• Face aux élections municipales du lundi 12 décembre, le mot d’ordre de Washington à la presse était de soutenir l’appel du Conseil national syrien à la grève générale et au boycott du scrutin. Cette ligne a été parfaitement respectée par la presse occidentale et du Golfe.
Pour justifier sa position, la presse a choisi de considérer ces élections comme sans importance.
Dès lors, cette rhétorique devient incohérente : on ne comprend pas pourquoi les « révolutionnaires pro-démocratie » sont opposés aux élections municipales et à la démocratie locale. On devine par contre que la seule chose qui a une importance, c’est de renverser le sommet de l’État, y compris s’il le faut en bafouant les principes démocratiques les plus élémentaires.

• La Chine est préoccupée par l’image que lui attribuent les médias occidentaux de soutient à une répression sanglante contre une révolution populaire.
Quoi qu’il en soit, les experts chinois campent sur leur position de « non intervention ». Ils reconnaissent que l’opposition syrienne peut légitimement recourir aux armes, mais ne croient pas qu’elle dispose d’un soutien populaire suffisant pour triompher. Ils s’inquiètent d’une possible intervention militaire internationale qui se ferait en dehors de tout mandat de l’ONU. Il s’agirait pour eux d’une guerre d’hégémonie à la quelle la Russie n’a pas les moyens de s’opposer. Elle se solderait par une catastrophe pour la Chine : non pas que le nouveau gouvernement cesserait de commercer avec elle, mais parce que l’on assisterait à un basculement de tout le Proche-Orient dans la main des islamistes.
(voir p. 29 et 32).

• Après un moment de doute, la presse française fait bloc derrière son ministre des Affaires étrangères pour accuser la Syrie d’avoir commandité l’attentat contre les soldats français de la FINUL. Elle reconnaît toutefois que cette accusation reste à prouver.

• Le gouvernement Erdogan prépare de nouvelles « sanctions » contre la Syrie, mais la presse turque souligne que la crise entre les deux pays a déjà ruiné les provinces turques frontalières. L’économie turque, qui a beaucoup perdu dans la guerre de Libye, serait plus affectée encore si la crise syrienne devait se poursuivre.

• Frank Gaffney Jr., président du CSP, le principal lobby du complexe militaro-industriel, accuse l’administration Obama en général et Hillary Clinton en particulier de vouloir dissoudre la Commission pour la liberté religieuse dans le monde (USCIRF) pour plaire aux Frères musulmans qui pourraient ainsi perpétrer leurs exactions sans être inquiétés (voir p.16).

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