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Reprise et renaissance

1. Nous, les dirigeants du Groupe des Huit, sommes réunis à Muskoka les 25 et 26 juin 2010. Notre sommet annuel a lieu à l’heure où le monde connaît une reprise fragile au lendemain de la plus grande crise économique depuis des générations.

2. Ce qui unit le G8, c’est la conviction commune qu’il est nécessaire et possible de s’attaquer aux grands enjeux internationaux en misant sur une action ciblée, la détermination et la transparence, et ce, en partenariat avec les autres membres de la communauté mondiale préoccupés par ces questions. Le G8 a montré qu’il était en mesure de concevoir des approches crédibles pour surmonter les difficultés de notre époque. Depuis plus de 30 ans maintenant, il montre aussi que sa volonté collective peut être un puissant catalyseur de changements et de progrès durables. À Muskoka, en 2010, nous focalisons notre attention sur un programme de mesures efficaces pour faire face aux enjeux cruciaux liés au développement, à la paix et à la sécurité internationales, ainsi qu’à la protection de l’environnement.

3. La crise économique a mis en évidence et exacerbé les vulnérabilités intrinsèques des économies mondiales intégrées, des efforts de développement et de la sécurité collective. Des progrès sont faits cependant, grâce au travail du G20, vers une reprise durable de notre système économique et financier mondial. En ce qui concerne le développement, une décennie d’engagements stratégiques et d’efforts collectifs avec nos partenaires a certes permis des avancées notables par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), mais les pays tant développés qu’en développement doivent faire davantage, car la crise a compromis la progression vers certains des objectifs pour 2015. Nous devons renouveler nos engagements mutuels. Nous devons également faire en sorte que demeurent à l’avant‑plan des politiques gouvernementales la prolifération des armes de destruction massive, le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que les nombreux autres obstacles qui empêchent les États de bien corriger leurs vulnérabilités en matière de sécurité. Nous, du G8, sommes déterminés à donner l’exemple et à honorer nos obligations.

4. En outre, nous avons reconnu lors du Sommet de 2008 à Hokkaido Toyako l’importance de montrer que le G8 entend rendre compte de la mise en œuvre de ses engagements de façon transparente et cohérente. En 2009, au Sommet de L’Aquila, nous avons demandé à nos hauts fonctionnaires de préparer un rapport sur la réalisation de nos engagements concernant les objectifs liés au développement, en mettant l’accent sur les résultats. Nous accueillons favorablement le Compte rendu des activités ─ Actions et résultats du G8 : Évaluation des actions et des résultats à l’égard des engagements liés au développement et nous assurerons le suivi des recommandations qu’il contient. Ce document montre que d’importants progrès ont été réalisés dans de nombreux domaines, mais aussi qu’il faut aller encore plus loin. Nous soulignons l’importance de présenter régulièrement des rapports sur le degré d’avancement de nos engagements et, à cet égard, mettrons l’accent en 2011 sur le compte rendu touchant la santé et la sécurité alimentaire.

5. La reprise est bien enclenchée, et nous nous trouvons dans une conjoncture déterminante, où l’espoir et l’optimisme qui se profilent à l’horizon doivent être canalisés vers l’instauration, partout dans le monde, de sociétés plus sûres, plus équitables, plus inclusives et plus durables, des sociétés qui s’attacheront davantage à évaluer efficacement le bien‑être des populations et à l’améliorer.

Développement

6. Le soutien au développement fondé sur la responsabilité mutuelle et sur un solide partenariat avec les pays en développement, surtout en Afrique, demeure une des clés de voûte de l’approche du G8. Nous allons maintenir notre approche globale du développement, en recherchant des résultats durables. Nous réaffirmons nos engagements, y compris en ce qui concerne l’aide publique au développement et une plus grande efficacité de l’aide. Nous appelons les gouvernements des pays en développement à assumer leurs responsabilités premières en matière d’essor social et économique et de bonne gouvernance, dans l’intérêt de leurs citoyens. Par ailleurs, comme ce sont les États les plus vulnérables qui ont fait le moins de progrès dans la réalisation des OMD, nous allons nous appliquer tout particulièrement à les aider à jeter les fondements de la paix, de la sécurité et du développement durable.

7. La communauté mondiale en est aujourd’hui aux deux tiers du chemin à parcourir entre l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et la date butoir de 2015. Pour réaliser ces objectifs, il faut que l’effort en ce sens soit véritablement mondial, comporte une approche exhaustive à la grandeur des pays et s’accompagne d’actions de la part non seulement de tous les gouvernements, mais aussi du secteur privé, des fondations, des organisations non gouvernementales, de la société civile ainsi que des organisations internationales, actions privilégiant davantage la protection des personnes et des communautés, ainsi que leur capacité à améliorer la sécurité humaine. À cet égard, nous notons avec satisfaction le rapport du Secrétaire général de l’ONU intitulé « Tenir la promesse » ainsi que l’Évaluation internationale faite par le PNUD concernant la concrétisation des OMD. Le G8 soutient les priorités énoncées dans l’Évaluation et réitère que les stratégies, politiques et interventions internes ainsi que l’appropriation nationale doivent être les moteurs du progrès. À la Réunion plénière de haut niveau sur les objectifs du Millénaire pour le développement, qui se tiendra en septembre 2010, nous souhaitons que tous les partenaires du développement renforcent leur volonté collective d’accélérer les progrès vers la réalisation de ces objectifs et fassent en sorte que cet exercice débouche sur des résultats pragmatiques. En conséquence, il faudrait que toutes les ressources financières publiques et privées soient mobilisées avec efficacité, et que soient réunies les conditions propres à faciliter la contribution du secteur privé et du secteur financier en matière de développement, d’investissements et de ressources.

8. S’agissant de l’OMD 5, à savoir l’amélioration de la santé maternelle, les progrès ont été inacceptablement lents. Et même si de récentes données indiquent que la mortalité maternelle est en déclin, il reste que des centaines de milliers de femmes meurent encore chaque année, ou subissent des préjudices, pour des motifs liés à la grossesse et à la naissance. De telles situations pourraient en grande partie être évitées si les femmes concernées avaient plus facilement accès à des systèmes de santé renforcés, ainsi qu’à des soins et des services de santé sexuelle et génésique, y compris en matière de planification familiale volontaire. Les progrès sont aussi trop lents en ce qui concerne l’OMD 4, soit la réduction de la mortalité infantile. Près de neuf millions d’enfants meurent chaque année avant l’âge de cinq ans. Ces décès nous attristent profondément et mettent en exergue l’urgente nécessité d’une action collective. Nous réaffirmons notre indéfectible volonté de réduire sensiblement le nombre de décès chez les mères, les nouveau‑nés et les enfants de moins de cinq ans, car cela constitue pour nous une préoccupation immédiate d’ordre humanitaire et développemental. Il faut agir dans tous les domaines qui affectent la santé des femmes et des enfants. Cela implique, entre autres, de combattre les inégalités de genre, de veiller aux droits des femmes et des enfants, ainsi que d’améliorer l’éducation pour les femmes et les jeunes filles.

9. Les membres du G8 apportent déjà une contribution de plus de 4,1 milliards de dollars par année sous forme d’aide au développement à l’appui de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants de moins de cinq ans. Aujourd’hui, nous, les dirigeants du G8, avec la collaboration d’autres gouvernements, de plusieurs fondations et d’autres entités qui s’attachent à promouvoir la santé maternelle et infantile à l’échelon international [1], appuyons et lançons l’Initiative de Muskoka, à savoir une approche globale et intégrée visant à accélérer le progrès vers la réalisation des quatrième et cinquième OMD, qui réduira considérablement le nombre de décès de mères, de nouveau-nés et d’enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement. La portée de l’Initiative de Muskoka est énoncée à l’annexe I. Notre engagement collectif aidera au renforcement des systèmes de santé nationaux pris en charge par les pays eux-mêmes dans les pays en développement, de façon à permettre des interventions cruciales tout au long du continuum des soins, c.-à-d. avant et pendant la grossesse, à l’accouchement, auprès des nourrissons et pendant la prime enfance.

10. À cette fin, le G8 s’engage à mobiliser à compter d’aujourd’hui un financement additionnel de 5 milliards de dollars devant être déboursé au cours des cinq prochaines années [2]. Le soutien du G8 joue un rôle catalyseur. Nous prenons nos engagements avec pour objectif de susciter une action collective élargie par des donateurs bilatéraux et multilatéraux, des pays en développement et d’autres intéressés, afin d’accélérer les progrès vers la réalisation des quatrième et cinquième OMD. En conséquence, nous saluons les décisions d’autres gouvernements et fondations d’adhérer à l’Initiative de Muskoka. Les gouvernements de l’Espagne, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, des Pays-Bas et de la République de Corée, sous réserve de leurs processus budgétaires respectifs, la Fondation Bill et Melinda Gates ainsi que la Fondation des Nations Unies s’engagent dès à présent, ou se sont engagés récemment, à apporter une contribution financière additionnelle de 2,3 milliards de dollars, qui seront déboursés pendant la même période.

11. Nous avons la certitude quedans la période 2010-2015, sous réserve de nos processus budgétaires respectifs, l’Initiative de Muskoka mobilisera une somme bien supérieure à 10 milliards de dollars.

12. Par suite des engagements pris aujourd’hui à l’égard de l’Initiative de Muskoka, l’Organisation mondiale de la santé et la Banque mondiale prévoient que ce soutien aidera les pays en développement : i) à prévenir le décès de 1,3 million d’enfants de moins de cinq ans ; ii) à prévenir 64 000 morts maternelles ; iii) à permettre à 12 millions de couples de plus d’avoir accès à des méthodes modernes de planification familiale. Ces résultats seront atteints de façon cumulative de 2010 à 2015. Nous effectuerons un suivi des progrès vers la concrétisation des engagements par notre compte rendu des activités, qui, en 2011, se concentrera sur la santé et la sécurité alimentaire. Conformément au principe de responsabilisation mutuelle, nous nous attendons à ce que ces engagements conjoints amènent des pays en développement à intensifier leurs efforts en faveur de la santé maternelle et infantile, ce qui permettra de sauver la vie de millions d’autres femmes, nouveau-nés et jeunes enfants.

13. Il est possible de mettre en place une large coalition des intéressés. Nous, les partenaires de l’Initiative de Muskoka, sommes convaincus que le lancement aujourd’hui de ces efforts donnera une impulsion accrue à l’élaboration, sous la direction des Nations Unies, d’un Plan d’action conjoint visant à améliorer la santé des femmes et des enfants, et apportera une contribution essentielle en prévision de la Réunion plénière de haut niveau de septembre 2010 sur les OMD. Étant donné l’interdépendance entre les OMD, nous nous attendons à ce que nos engagements aient une incidence favorable sur les autres OMD.

14. Nous veillerons également à la formation du personnel médical et à la mise en place de réseaux plus efficaces pour l’innovation en matière de santé en Afrique et dans d’autres régions.

15. Nous réaffirmons notre volonté de nous approcher le plus près possible de l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de soins et de soutien concernant le VIH/sida. Nous allons soutenir les efforts déployés par chaque pays pour atteindre cet objectif, en faisant en sorte que soit couronnée de succès la troisième Conférence de reconstitution volontaire des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui se tiendra en octobre 2010. Nous encourageons les autres donateurs nationaux et du secteur privé à contribuer financièrement au Fonds mondial. Pour notre part, nous entendons promouvoir l’intégration des services et des droits relatifs au VIH, à la santé sexuelle et à la santé génésique dans le contexte plus large du renforcement des systèmes de santé. Les donateurs du G8 demeurent également déterminés à éradiquer la poliomyélite partout dans le monde. Nous continuons de soutenir le contrôle ou l’élimination des maladies tropicales négligées (MTN), qui constituent un lourd fardeau.

16. La sécurité alimentaire reste un obstacle majeur et immédiat au développement dans le monde, une situation de surcroît exacerbée par les changements climatiques, l’augmentation de la demande alimentaire mondiale, l’insuffisance des investissements passés dans le secteur agricole et l’extrême volatilité des prix, qui a des incidences dévastatrices sur les plus vulnérables. En 2009, à L’Aquila, de concert avec d’autres pays et organisations, nous avons adopté des principes fondamentaux pour améliorer la sécurité alimentaire, à savoir recourir à une approche globale, investir dans les plans pris en charge par les pays, renforcer la coordination stratégique, mettre à contribution les atouts des institutions multilatérales, et remplir nos engagements de façon soutenue et responsable. Nous avons lancé l’Initiative de L’Aquila pour la sécurité alimentaire (IASA) sur la base de ces principes et avons finalement mobilisé un fonds de 22 milliards $US aux fins du développement agricole durable sur un horizon de trois ans, tout en maintenant notre ferme engagement à assurer une aide alimentaire d’urgence appropriée. Cette initiative a contribué à dégager un vaste consensus, permis de faire avancer la réforme du Comité de la sécurité alimentaire mondiale et facilité la mise en œuvre du Partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Au 30 avril 2010, nous avions déboursé/attribué 6,5 milliards $US et sommes résolus à débourser/attribuer le montant total de nos engagements nationaux d’ici 2012. Nous prenons les mesures voulues pour assurer une approche coordonnée aux niveaux national, régional et mondial, tout en continuant de focaliser sur les initiatives prises par chaque pays. Nous nous réjouissons du lancement du Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Ce programme, piloté par la Banque mondiale, comporte 880 millions $ sous forme d’engagements, ainsi que d’autres initiatives et mécanismes complémentaires, par exemple le Fonds africain pour l’agriculture. Nous soulignons l’importance cruciale de la responsabilisation si on veut que ces engagements collectifs soient respectés, ainsi que la contribution essentielle de la recherche à la lutte contre la faim et la pauvreté, notamment parce qu’elle accroît la productivité agricole durable, et nous réitérons notre soutien à la réforme en cours des réseaux de recherche mondiaux. Le recul de la malnutrition est un résultat fondamental visé par notre Initiative de sécurité alimentaire, et il contribuera à améliorer la santé maternelle et infantile.

17. Conscients des liens clés qui existent entre les investissements transfrontières et le développement, et sachant que l’aide publique au développement ne peut, à elle seule, être garante de la sécurité alimentaire mondiale, nous insistons sur l’importance d’accroître les investissements internationaux dans les pays en développement, et cela de façon responsable et durable. Dans ce contexte, nous soutenons la poursuite des efforts menés par la Banque mondiale, les banques de développement régionales, la FAO, la CNUCED et le FIDA pour baliser les investissements dans le secteur agricole.

18. L’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles – y compris les minerais et le bois d’œuvre – demeurent une source de préoccupations pour le G8. Ces activités contribuent pour beaucoup à alimenter les conflits. Nous appuyons les efforts déployés par les mécanismes et organismes régionaux pour prévenir, contrecarrer et éradiquer ces activités illégales. Nous appuyons aussi les efforts déployés dans le cadre du Processus de Kimberley pour gérer le commerce des diamants bruts et faire en sorte que tous les participants respectent les normes qui en découlent. L’exploitation et le commerce illicite des ressources naturelles dans la partie orientale de la République démocratique du Congo sont une cause directe de l’instabilité et de la violence qui imposent des souffrances indues à la population de ce pays. Nous exhortons le gouvernement de la RDC à faire davantage pour mettre un terme au conflit et assurer au plus tôt le respect de la primauté de la loi. Nous saluons les récentes initiatives prises par le secteur privé et la communauté internationale pour travailler avec les autorités congolaises et les amener à faire preuve de diligence pour éviter que les chaînes d’approvisionnement ne contribuent au commerce de produits alimentant le conflit. Nous incitons également les pays candidats à l’Initiative pour la transparence dans les industries d’extraction (ITIE), y compris la RDC, à compléter le processus de mise en œuvre de l’ITIE, un mécanisme qui vise à améliorer la gouvernance et la responsabilisation dans le secteur extractif. La récente inclusion du coltan et de la cassitérite dans les rapports de la RDC au titre de l’ITIE est un pas dans la bonne direction. Enfin, nous notons avec satisfaction les recherches et les activités de sensibilisation menées en permanence par les ONG internationales et les sociétés civiles locales, car nous y voyons une importante contribution à la réduction des occasions de conflit associées aux ressources naturelles.

Afrique

19. Les dirigeants du G8 ont rencontré à Muskoka les chefs d’État ou de gouvernement de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de l’Égypte, de l’Éthiopie (en sa qualité de président du Comité d’orientation des chefs d’État et de gouvernement du NEPAD), du Malawi (en sa qualité de président de l’Union africaine), du Nigéria et du Sénégal. Ils ont salué la prise en charge de plus en plus marquée de l’Afrique concernant son processus de développement et ont noté, de concert avec les dirigeants africains, les hauts taux de croissance économique réalisés en Afrique immédiatement avant l’éclosion de la crise économique et financière mondiale. Ils ont également réaffirmé leur volonté commune de poursuivre la collaboration entre le G8 et ses partenaires africains, à l’appui des efforts menés par les Africains eux‑mêmes pour rendre leur continent plus stable, plus démocratique et plus prospère, pour favoriser le développement économique et social, ainsi que pour promouvoir la primauté du droit.

20. Les dirigeants du G8 et leurs homologues africains reconnaissent que la réalisation des OMD est une tâche commune, et que des stratégies de responsabilisation mutuelle sont désormais essentielles. Ils ont noté que si des progrès significatifs ont été faits dans certains domaines, il faudra néanmoins que tous les acteurs redoublent d’effort pour atteindre les OMD en Afrique. À ce propos, les dirigeants africains ont exprimé leur soutien à l’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau‑nés et des enfants de moins de cinq ans. Reconnaissant l’importance cruciale de la santé des mères et des enfants pour le développement ainsi que pour la capacité de l’Afrique à réaliser les OMD, et conscients également du besoin concomitant d’une action urgente, les dirigeants se sont engagés à examiner des moyens d’accélérer la mise en œuvre de leurs engagements respectifs en Afrique. Les partenaires africains ont accueilli avec satisfaction les efforts soutenus déployés par le G8 pour aider à renforcer l’Architecture de paix et de sécurité africaine, y compris sur le plan de la capacité institutionnelle, afin de prévenir et de gérer les conflits au moyen, notamment, de centres de formation au maintien de la paix en Afrique. Les dirigeants du G8 ont par ailleurs reconnu l’importante contribution de leurs homologues africains à l’Initiative de sécurité alimentaire adoptée à L’Aquila.

Durabilité de l’environnement et reprise écologique

21. Les changements climatiques demeurent en tête des enjeux environnementaux. Ainsi que nous en avons convenu à L’Aquila, nous nous rangeons à l’avis des scientifiques et croyons que la hausse de la température de la planète ne devrait pas dépasser 2 degrés Celsius, comparativement aux niveaux enregistrés à l’ère préindustrielle. Or, pour arriver au but, il faudra réduire de beaucoup les émissions à l’échelle mondiale. Ce problème planétaire ne pouvant connaître qu’une solution également planétaire, nous réaffirmons notre volonté de partager avec tous les pays du monde l’objectif de réduire d’au moins 50 p. 100 les émissions mondiales d’ici 2050 ; cela signifie qu’il faudra que ces émissions atteignent leur apogée dès que possible pour ensuite commencer à décroître, nous en sommes conscients. Nous entendons collaborer à cet égard. Dans cette optique, nous adhérons également à l’objectif voulant que les pays développés réduisent, d’ici 2050, leurs émissions globales de gaz à effet de serre d’au moins 80 p. 100 par rapport aux émissions de 1990 ou au-delà. Dans la lignée de cet objectif à long terme ambitieux, nous viserons à moyen terme des objectifs de réduction communs et individuels draconiens, tout en tenant compte des niveaux de référence variables et du fait que les efforts déployés doivent être comparables. De la même façon, les grandes économies émergentes doivent aussi prendre des mesures quantifiables pour ramener, d’ici une année donnée, leurs émissions bien en deçà des niveaux actuels.

22. Nous appuyons vigoureusement les négociations touchant la Convention‑cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui sont en cours. Nous réitérons par ailleurs notre soutien à l’Accord de Copenhague et reconnaissons son importante contribution aux négociations liées à la CCNUCC. Nous exhortons les pays qui ne l’ont pas encore fait à se joindre à l’Accord et à dresser la liste de leurs engagements et actions en matière d’atténuation. Estimant, comme les scientifiques, que la hausse de la température de la planète ne devrait pas dépasser 2 degrés Celsius, nous préconisons la mise en œuvre efficace, sans réserve, de l’ensemble des dispositions de l’Accord, y compris celles qui concernent les mécanismes de mesure, de rapport et de vérification et favorisent la transparence et la confiance. Dans ce contexte, nous mettons en place nos contributions respectives au titre du financement accéléré en vue de satisfaire aux besoins les plus pressants des pays en développement les plus vulnérables et d’aider les pays en développement à jeter les bases d’un développement à long terme, qui ne s’accompagne que de faibles émissions. Nous sommes déterminés à collaborer activement et de manière constructive avec le Mexique, qui présidera la seizième réunion de la Conférence des Parties de la CCNUCC, laquelle aura lieu du 29 novembre au 10 décembre 2010. Nous appuyons des initiatives connexes, entre autres le travail du Groupe consultatif de haut niveau du Secrétaire général des Nations Unies visant à trouver du financement public et privé pour le long terme, ainsi que le processus « Paris-Oslo » concernant le mécanisme REDD plus. Nous voulons, pour l’après-2012, un accord global contraignant, ambitieux, juste et efficace pour tous les pays qui énoncera les responsabilités respectives de toutes les principales économies dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

23. Bien que nous demeurions acquis à la lutte contre les changements climatiques, nous avons discuté de l’importance de faire en sorte que les économies puissent résister aux phénomènes climatiques. Nous nous sommes entendus sur le fait qu’il faut approfondir la recherche sur les incidences aux échelons planétaire, régional, national et infranational et sur les moyens d’adaptation possibles, notamment grâce à l’innovation infrastructurelle et technologique. Nous reconnaissons tout particulièrement la situation des pays les plus pauvres et les plus vulnérables. Nous mettrons en commun nos expériences et nos plans d’adaptation, entre autres à l’occasion d’une conférence sur l’adaptation aux changements climatiques qui se tiendra en Russie, en 2011.

24. S’agissant de réagir aux changements climatiques et d’accroître la sécurité énergétique, nous entendons ériger des économies émettant peu de carbone et résistant aux phénomènes climatiques, caractérisées par une croissance écologique et une plus grande efficacité environnementale. Nous sommes conscients des occasions ouvertes par le passage à des énergies renouvelables et à faibles émissions de carbone, en particulier du point de vue de la création d’emplois. Nous encourageons l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à travailler à un programme international sur les technologies à faibles émissions de carbone, afin d’accélérer le développement et l’implantation de ces technologies. L’abolition ou la réduction des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce de biens et services écologiques est essentielle si nous désirons favoriser la diffusion à l’échelle mondiale de technologies énergétiques moins polluantes et émettant moins de carbone, ainsi que d’autres services connexes. En outre, le captage et le stockage de carbone (CSC) peut jouer un rôle important dans le passage à une économie à faibles émissions de carbone. Nous nous réjouissons des progrès enregistrés depuis notre rencontre à Toyako, où nous nous étions engagés à lancer, au plus tard en 2010, 20 grands projets pilotes de CSC à l’échelle mondiale et à généraliser le CSC d’ici 2020, grâce à la collaboration avec les pays en développement. Parmi nous, plusieurs s’engagent à accélérer la réalisation des projets pilotes de CSC et se fixent un objectif pour les mettre pleinement en œuvre d’ici 2015. Nous reconnaissons également que l’énergie nucléaire peut jouer un rôle utile par rapport aux changements climatiques et aux préoccupations touchant la sécurité énergétique, étant entendu que l’utilisation pacifique de cette forme d’énergie suppose un engagement international à l’égard de la sécurité, de la sûreté et des garanties de non‑prolifération. Nous reconnaissons également les possibilités de la bioénergie pour un développement durable, l’atténuation des changements climatiques et la sécurité énergétique. Nous saluons le travail du Partenariat mondial sur les bioénergies et nous engageons à faciliter l’adoption rapide de critères et d’indices de durabilité, y compris le renforcement des capacités.

25. Nous constatons avec déception que la communauté internationale ne sera pas parvenue à réduire de manière significative le taux de déperdition de la diversité biologique dans le monde en 2010, déclarée Année internationale de la biodiversité par les Nations Unies. Nous comprenons fort bien que le rythme actuel de déperdition constitue une grave menace, car le bien‑être des populations, le développement durable et l’élimination de la pauvreté reposent sur des écosystèmes biologiquement diversifiés et résilients. Nous réitérons notre appui au Japon, qui s’apprête à accueillir la dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique, en octobre, et nous insistons tout particulièrement sur l’importance d’adopter un cadre ambitieux et réaliste pour l’action après 2010. Nous reconnaissons la nécessité de consolider les liens entre les politiques et la science dans ce domaine et, dans ce contexte, nous accueillons favorablement l’accord visant à établir une plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Commerce et investissement

26. Afin de soutenir la reprise après la crise économique mondiale, le G8 rappelle qu’il est depuis longtemps en faveur de marchés libres et ouverts. Les membres du G8 qui font partie de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) renouvellent leur attachement à la conclusion fructueuse du Programme de Doha pour le développement, misant sur les progrès accomplis à ce jour. Nous avons donné pour instruction à nos représentants de dialoguer dans un esprit de conciliation et dans le cadre de tous les mécanismes de négociation, avec pour objectif de susciter le niveau d’adhésion requis pour faciliter un accord, tout en étant conscients des changements qu’a connus l’économie mondiale depuis le lancement du Plan d’action. Nous continuerons de résister aux pressions protectionnistes, de promouvoir la libéralisation du commerce et de l’investissement au sein de l’OMC, par la réduction des barrières à l’échelon national et par des négociations bilatérales et régionales.

Paix et sécurité internationales

27. Nous, les dirigeants du G8, demeurons profondément préoccupés par de graves menaces pour la paix et la sécurité internationales. Nous sommes tous touchés par les menaces posées par la prolifération des armes de destruction massive, le terrorisme, la criminalité internationale organisée (y compris le trafic de drogue) et la piraterie, ainsi que par les conflits politiques et ethniques. La prospérité, le développement et la sécurité sont inextricablement liés, et le bien‑être économique ainsi que la sécurité de nos pays et de ceux du monde entier sont, en conséquence, interdépendants. Nous adhérons tous à la vision d’un monde pacifique, fondé sur les principes de liberté, de démocratie, de respect des droits de la personne et de primauté du droit, et demeurons prêts à poursuivre nos efforts sur la base de ces principes, en partenariat avec les uns et les autres et avec d’autres pays concernés pour faire face à des enjeux de sécurité qui nous touchent tous.

28. Nous ne pouvons baisser la garde devant la grave menace que constitue la prolifération des armes nucléaires pour la sécurité des générations actuelles et futures. Par conséquent, nous saluons les conclusions de la Conférence d’examen sur le Traité de non‑prolifération nucléaire, et nous donnerons suite aux mesures recommandées d’un commun accord. Nous appelons tous les États à en faire autant. Nous sommes déterminés à œuvrer en faveur d’un monde plus sûr pour tous et à créer des conditions propices à l’instauration d’un monde exempt d’armes nucléaires, conformément aux objectifs du Traité. Nous poursuivrons des efforts de désarmement concrets à cette fin. À cet égard, nous saluons tout particulièrement le nouveau Traité sur la réduction des armements stratégiques signé par la Fédération de Russie et les États-Unis. Nous demandons à tous les autres États, en particulier les États dotés d’armes nucléaires, de participer à ces efforts de désarmement, de façon à favoriser la stabilité internationale et une sécurité non diminuée pour tous.

29. Nous exhortons tous les États à mener et à appuyer une action résolue pour remédier au non‑respect des obligations de non‑prolifération énoncées dans le Traité, y compris les obligations en matière de garanties. Nous demandons en outre à tous les États qui ne l’ont pas encore fait de conclure un accord de garanties généralisées avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, de même qu’un protocole additionnel, qui deviendra la nouvelle norme reconnue universellement pour la vérification des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire. Nous appuyons également l’échange, en conformité avec les obligations prévues dans le Traité de non‑prolifération nucléaire, de matériel, de matières et de l’information scientifique et technologique à l’appui des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, en particulier au bénéfice de pays en développement. Nous réaffirmons notre engagement en ce sens, tel qu’exprimé au paragraphe 8 de la Déclaration de L’Aquila sur la non-prolifération. À l’approche du 25e anniversaire de l’accident de Tchernobyl, en 2011, nous prendrons les mesures nécessaires pour terminer les étapes finales des projets de sécurisation et de stabilisation de Tchernobyl, et nous exhortons toutes les entités à appliquer les normes les plus strictes en matière de sûreté, de sécurité et de garanties nucléaires pour la conception et la construction de nouvelles installations nucléaires civiles.

30. Nous sommes confrontés à un nouveau type de menaces, posées par des acteurs non étatiques, plus particulièrement des terroristes, qui cherchent à acquérir des armes de destruction massive ainsi que de la technologie et des matières connexes. Si nous ne parvenons pas à les en empêcher, cela pourrait avoir de graves conséquences. À ce titre, nous réaffirmons notre détermination à œuvrer ensemble pour notre sécurité commune, y compris à donner suite aux engagements pris lors du Sommet de Washington sur la sécurité nucléaire, notamment à collaborer de façon à sécuriser toutes les matières nucléaires vulnérables en l’espace de quatre ans.

31. À cet égard, nous nous réjouissons des réalisations concrètes et des résultats mesurables du Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes, lancé lors du Sommet de Kananaskis, en 2002, et nous demeurons déterminés à achever les projets prioritaires en Russie. Nous reconnaissons qu’ìl y a des menaces mondiales persistantes auxquelles nous sommes confrontés et nous reconnaissons tous l’importance de poursuivre nos efforts conjoints en tant que partenaires pour y faire face au cours des années à venir. À cette fin, nous avons demandé à nos experts de haut niveau d’évaluer les résultats du Partenariat mondial à ce jour, comme point de départ à l’élaboration d’options pour la programmation et le financement au-delà de 2012, en mettant l’accent sur la sécurité nucléaire et radiologique, la sécurité biologique, la sensibilisation et la mobilisation des scientifiques et l’aide à la mise en œuvre de la résolution 1540 du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que la participation éventuelle de nouveaux pays à cette initiative.

32. L’adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la résolution 1929 est l’expression des préoccupations que suscite, pour la communauté internationale, la question nucléaire iranienne, de sorte que nous demandons à tous les États de l’appliquer intégralement. Tout en reconnaissant le droit de l’Iran de mettre à exécution un programme nucléaire civil, nous soulignons que ce droit s’accompagne d’obligations internationales que tous les pays, y compris l’Iran, doivent respecter. Nous sommes profondément préoccupés par l’absence persistante de transparence de l’Iran en ce qui concerne ses activités nucléaires et par son intention déclarée de continuer et d’étendre ses activités d’enrichissement de l’uranium, y compris jusqu’à une teneur de près de 20 p. 100, en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Nous demandons à l’Iran de tenir compte des exigences imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies et l’Agence internationale de l’énergie atomique, et à appliquer les résolutions pertinentes de façon à rétablir la confiance internationale dans la nature pacifique du programme nucléaire iranien. Notre objectif est de persuader les dirigeants iraniens de participer à un dialogue transparent sur les activités nucléaires de l’Iran et de veiller au respect, par celui-ci, de ses obligations internationales. Nous appuyons fermement les efforts actuels déployés à cet égard par l’Allemagne, la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie et le Haut Représentant de l’Union européenne, et nous nous réjouissons de leur détermination à régler toutes les questions en suspens par la négociation. Nous saluons également tous les efforts diplomatiques déployés en ce sens, y compris ceux du Brésil et de la Turquie en ce qui concerne, en particulier, le réacteur de recherche de Téhéran.

33. Rappelant les préoccupations exprimées lors du Sommet de L’Aquila, en 2009, nous exhortons le gouvernement de l’Iran à respecter la primauté du droit et la liberté d’expression, tel qu’énoncé dans les traités internationaux auxquels l’Iran est partie.

34. Nous déplorons l’attaque du 26 mars qui a provoqué le naufrage du navire Cheonan de la marine de la République de Corée, et entraîné la mort tragique de 46 personnes. Un tel incident est un obstacle à la paix à la sécurité dans la région et au-delà de celle-ci. Nous exprimons toute notre sympathie et toutes nos condoléances aux victimes et à leurs familles ainsi qu’au peuple et au gouvernement de la République de Corée. De même, nous demandons que des mesures adéquates soient prises à l’encontre des responsables de cette attaque, en conformité avec la Charte des Nations Unies et toutes les autres dispositions applicables du droit international. Le Groupe mixte civilo-militaire chargé de l’enquête, placé sous la direction de la République de Corée et auquel des experts étrangers ont participé, a conclu que la République populaire démocratique de Corée était responsable du naufrage du Cheonan. Nous condamnons, dans ce contexte, l’attaque qui a provoqué ce naufrage. Nous demandons à la République populaire démocratique de Corée de s’abstenir de commettre quelque attaque que ce soit ou de brandir la menace de gestes hostiles contre la République de Corée. Nous appuyons cette dernière dans ses efforts pour que les responsables de cet incident aient à répondre de leurs actes, et nous demeurons déterminés à coopérer étroitement avec toutes les parties internationales dans la poursuite de la paix et de la stabilité régionales.

35. Nous demandons à la communauté internationale de veiller au respect intégral de toutes les résolutions existantes du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives à la République populaire démocratique de Corée. Dans le même temps, nous nous déclarons extrêmement préoccupés par le fait que le test nucléaire auquel a procédé la République populaire démocratique de Corée et les activités liées à son programme de missiles ont aggravé les tensions dans la région et au-delà, et estimons que la paix et la sécurité internationales continuent d’être manifestement menacées. Nous réaffirmons notre soutien aux efforts pour trouver une solution globale à cette menace et pour mettre en œuvre la Déclaration conjointe de 2005 issue des pourparlers à six. Rappelant l’importance de la mise en œuvre intégrale et transparente des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, nous demandons instamment que la République populaire démocratique de Corée agisse dans le strict respect de son accord de garanties nucléaires avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, et renonce à toutes les armes nucléaires ainsi qu’aux programmes nucléaires et de missiles balistiques existants, de même qu’à ses activités de prolifération, et cela de manière complète, vérifiable et irréversible, conformément aux résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité des Nations Unies. La République populaire démocratique de Corée n’a pas, et ne peut avoir, le statut d’État doté d’armes nucléaires, en conformité avec le Traité de non‑prolifération nucléaire. Nous exhortons également la République populaire démocratique de Corée à agir avec promptitude afin de répondre aux préoccupations de la communauté internationale dans le domaine humanitaire, y compris en ce qui concerne la question des enlèvements.

36. La Conférence de Kaboul, en juillet, donnera au gouvernement de l’Afghanistan une occasion importante de présenter ses plans détaillés et de montrer les progrès concrets réalisés vers la mise en œuvre des engagements pris au titre du Communiqué de la Conférence de Londres de 2010, y compris les mesures visant à lutter contre la corruption, à contrer la production et le trafic de drogue illicite, à améliorer le respect des droits de la personne, à améliorer la prestation de services de base et la gouvernance, à réaliser des avancées concrètes vers le renforcement du système de justice formel et à accroître la capacité des Forces de sécurité nationales afghanes à assumer de plus en plus la responsabilité de la sécurité d’ici cinq ans. À cette fin, nous apportons notre plein soutien à la stratégie de transition adoptée en avril par les contributeurs à la Force internationale d’assistance à la sécurité, ainsi qu’aux efforts actuels pour instaurer un processus de réconciliation nationale et de réintégration pris en charge par les Afghans. À cet égard, la Jirga pour la paix de juin a marqué un tournant important. Des mesures claires prises par l’Afghanistan, en vue d’élections parlementaires plus crédibles, inclusives et transparentes, en septembre, constitueront un pas important pour la maturation de la démocratie dans ce pays. Nous réaffirmons notre engagement à appuyer l’Afghanistan dans ce processus de transition et de développement.

37. Nous saluons et encourageons les efforts actuels du Pakistan pour éradiquer les extrémistes violents, tout particulièrement dans ses régions frontalières avec l’Afghanistan. Nous soulignons la nécessité d’une approche régionale élargie pour contrer l’extrémisme violent. Il est essentiel que le Pakistan bénéficie du soutien de la communauté internationale à l’heure où celui‑ci s’attèle à la réalisation de ses réformes politiques, économiques et sociales. Nous saluons et encourageons les mesures récentes prises par les gouvernements du Pakistan et de l’Inde pour faire progresser leurs relations bilatérales, et nous exhortons tous les pays de la région à collaborer activement dans l’intérêt de la paix et de la stabilité régionales.

38. Nous nous réjouissons du progrès réalisé, en association avec des donateurs multilatéraux, dans l’exécution de deux grands projets au titre de l’Initiative du G8 pour la prospérité de la région frontalière entre l’Afghanistan et le Pakistan : une voie rapide entre Peshawar et Jalalabad et une étude de faisabilité sur une liaison ferroviaire entre ces deux mêmes villes. Nous sommes convaincus que ces projets et d’autres – réalisés avec le concours des gouvernements de l’Afghanistan et du Pakistan – procureront des avantages concrets aux populations afghane et pakistanaise et contribueront à favoriser la stabilité régionale.

39. Nous nous félicitons de l’ouverture de pourparlers de proximité entre les Palestiniens et Israël, et nous les exhortons à créer des conditions propices à des pourparlers directs, avec pour objet la création d’un État de Palestine indépendant, contigu et viable, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, l’un avec l’autre et avec leurs voisins. Nous regrettons profondément les pertes de vies et les blessures subies lors de l’incident au large de la côte de Gaza, le 31 mai. Nous saluons la décision du gouvernement israélien de mettre sur pied une commission publique indépendante pour enquêter sur ces événements, avec participation internationale, dans l’attente que celle‑ci fera la lumière sur les faits entourant cet incident tragique, conformément à la Déclaration du Président du Conseil de sécurité des Nations Unies du 1er juin. Nous exhortons toutes les parties à œuvrer ensemble pour mettre en œuvre la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations Unies et à assurer la circulation de l’aide humanitaire ainsi que des marchandises commerciales et des personnes, à destination et en provenance de Gaza. Les arrangements actuels ne peuvent durer et doivent être changés. Nous saluons l’annonce par le cabinet israélien d’une nouvelle politique à l’égard de Gaza comme un développement positif. Nous demandons instamment l’application intégrale et effective de cette politique pour répondre aux besoins de la population de Gaza en ce qui concerne les fournitures humanitaires et les marchandises commerciales, la reconstruction civile et l’infrastructure, et l’activité économique légitime, ainsi qu’aux préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité, qu’il faut continuer à respecter. Nous continuerons à appuyer le renforcement d’institutions de l’Autorité palestinienne et le développement d’une économie palestinienne viable, et nous sommes disposés à apporter un soutien additionnel pour le développement économique, sécuritaire et politique de la Cisjordanie et de Gaza, dans le contexte d’un accord de paix, dès que celui‑ci sera conclu. Nous appelons également au progrès des relations israélo‑syriennes et israélo‑libanaises, nous réaffirmons notre ferme attachement à une solution de paix globale, juste et durable au Moyen-Orient. Nous appelons à la libération immédiate du soldat israélien qui a été enlevé, Gilad Shalit.

40. Nous exhortons le gouvernement du Myanmar à prendre les mesures nécessaires pour permettre la tenue d’élections libres et justes. Une participation démocratique pleine et entière est essentielle à cette fin. Nous exhortons également le gouvernement de ce pays à libérer sans délai tous les prisonniers politiques, y compris Aung San Suu Kyi, et à participer à un dialogue de fond avec l’opposition démocratique et les représentants de groupes ethniques sur les mesures à prendre pour progresser sur la voie de la réconciliation nationale. De même, nous sommes profondément préoccupés par les tensions ethniques récentes en République kirghize, qui ont fait de nombreux morts et blessés, et appelons toutes les parties à faire preuve de retenue. Nous exhortons les parties concernées à régler de toute urgence le conflit au Darfour et à poursuivre la mise en œuvre intégrale de l’Accord de paix global au Soudan, qui se trouve maintenant à une étape cruciale. Tous les acteurs soudanais et les pays concernés de la région, et au‑delà de celle‑ci, doivent tout mettre en œuvre pour préserver la paix et la stabilité, quelle que soit l’issue du référendum sur le statut futur du Sud-Soudan. Conscients des difficultés auxquelles sont confrontés des pays au lendemain de catastrophes naturelles pour assurer la sécurité des civils et leur fournir des services essentiels, nous réaffirmons notre détermination à aider Haïti et nous veillerons à renforcer les mécanismes de coordination internationaux existants afin d’accroître la rapidité, l’efficacité et la coordination de l’action internationale face à de telles catastrophes. De même, nous continuerons à apporter notre soutien au Dispositif mondial des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe. À cette fin, nous convoquerons une réunion d’experts avec pour mission d’examiner d’autres mesures que nous pourrions prendre.

41. Les conflits, la criminalité, la piraterie et le terrorisme continuent à menacer la stabilité, la sécurité et la prospérité mondiales. Nous, le G8, sommes déterminés à aider les États et les régions partenaires pour qu’ils continuent à renforcer les capacités de sécurité civiles dont ils ont besoin pour faire face à ces vulnérabilités. Les dirigeants du G8 et des partenaires africains, auxquels se sont joints les présidents de la Colombie et d’Haïti ainsi que le premier ministre de la Jamaïque, se sont penchés sur les vulnérabilités en matière de sécurité telles que le terrorisme, la prolifération, le trafic de drogue, les flux de capitaux illicites et la criminalité transnationale organisée. Nous avons par conséquent convenu de charger nos ministres de consulter conjointement les partenaires intéressés en Afrique et dans les Amériques, ainsi que d’autres partenaires, et de se pencher sur les mesures additionnelles qui peuvent être prises pour faire face à ces vulnérabilités en matière de sécurité. À cette fin, nous nous engageons à renforcer : l’accès international à des experts civils, à l’appui de la primauté du droit et des institutions de sécurité ; les capacités d’États côtiers d’une importance cruciale et d’organisations régionales vouées à la sécurité maritime ; et les opérations de paix internationales. L’annexe II décrit la portée de nos efforts actuels.

42. Nous demeurons préoccupés par la menace persistante que font peser les groupes terroristes, ainsi que par leur présence grandissante au Yémen, en Somalie et à travers le Sahel. Qui plus est, nous sommes préoccupés par la menace que constituent les liens grandissants entre des terroristes, d’autres criminels et des insurgés, et les liens croissants entre les organisations qui se livrent au trafic de drogue en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique de l’Ouest, et entre celles à travers l’Asie. Une action élargie et concertée du G8 et de l’ensemble de la communauté internationale a diminué la capacité des terroristes à préparer et à exécuter des attentats et celle de groupes criminels organisés transnationaux à poursuivre leurs activités. Toutefois, nous sommes conscients de la nécessité de déployer plus d’efforts pour contrer la criminalité et le terrorisme (y compris l’extrémisme violent et la radicalisation menant à la violence, ainsi que le recrutement), y compris par le renforcement d’institutions de sécurité et d’institutions de gouvernance, par une attention soutenue à la lutte contre la corruption porteuse de telles menaces transnationales, et par une action face aux facteurs politiques, sociaux et économiques sous‑jacents dans des pays vulnérables. Nous soulignons que de telles mesures doivent se fonder sur les principes de démocratie, de primauté du droit et de respect des droits de la personne, qui sous‑tendent notre sécurité. Nous sommes également préoccupés par la menace accrue que constitue la cybercriminalité. Nous approfondirons notre collaboration afin d’affaiblir les réseaux terroristes et criminels, et nous avons adopté un plan d’action robuste à cette fin. Nous avons énoncé nos orientations dans une déclaration séparée sur la lutte contre le terrorisme.

43. Les dirigeants ont accueilli favorablement l’offre du Président de la France d’être l’hôte du prochain Sommet en 2011.

Annexe I

Initiative de Muskoka : Santé des mères, des nouveau-nés et des enfants de moins de cinq ans

 [3]

1. Principes

Cette initiative repose sur une série de principes fondamentaux destinés à favoriser la pérennité des résultats :

- assurer la durabilité des résultats ;
- miser sur des interventions éprouvées et rentables, qui sont fondées sur des faits ;
- concentrer l’action sur les pays qui ont les plus grands besoins, tout en continuant de soutenir ceux qui progressent ;
- soutenir les politiques et plans nationaux des pays en matière de santé, qui bénéficient du soutien local ;
- rehausser la cohérence des activités de développement par une coordination et une harmonisation améliorées ;
- accroître la responsabilisation ;
- consolider le suivi, les rapports et l’évaluation.

2. Portée

Cette initiative se rattache aux quatrième et cinquième Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ainsi qu’à certains volets de l’OMD 1 (nutrition) et de l’OMD 6 (VIH/sida, paludisme). L’initiative a pour objet de renforcer considérablement les systèmes de santé dans les pays en développement qui affichent un taux élevé de mortalité chez les mères et les enfants de moins de cinq ans et dont les besoins en planification familiale ne sont pas tous satisfaits. L’amélioration de la santé des mères et des enfants de ce groupe d’âge passe par des interventions globales et intégrées à fort impact, à l’échelle communautaire, qui ciblent la gamme complète des soins – avant et pendant la grossesse, accouchement, petite enfance.

3.

Cette initiative touche notamment les volets suivants : soins prénatals ; accouchements assistés ; soins postnatals ; soins et services liés à la santé sexuelle et reproductive, y compris la planification familiale volontaire ; éducation sanitaire ; traitement et prévention des maladies, entre autres les maladies infectieuses ; prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant ; immunisation ; nutrition de base ; actions pertinentes dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement.

4. Information

Les mesures destinées à renforcer les systèmes de santé doivent également prévoir de meilleurs systèmes d’information sanitaire, y compris la consignation de statistiques de l’état civil, des sondages réguliers auprès des ménages et des travaux de recherche appliquée pour suivre et évaluer la mise en œuvre. En outre, on pourra définir des solutions pour arriver plus rapidement et efficacement à des résultats grâce à l’intensification de la recherche et à l’amélioration de la mise en application et de l’évaluation de cette recherche.

5. Innovation

Si l’on en fait mieux la synthèse et qu’on les diffuse plus largement, les innovations peuvent aider à régler plus rapidement les problèmes d’engorgement dans la prestation des services et accélérer l’atteinte des résultats. Parmi les innovations qui existent déjà, mentionnons les utilisations imaginatives des téléphones cellulaires, certaines méthodes d’enregistrement des citoyens permettant d’améliorer les statistiques de l’état civil ainsi que la délégation de tâches pour mieux mettre à profit le rare personnel de la santé.

6. Efficacité

Il est impératif de maximiser l’incidence de tous les investissements dans le développement en améliorant la cohérence, la coordination et l’harmonisation des activités de développement, mais aussi en rehaussant l’efficacité des approches et des mécanismes employés. Nous sommes également favorables aux mesures prises par la Banque mondiale, par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et par l’Alliance GAVI pour établir, en étroite coordination avec l’OMS, un programme d’action commun pour le renforcement des systèmes de santé.

7. Mécanismes

Nous ne créerons pas de nouveaux mécanismes de financement. Chaque donateur est libre de recourir aux mécanismes les plus efficaces selon lui, qu’il s’agisse de faire appel aux organismes multilatéraux, aux partenaires de la société civile ou encore à l’aide bilatérale directe en faveur des pays en développement partenaires.

8. Cibles à l’échelle mondiale

a) Entre 2010 et 2015, le G8 travaillera avec de multiples partenaires de la communauté internationale dans la perspective d’atteindre les cibles établies en 2001 dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement 4 et 5 :
i) réduire de deux tiers entre 1990 et 2015 le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans ;
ii) réduire de trois quarts, aussi entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle ;
iii) obtenir, d’ici 2015, un accès universel aux services de santé reproductive.

b) Pour atteindre ces objectifs globaux, il faudra déployer un effort considérable et soutenu notamment de la part des pays développés, émergents et en développement, des fondations, des organismes internationaux, des organisations non gouvernementales, du secteur privé et d’autres instances.

9. Indicateurs

Nous (exhortons l’OMS à convoquer/nous réjouissons du fait que l’OMS ait convoqué) les partenaires concernés en vue d’établir une série d’indicateurs fondamentaux pour mesurer les progrès accomplis dans les pays en développement. Il faudrait plus précisément harmoniser les indicateurs pour simplifier les exigences en matière de rapport auxquelles sont tenus les pays en développement. Nous nous servirons, en tant que donateurs, de ces indicateurs adoptés d’un commun accord. Nous apporterons également un soutien aux chapitres des capacités nationales en matière de rapports et des systèmes d’information sur la santé.

10. Méthodologie et reddition de comptes

Reconnaissant l’importance de la transparence et de la reddition de comptes, nous suivrons les progrès accomplis vers la réalisation de nos engagements dans le cadre de notre mécanisme de responsabilisation, qui sera axé en 2011 sur la santé et la sécurité alimentaires. Nous avons également rendue publique la méthodologie qui sert à définir nos bases de référence et nos engagements.

Annexe II

Renforcement des systèmes civils de sécurité

Tablant sur les mesures que ses membres et ses partenaires ont prises antérieurement, le G8 s’engage à mener trois initiatives interreliées afin de renforcer les systèmes civils de sécurité, tout en tenant compte des priorités et des programmes de chaque membre. Ces initiatives auront pour but d’atténuer l’instabilité découlant des conflits, de protéger les civils en cas de conflit armé, de contrer le terrorisme, de lutter contre les actes de piraterie et la criminalité transnationale et d’aider à instaurer des conditions favorables à la croissance, à l’investissement et au développement démocratique.

I. Renforts civils à l’appui de la stabilisation, de la consolidation de la paix et de la primauté du droit

Après un conflit ou une crise, il convient de mettre à contribution rapidement, et de manière soutenue, des experts civils. Ces experts peuvent aider à développer des capacités essentielles dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et de la primauté du droit, par le transfert de connaissances et de technologies, le mentorat et la formation, et ce, avec la collaboration des institutions locales. Au besoin, ils peuvent travailler avec les forces militaires pour appuyer la reconstruction et assurer la stabilité et la sécurité à long terme. Or, malgré les besoins à cet égard, il y a pénurie chronique d’experts civils compétents prêts à intervenir au moment voulu. En outre, il y a peu de mécanismes nationaux, régionaux et internationaux coordonnés pour garantir la gestion efficace des déploiements vastes et complexes qui sont requis. Ces contraintes limitent les outils pouvant être mis à profit pour aider les États ou les régions à régler les conflits ou à réprimer la criminalité, le terrorisme et le commerce illicite – points de vulnérabilité qui ont une incidence sur nous tous.

Les membres du G8 travailleront avec d’autres partenaires internationaux afin de renforcer la capacité à recruter, à répertorier, à déployer, à conserver et à réintégrer des experts civils issus de pays en développement et de donateurs émergents. Les membres du G8 veilleront également à recenser, sur leur territoire respectif, d’autres experts de diverses disciplines pouvant être mis à contribution à l’étranger, les prépareront et en appuieront le déploiement. Cet engagement se traduira par l’élargissement du bassin de civils pouvant être déployés pour renforcer les institutions des États et promouvoir la primauté du droit.

Cet engagement fera écho aux besoins exprimés par nos principaux partenaires, dont les Nations Unies. Le Rapport du Secrétaire général sur la consolidation de la paix au lendemain d’un conflit, rendu public en 2009, préconise l’amélioration des capacités mondiales de déploiement de civils. Le G8 répond à ce vœu.

II. Capacité en sécurité maritime

Les régions côtières qui ne sont pas gérées avec efficacité peuvent devenir un refuge pour les criminels, les trafiquants, les pirates et les terroristes. Près de 90 000 navires sillonnent les mers de nos jours ; en conséquence, les actes de piraterie se multiplient et le trafic de drogues et d’autres produits de contrebande se chiffre en milliards de dollars, ce qui menace la stabilité et la sécurité de notre monde. Nous réaffirmons notre détermination à combattre la piraterie au large des côtes de la Somalie, et constatons avec préoccupation qu’elle se propage aux eaux avoisinantes.

En contribuant aux efforts internationaux en cours, le G8 continuera d’aider des États côtiers et des organisations internationales clés sur le plan de la sécurité maritime. Notre action englobera le renforcement des capacités dans divers domaines, par exemple : gouvernance maritime, aviation de patrouille, garde côtière, application des lois sur les pêches, échange et mise en commun du renseignement maritime et aide relative aux lois, aux systèmes judiciaires et pénitentiaires et aux poursuites en justice. Il s’agit d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la rapidité d’intervention des États et des organisations régionales par rapport à la sensibilisation et à la protection de la souveraineté dans le secteur maritime. Les efforts faits à ce chapitre contribueront à la sécurité des zones côtières et permettront de traduire en justice les pirates, comme le veut la Résolution 1918 (2010) adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies. De plus, ils aideront à faire obstacle à l’établissement de liens de plus en plus étroits entre les réseaux criminels et terroristes, qui minent la stabilité et la gouvernance de nombreux États de l’Amérique latine, des Caraïbes et de l’Afrique.

Nos engagements, qui misent sur une coopération internationale accrue, compléteront et appuieront les actions de nos partenaires internationaux.

III. Missions de paix internationales de la police

Depuis le Sommet tenu à Sea Island, en 2004, les membres du G8 et d’autres partenaires internationaux ont contribué à l’amélioration des compétences et de la disponibilité des effectifs militaires et policiers pouvant appuyer les missions de paix internationales. Toutefois, en raison de la croissance de la demande, d’importantes lacunes demeurent. Les Nations Unies ont de plus en plus recours à des unités de police constituées (UPC) pour offrir un soutien robuste et souple en faveur du maintien de l’ordre et de la sécurité. Les UPC sont des équipes autonomes unifiées, qui sont déployées comme groupe et sont capables d’intervenir dans des milieux où le risque est élevé. Mais il n’y a pas suffisamment de ces unités pour satisfaire à la demande, et certaines d’entre elles n’ont pas toutes les capacités nécessaires.

Les membres du G8 s’engagent à offrir un encadrement, de la formation et, s’il y a lieu, de l’équipement aux corps policiers, y compris les nouvelles UPC, appelés à appuyer les missions de paix des Nations Unies et de l’Union africaine. À cet égard, ils collaboreront également avec d’autres donateurs et pays qui offrent un soutien policier, y compris les pays en développement et les donateurs émergents. Nous veillerons à ce que les nouvelles UPC disposent de l’équipement et du matériel voulus et à ce que leur personnel soit dûment formé et préparé aux déploiements, dans le respect des normes des Nations Unies. Nous nous emploierons par conséquent à renforcer les capacités des centres régionaux de formation en Afrique, en Asie et dans les Amériques ; nous maintiendrons en outre le soutien à l’élaboration et à la diffusion, par les Nations Unies, de la doctrine, des moyens tactiques et des procédures applicables aux UPC, ainsi qu’à l’attribution des tâches. Cet engagement sera mis en œuvre en coordination étroite avec les Nations Unies et l’Union africaine, afin que leurs besoins prioritaires relativement aux missions en cours ou nouvelles soient pris en compte dès le départ.

[1] Outre le G8, d’autres intéressés souscrivent à l’Initiative : les gouvernements de l’Australie, de l’Espagne, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, des Pays-Bas, de la République de Corée, de la Suède et de la Suisse, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Hewlett, la Fondation McCall-McBain, la Fondation Packard, la Fondation Rockfeller, la Fondation des Nations Unies, y compris le groupe des huit organisations internationales dans le secteur de la santé (l’Organisation mondiale de la santé, le Fonds mondial, l’UNICEF, la GAVI, la Banque mondiale, la FNUAP, l’ONUSIDA, la Fondation Bill et Melinda Gates), les chefs des écoles de santé publique de 22 universités aux États-Unis et l’Initiative pour les micronutriments au Canada.

[2] Bien que cette somme se compose d’engagements quinquennaux de la part de la majorité des membres du G8, il comprend un engagement initial de deux ans des États-Unis pour 2010 et 2011 ; l’Initiative présidentielle de six ans pour la santé mondiale met un accent plus prononcé sur les programmes américains visant la santé maternelle, y compris la planification familiale, et la santé infantile. Le Royaume-Uni n’a pas encore fixé ses plans au-delà de 2011, mais prévoit accroître ses efforts de 2012 à 2015 de manière à doubler le nombre de vies sauvées parmi les mères, les nouveau-nés et les enfants. L’UE se donnera pour objectif de hausser entre 2011 et 2013 le soutien déjà considérable qu’il apporte à la santé maternelle et infantile, et la santé maternelle, néonatale et infantile sera également abordée dans le cadre financier à compter de 2013.

[3] L’Initiative de Muskoka a été mise au point après consultation des organismes spécialisés, dont les Nations Unies, l’Organisation mondiale de la santé, le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau‑né et de l’enfant, l’Organisation de coopération et de développement économiques, les académies des sciences des pays du G8 et le Compte à rebours vers 2015. Nous avons aussi consulté l’Union africaine et le réseau des représentants personnels du G8 pour l’Afrique.