• Interrogé par le Frankfürter Allgemeine Zeitung, Edward C. Luck, conseiller spécial de Ban Ki-moon pour la responsabilité de protéger, assure que les rebelles syriens aspirent à la démocratie, même si les événements suivent désormais une dérive confessionnelle qu’il impute au gouvernement el-Assad. Cependant, s’éloignant légèrement de la doxa atlantiste, il ne se contente pas d’accuser le gouvernement syrien de ne pas protéger sa population, il souligne que cette obligation incombe aussi à l’Armée « syrienne » libre.

• Le Tagesspiegel met en cause l’indépendance de Karin Leukefeld, l’envoyée spéciale en Syrie du quotidien marxiste Junge Welt. La journaliste, qui est une bonne connaisseuse du Proche-Orient est aussi une ancienne assistante du Parti des Verts. Elle publie des articles à contre-courant du reste de la presse occidentale et soutient l’administration el-Assad. Notez que le Tagesspiegel, n’ayant pas trouvé à critiquer le professionnalisme de Mme Leukefeld, concentre ses attaques sur sa personnalité.

• Tomas Alcoverro souligne dans La Vanguardia que le parti Baas s’est progressivement coupé de sa base populaire au fur et à mesure de la libéralisation de l’économie. En ce sens le référendum constitutionnel qui devrait retirer au Baas son leadership politique n’est jamais que la conséquence institutionnelle d’une réalité de terrain. Cependant, contrairement à ce qu’écrit Alcoverro qui cède là à l’air du temps, l’ouverture économique n’a pas été un accaparement clanique des richesses, mais s’est faite lentement sous le contrôle de la famille Assad. En effet, l’économie syrienne n’est pas libérale, mais mixte.

• Michael Jansen de l’Irish Times observe qu’armer les rebelles accroît la spirale de la violence et oriente le pays vers la guerre civile. Sans se prononcer sur le fond, il rapporte divers points de vue qui ne laissent aucun doute sur la vanité de cette entreprise : la rébellion n’a aucune chance de triompher par elle-même, et plus elle sera artificiellement prolongée, plus elle laissera des traumatismes dans la société.

• Le Scotsman publie un article de son correspondant à Damas témoignant de l’existence d’une milice du régime qui terrorise les citoyens : les Shabiha. On voudrait en savoir plus, mais le « correspondant » du journal est anonyme.
Avant la propagande atlantiste, le mot Shabiha désignait les membres d’un gang de contrebandiers du port de Lattaquié.

Associated Press rapporte l’assassinat de plusieurs figures politiques par la rébellion. Le fait doit être noté car l’agence new-yorkaise n’a commencé à faire mention de ces crimes que depuis un mois environ. Cette évolution dans le traitement de l’information intervient au moment où les Etats-Unis cherchent à justifier à leur opinion publique la limitation de leur soutien à l’opposition armée.

• Mona Alami de USA Today assure que les extrémistes qui se déploient en Syrie ne sont pas des membres d’Al-Qaeda, mais des provocateurs au service du régime. L’Armée « syrienne » libre n’aurait donc aucun lien avec Ayman al-Zawahiri bien qu’il ait appelé au Jihad contre Bachar el-Assad. L’article n’explique pas comment le pouvoir aurait fait pour recruter des agents provocateurs dans les milieux extrémistes sunnites alors que ceux-ci considèrent les el-Assad comme des hérétiques et des usurpateurs.

• L’Agence France Presse fait surgir un nouveau thème : l’armée loyaliste assiégerait la ville antique de Palmyre où des rebelles seraient enfermés. Les combats seraient susceptibles d’endommager gravement le site archéologique classé par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.

Les dessins du jour

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Mahammad Ali Rajabi stigmatise le ridicule de la Ligue arabe dont les réactions sont inadéquates pour résoudre la crise syrienne. Il met en scène un pétro-prince qui tente d’éteindre un incendie en l’écrasant avec un extincteur.

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Wang Xiaoying illustre le double langage des États-Unis, toujours prompts à manier la carotte et le bâton. Le panda chinois, un brin craintif, tente d’amadouer un Oncle Sam qui tente de l’intimider.

Documents joints


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Pour compléter cette revue de presse, consultez le bulletin quotidien du Syrian Center of Documentation, Syrian Crisis Updated. Vous y trouverez un relevé précis et recoupé des événements militaires. Cette publication est disponible en anglais et en arabe.