Unis : 10 ans après l’annulation des mesures de discrimination positive (« affirmative action ») en Californie, il y a de moins en moins de noirs dans les universités californiennes.

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Il y a dix ans le président de l’université de l’Etat de Californie (UCLA) avait, après des années de lobbying, obtenu l’annulation des mesures de discrimination positive en faveur des noirs. L’argument était que ces mesures n’étaient plus nécessaires et qu’elles empiétaient sur la liberté des étudiants non-noirs. Cette décision avait ouvert la porte à des mesures similaires dans les autres universités de l’Etat, vidant effectivement de son sens la politique de discrimination positive initiée dans les années 1970 pour inciter les noirs à se tourner vers les études supérieures, un secteur dont ils étaient traditionnellement exclus.

Aujourd’hui, 10 ans après, l’analyse des statistiques d’inscription montre que le nombre d’étudiants et de diplomés noirs a diminué de manière significative sur les campus californiens. A UCLA, moins de 2% des nouveaux étudiants sont noirs (soit moins de 100 étudiants sur 4 000 nouveaux inscrits) contre 10% au milieu des années 1990. A l’université de San Diego, ville comportant une importante communauté noire, moins de 1% des nouveaux inscrits en sont issus. Quand aux diplomés, seul 39% des nouveaux inscrits noirs terminent leurs études et obtiennent un diplôme. Chez les étudiants blancs ce chiffre montre à 57% et 44% chez les hispaniques. Cette tendance est constatée dans les autres grandes universités du pays, où les inscriptions d’étudiants noirs ont décliné de 30% ces dix dernières années.

L’analyste politique Earl Ofari Hutchinson, auteur des ouvrages The Crisis in Black and Black (Middle Passage Press) commente ces chiffres pour l’agence de presse New America Media, spécialisée dans les questions des minorités aux États-Unis. Pour lui il n’est pas impossible qu’une communauté entière au sein de la population états-unienne disparaisse tout simplement du radar universitaire.

« When confronted with the shocking revelation that black students have virtually disappeared from the incoming freshmen class at UCLA, former University of California regent Ward Connerly hotly denied that his relentless assault on affirmative action at the U.C. system had anything to do with it. Black students will make up barely 2 percent of the more than 4,000 freshmen at UCLA in the fall. That’s less than 100 students. Two decades ago, black students made up nearly 10 percent of the incoming freshmen there.

The numbers are even more embarrassing at U.C. San Diego. Black students will make up a microscopic 1 percent of the new freshmen class. Connerly and other affirmative action opponents blame the plunge on bad teachers, bad schools and low student achievement at inner city schools. Or they say that more black students simply choose to go to historically black colleges. That’s true in part. And sharp cutbacks in financial aid, laggard recruiting programs, and rigid reliance on test scores have chilled admission of black students at some schools.

Then there’s the added problem of keeping black students on the campus, even after they’re admitted. Federal figures report that only 39 percent of blacks get their degree. That’s compared to 57 percent for white students and 44 percent for hispanics. . .

But the undeniable fact is that in the decade since Connerly whiplashed California voters to vote a ban on affirmative action at U.C. campuses, the number of black students has free-fallen at most U.C. schools, as well as at other schools nationally. That plunge was instant. Only half the number of black students was admitted to U.C. Berkeley the year after the ban was enacted. There were similar drops at the other U.C. schools.

The pitiful plight of black students has been repeated at a number of the nation’s top public universities. They include the University of Michigan, Penn State University, the University of North Carolina, the University of Minnesota, Ohio State University and for a time U.C. Berkeley. Black freshmen enrollment has dropped 20 to 30 percent at these schools. »

 »Blacks disappearing from american colleges », par Earl Ofari Hutchinson, Black America Media, 16 juin 2006.

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