JPEG - 32.8 ko
Tout en assurant effectuer un simple exercice prévu de longue date, Moscou a répliqué aux annonces de Paris et Londres d’envoyer des armes en Syrie, en dépêchant une flotte de guerre sur place. Toute intervention franco-britannique, directe ou indirecte, donnerait lieu à escalade et à confrontation avec la Russie.

Le plan US du dernier quart d’heure

Par Ghaleb Kandil

La douloureuse vérité à laquelle le secrétaire d’État John Kerry s’est finalement résolu est que toute solution en Syrie constitue une défaite pour les États-Unis, pour l’Occident colonisateur et pour les monarques des pétrodollars et la Turquie. Aussi, Washington et ses auxiliaires tentent de contourner cette solution en annonçant leur intention d’armer les gangs terroristes et en menaçant d’élargir le champ de bataille avant de s’asseoir à la table des négociations lors d’un sommet russo-américain dont la date ne saurait tarder, selon des diplomates [En juin probablement Ndlr].
À la demande de Kerry, les ministres des Affaires étrangères des colonies française et britannique, Laurent Fabius et William Hague, ont appelé à armer les rebelles syriens. Puis le Premier ministre de sa Majesté, David Cameron, a démenti ces intentions, alors que le président François Hollande balbutiait presque lors de la réunion de l’Union européenne. Sachant que les armes et les équipements de communication fournis par l’Occident sont déjà depuis des mois aux mains des terroristes, qui ne parviennent pas à réaliser des progrès significatifs sur le terrain, malgré le soutien d’instructeurs occidentaux et arabes actifs au Liban, en Jordanie et en Irak aussi.
Devant la dissuasion politique de la Russie, des informations ont été véhiculées selon lesquelles les promesses de fournir de nouvelles armes visent en premier lieu à remonter le moral des gangs armés avec l’approche des négociations russo-américaines, qui constituent l’aveu de la défaite en Syrie face à ce pays, responsable de l’échec de tous les projets US dans la région ces trente dernières années, comme l’a reconnu l’ancien directeur de la CIA, David Petraeus. Le dernier quart d’heure sert aux États-uniens à exploiter jusqu’au bout les capacités et l’énergie de ceux qu’ils ont inventé, entrainé, armé et financé. N’est-ce pas la raison pour laquelle ils ont été créés ?
Un développement politique dramatique a eu lieu la semaine dernière en Syrie, lorsque la Russie a lancé un avertissement sévère à l’adresse des manœuvres et atermoiements de Washington concernant des principes de règlement de la crise en Syrie, convenus dans le cadre de l’accord de Genève. L’annonce franco-britannique sur l’envoi d’armes aux rebelles a été une occasion pour Moscou de lancer une mise garde selon laquelle cette décision constitue une violation de la loi internationale. Les propos de Serguei Lavrov et l’envoi de navires de guerre russes vers le port syrien de Tartous constituent un rappel des lignes rouges que l’Occident ne doit pas franchir au sujet du type d’armement livré aux terroristes.
Lors de sa dernière tournée au Proche-Orient, John Kerry a tergiversé au sujet des termes de l’accord conclu avec la Russie à Genève. Mais il a finalement été contraint de faire une déclaration politique qui a eu l’effet d’un choc chez ses alliés et auxiliaires, en reconnaissant que le président Bachar al-Assad était un négociateur incontournable. De la sorte, Washington abandonne définitivement et clairement la condition d’un départ du président, comme préalable à tout dialogue national.
Malgré cela, les États-Unis restent tentés par le plan du dernier quart d’heure, pour essayer de modifier les rapports de force interne en Syrie en prévision du début des négociations. Il s’agit d’un geste désespéré pour éviter la défaite politique totale. C’est dans ce cadre que l’on doit interpréter l’entrainement de terroristes syriens par des instructeurs US en Jordanie, l’envoi de 3 000 tonnes d’armes croates achetées par l’Arabie saoudite et le Qatar, et les scénarios sur une intervention israélienne dans le but d’édifier une ceinture de sécurité en Syrie qui serait confiée aux terroristes.
Mais de l’avis des experts, toutes aventure militaire d’Israël en Syrie ou au Liban serait une véritable catastrophe pour l’État hébreu, pour les intérêts occidentaux et pour toute la région. L’équilibre des forces est en effet solide et bien ancré et l’axe de la Résistance, avec ses alliances internationales au cœur desquelles se trouve la Russie, la Chine et les pays des Brics, dispose des capacités dissuasives nécessaires pour faire échec à toute offensive et pour briser l’hégémonie US sur le monde.
Dans ce contexte, les experts s’accordent sur le fait qu’en dépit de la guerre dans laquelle elle est engagée, l’armée syrienne dispose toujours d’importantes capacités en plus de se défense anti-aérienne et de ses missiles balistiques, qui restent intacts.

L’AFP reconnait (sans le vouloir), la suprématie de l’État et de son armée

À l’occasion du deuxième anniversaire des troubles en Syrie, l’Agence France-presse (AFP) a publié une dépêche de synthèse sur l’état des lieux sur le terrain qui montre, malgré les tentatives d’exagérer les réalisations des gangs armés, que l’État et l’armée syrienne contrôlent les principales zones du pays et continuent d’avoir l’initiative. Voici des extraits de ce rapport :
« Sur le terrain, la situation est toujours aussi explosive en Syrie. L’armée d’Assad défend toujours Damas et des territoires dans l’ouest et le centre du pays, tandis que les rebelles aidés de combattants jihadistes avancent progressivement dans le nord et l’est. État des lieux des combats, région par région :
Damas et sa province : Près de huit mois après avoir lancé la "bataille de libération" de Damas, les rebelles restent confinés dans les quartiers périphériques et les banlieues sud et est de la capitale fortifiée.
L’armée repousse leurs tentatives de pénétrer au cœur de Damas, où d’importantes cibles du régime sont toutefois visées par des attentats meurtriers, revendiqués en majorité par le Front djihadiste Al-Nosra.
La région orientale d’Al-Ghouta, où les rebelles ont pris pied, est le théâtre de batailles acharnées. Au sud-est de Damas, l’armée tente en outre de reprendre totalement la ville de Daraya.
Dans le nord :
À Raqa (nord-est), le Front Al-Nosra et Ahrar al-Sham ont enregistré le plus grand succès en s’emparant totalement le 6 mars dernier de Raqa, capitale de la province éponyme. C’est la première grande ville du pays à tomber aux mains des rebelles. L’aviation continue néanmoins d’y bombarder les insurgés.
Dans la région d’Idleb (nord-ouest), de larges territoires de la province sont aux mains des rebelles, mais la capitale provinciale est toujours sous contrôle de l’armée.
Avec l’aide des jihadistes étrangers arrivés via la frontière poreuse avec la Turquie, les rebelles ont pris deux postes frontaliers et la base de l’armée de l’air de Taftanaz. Les islamistes dans le nord ont un meilleur accès aux armes que les rebelles du centre.
À Alep, la deuxième ville du pays, le front a été ouvert en juillet 2012 avec un assaut des rebelles qui contrôlent désormais la plupart de la province. Le groupe islamiste Liwa al-Tawhid dirige la bataille dans le centre d’Alep, celui d’Ahrar al-Sham mène les combats pour prendre les bases aériennes militaires de la province. Le Front Al-Nosra, accusé d’être lié à Al-Qaïda en Irak et classé par Washington sur sa liste d’"organisations terroristes", est également actif à Alep.
Dans l’est :
Dans la ville de Deir Ezzor. Les rebelles profitent de la frontière perméable avec l’Irak pour passer armes et combattants. Ainsi les opposants au régime ont pris 80 % de la province, mais l’armée contrôle toujours la majorité de la capitale provinciale. Le Front Al-Nosra est bien implanté à Deir Ezzor.
Dans la province de Hassaké, à majorité kurde, les rebelles ont combattu les combattants kurdes à Ras al-Aïn, avant de conclure une trêve en février. Ailleurs dans cette région, des jihadistes se sont emparés de larges territoires.
Au centre :
Après un siège de neuf mois des bastions rebelles à Homs, l’armée a lancé une nouvelle offensive, appuyée par l’aviation et des miliciens pro-régime. Une reprise des enclaves rebelles assurerait à l’armée un contrôle total du centre du pays.
La région de Hama est par ailleurs en majorité sous contrôle de l’armée.
Dans l’ouest :
Le cœur de la communauté alaouite, confession de Bachar al-Assad, est sous contrôle de l’armée, à l’exception de quelques enclaves kurdes et turcomanes dans le nord de Lattaquié.
Dans le sud :
À Deraa, berceau de la révolte, les rebelles ont pris plusieurs villages, mais la majorité de la province est encore contrôlée par le régime.
La ville de Soueida reste de son côté globalement calme, les leaders de la communauté druze, majoritaire, ayant maintenu une neutralité.
Située sur la ligne de cessez-le-feu avec Israël sur le Golan, la province de Kouneitra est le théâtre de combats intermittents
 ».

Déclarations et prises de positions

Michel Sleiman, président de la République libanaise
« Notre position est claire : Nous réaffirmons notre neutralité et c’est l’armée qui est en charge de la sécurité des frontières. Il appartient à l’armée d’interdire tous les phénomènes qui constituent une violation de la déclaration de Baabda. Nous assumons la responsabilité d’empêcher le trafic d’armes et de miliciens à travers la frontière. Le Liban doit empêcher les combattants de franchir la frontière pour entrer en Syrie. La stabilité du Liban est l’affaire de nous tous. Il ne faut pas envoyer des militants en Syrie et ne pas en recevoir. Nous devons maintenir notre neutralité. Nous avons donné l’ordre à l’armée libanaise d’arrêter tout homme armé ayant l’intention d’aller combattre en Syrie qu’il appartienne à l’opposition ou pas. Il est nécessaire de renforcer l’Armée libanaise et de lui assurer les besoins adéquats afin qu’elle puisse accomplir son devoir. Le Liban refuse d’être un point de passage pour les armes ou un lieu d’entrainement des combattants quelle que soit leur appartenance. Nous réitérons l’engagement du Liban, auprès de la communauté internationale, dans la lutte contre les dangers du terrorisme. Il est nécessaire de trouver une solution juste et globale aux problèmes du Moyen-Orient, surtout le problème palestinien. Nous souffrons des répercussions de la crise syrienne sur notre pays. Nous espérons que la situation se calmera en Syrie à travers le dialogue. »

Michel Aoun, chef du Courant patriotique libre
« Ceux qui refusent l’approbation du projet orthodoxe menacent de plonger le pays dans le vide, puisque la loi de 1960 est enterrée et qu’il est impossible d’adopter un autre texte. Nous devons rapidement statuer sur la loi électorale en vue d’éviter le vide. Les citoyens sont inquiets et nous interrogent sur la possibilité du déroulement des législatives, surtout que la présence incontrôlée des réfugiés syriens au Liban s’élargit. Il est nécessité de limiter le flux massif des réfugiés vers le pays, en n’accueillant que les cas urgents. »

Assem Kanso, député libanais du Parti Baas
« Le Front al-Nosra est désormais fortement implanté au Liban au même titre que ladite armée syrienne libre. Ce qui s’est dernièrement passé à Ersal et la méthode avec laquelle les deux militaires libanais ont été tués prouvent qu’Al-Qaïda se trouve parmi nous. Les répercussions du complot de démembrement de la Syrie commencent à se manifester clairement au Liban. Il y a un plan américano-sioniste qui consiste à orienter vers le Liban les extrémistes actifs en Syrie après l’échec de leur objectif dans ce pays. Leur idée est de créer une sorte d’équilibre avec le Hezbollah. Je suis inquiet de ce qui nous attend. La situation n’est pas sûre du tout au Liban. »

Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire du Futur
« Je doute que la proposition du Rassemblement orthodoxe soit soumise au vote du Parlement, étant donné qu’elle enfreint de nombreuses normes constitutionnelles. Cette proposition viole la Constitution, la coexistence et l’esprit du pacte national. C’est une loi de rétrograde. Elle nous ramène à l’année 1860. Le bloc du Changement et de la Réforme prône le projet orthodoxe afin d’attiser les tensions au sein de la société et marquer des points au niveau de l’électorat chrétien. Cette loi risque de provoquer de problèmes, aussi bien à l’échelle nationale que régionale. La tenue des élections à la date prévue est fondamentale puisque le mandat des députés est de 4 ans et doit obligatoirement être renouvelé. Le seul souci du Hezbollah est de renforcer sa mainmise sur le gouvernement et les institutions constitutionnelles, de sorte à garantir la pérennité de ses armes. »

Waël Abou Faour, ministre libanais des Affaires sociales (Bloc Joumblatt)
« Nous craignons que la position des Forces libanaises et du Courant patriotique libre concernant le projet électoral orthodoxe ne se transforme en position politique motivée par la volonté de se séparer des autres composantes de la société libanaise. Les FL ont porté un coup dur à l’esprit du 14-Mars qui est fondé sur le partenariat islamo-chrétien. »

Nabil Kaouk, vice-président du Conseil exécutif du Hezbollah
« L’autre camp n’a pas digéré sa mise à l’écart du pouvoir. Il ne cesse donc de provoquer des incidents car il ne veut pas d’une loi électorale qui assure une véritable parité, laquelle pourrait lui être défavorable. La loi de 1960 a été remise sur le tapis pour provoquer le 8-Mars, Pourtant, Ils savent qu’il y a zéro pour cent de chance que les élections se déroulent sur la base de cette loi. L’intervention de l’ambassadeur américaine dans le dossier électoral a un aspect positif car elle a permis de voir qui sont, au pouvoir et dans l’opposition, ceux qui continuent à prêter l’oreille aux Américains et à obéir à leurs injonctions (…) Israël souhaite provoquer une discorde entre sunnites et chiites dans la région et au Liban. Dans le même temps, on remarque une aggravation du discours confessionnels qui exacerbe les tensions entre les communautés. La Résistance est au-dessus des considérations confessionnelles et communautaires. Elle est porteuse d’un projet national au niveau de la région. »

Événements

• Le militant extrémiste Chadi Mawlaoui a tourné la justice libanaise en dérision en affirmant vendredi qu’il n’avait « aucune confiance dans la justice libanaise » et annoncé qu’il ne comparaitrait pas devant le juge. Mawlaoui a tenu ces propos après que le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, ait engagé des poursuites contre lui et 9 autres personnes pour appartenance à un groupe armé ayant pour but de mener des actes terroristes. Le juge Sakr les a aussi accusés de transporter des armes et des matières explosives entre le Liban et la Syrie. Ils ont été déférés devant le premier juge d’instruction militaire. Chadi Mawlaoui avait été arrêté en juillet dernier par la Sûreté générale avant d’être relâché et accueilli en héros par le Premier ministre Najib Mikati.

• La volonté de Londres de fournir des armes à l’opposition syrienne va à l’encontre de la position adoptée à cet égard par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, a laissé entendre aux journalistes russes à New York le porte-parole de l’organisation Martin Nesirky. « La position du secrétaire général de l’Onu face aux tentatives de militariser davantage le conflit syrien est bien connue : cela ne contribuera pas à la résolution de la crise », a déclaré M. Nesirky.

• Les avocats de l’ancienne secrétaire exécutive de la banque al-Madina, Rana Koleilat, ont remis au procureur général libanais Hatem Madi des documents liés au dossier. Parmi les noms circulant des personnes ayant touché de l’argent de la banque figurent, entre autres, celui du député de Batroun Boutros Harb.

Revue de presse

As-Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 15 mars 2013)
Par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, qui a adopté un ton inaccoutumé, Damas a menacé de riposter militairement aux bandes visibles à l’œil nu à partir des postes de ses forces armées. Le Conseil de sécurité a exprimé son inquiétude à l’égard des retombées de la crise syrienne au Liban. Des Libanais sympathisants de l’opposition syrienne ont incendié des citernes transportant des carburants entre le Liban et la Syrie. La capitale du Nord a été le théâtre d’un regain de tension. Des tirs sporadiques ont été entendus, des grenades et des obus Energa ont été lancés faisant deux blessées à Jabal Mohsen. Au Sud, l’ennemi israélien a envoyé des dizaines de véhicules, de bulldozers et de chars Merkava vers des positions avancées dans les hameaux de Chebaa et dans le plateau de Golan en Syrie. Entretemps, l’aviation israélienne survolait la capitale Beyrouth et la Békaa. Des sources informées affirment que cette mobilisation israélienne a mis l’armée libanaise et les résistants en état d’alerte.

As-Safir (15 mars 2013)
Mohammad Ballout, Paris
L’appel du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à lever l’embargo européen sur l’envoi d’armement à la « résistance syrienne » inaugure un nouveau chapitre dans la guerre syrienne. À la question de savoir si les démarches entreprises par la France et la Grande-Bretagne en faveur de l’armement de l’opposition en Syrie viennent en réponse à l’entente qui a émergé entre la Russie et les États-Unis à l’égard du dossier syrien, la porte-parole de la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, affirme, en faisant preuve de réserves : « Nous continuerons à œuvrer avec nos partenaires internationaux en vue de parvenir à une solution politique ».
Si l’objectif est réellement d’armer l’opposition, il reste que la France n’a pas attendu Laurent Fabius pour le mettre en œuvre. En effet, les services de renseignements français s’activent depuis belle lurette sur les frontières syro-turques, syro-jordaniennes et syro-libanaises, à entraîner et à armer les opposants. Par conséquent, les dernières déclarations de Fabius peuvent être mises sur le compte d’une tentative de rejoindre le train de l’entente russo-américaine qui avance sans que les Français en soit l’un des moteurs. Les deux parrains internationaux de la Syrie ont écarté les Européens des négociations et des rencontres qui se déroulent entre eux. Les déclarations de Sergueï Lavrov qui a dernièrement fait état d’une entente avec les Américains de faire participer Bachar al-Assad dans le processus politique justifient les craintes de la France qu’une initiative politique ne soit prise unilatéralement par Washington et Moscou avant la tenue du Sommet de Doha. Une figure de l’opposition syrienne indique que le chef de la diplomatie russe avait promis aux opposants qu’il a rencontrés au début de cette semaine à Moscou que la Russie mettra en avant une initiative avec les Américains dont la teneur ne sera pas dévoilée avant le Sommet de Doha, afin de tirer le tapis sous les pieds des Qataris.
En haussant le ton, le ministre français cherche à se tailler une place dans le deal sur lequel œuvrent les États-Unis et la Russie afin de pouvoir rester proche des échéances auxquelles la France veut absolument prendre part dans l’avenir, ne fût-ce pour obtenir sa part du chantier de la reconstruction de la Syrie, où rien ne pourrait être réservé aux Français.

As-Safir (13 mars 2013)
Claire Chokor
Conformément à une décision centrale, le Courant du futur (CDF) a lancé une campagne systématique visant à punir son allié, les Forces libanaises (FL), pour avoir rejoint le train du consensus chrétien autour du projet électoral orthodoxe, placé sous le titre de la récupération des sièges parlementaires chrétiens perdus... Mais malgré cela, la campagne n’a pas réussi à ramener les FL sur le droit chemin. Il a fallu alors intensifier les pressions. Selon certaines informations, la machine du CDF s’est employée, ces dernières semaines, à fermer les portes du Golfe face à Samir Geagea. Des milieux du CDF pensent que Geagea a pu gonfler ses plumes comme un paon à cause des liens directs qu’il a établis avec certains pays du Golfe, avec le soutien du Moustaqbal. Ces relations ont renforcé sa confiance et lui ont permis de se rebeller contre ses camarades.
Les informations indiquent que ces pressions ont réussi à ramener les choses dans l’ordre : la route entre Maarab et le Golfe passe obligatoirement par Saad Hariri. Certes, les réunions de réconciliation ont rétabli le contact entre « les amants fâchés ». Mais elles n’ont pas éliminé les mutilations qui ont frappé le cœur de la relation bilatérale. C’est vrai que des intermédiaires, comme Farès Souhaid et des hommes d’affaires, sont intervenus pour replâtrer les rapports. Mais si la fine vitre de la confiance se brise une seule fois, il sera difficile de la recoller.
Les responsables du CDF utilisent les grands mots à l’encontre des FL et font en sorte qu’ils parviennent aux oreilles du résident de la forteresse de Maarab. Ils ressortent les cahiers des comptes : c’est nous qui avons ouvert les portes du monde sunnite libanais à Geagea ; sans le soutien du CDF, les FL n’auraient pas pu se déplacer librement dans les villages du Akkar ; c’est nous qui leur avons ouvert les portes du paradis du Golfe ; sans ce soutien, elles n’auraient pas pu continuer leur chemin ; Geagea n’a pas à prétexter la couverture fournie par l’Église au consensus chrétien, car notre relation avec Bkerké est plus ancienne que nos rapports avec les FL ; c’est nous qui avons donné nos voix aux FL sans lesquelles elles sont incapables d’enregistrer une victoire dans leurs fiefs chrétiens.
Même lors de la réunion de réconciliation entre Geagea et Fouad Siniora, ce dernier a mis les points sur les « i » devant son hôte. IL a énuméré les gains engendrés par les FL grâce à leur relation avec le CDF.
La dispute au sujet de la loi électorale n’est pas passagère. Les responsables du CDF affirment : « Si les FL ne sont rebellées au sujet de la question sensible de la loi électorale, que nous cachent l’avenir. Si le problème de Geagea réside dans la taille de son bloc parlementaire, pourquoi n’affronte-t-il pas son ennemi Michel Aoun pour tenter de lui arracher des sièges ? »

As-Safir (12 mars 2013)
Imad Marmal
Des milieux responsables du 8-Mars jugent « inacceptable » la manière avec laquelle le président de la République Michel Sleiman et le Premier ministre Najib Mikati se sont comportés avec le ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, après son allocution à la Ligue arabe. Ce comportement, ajoutent ces milieux, dépasse les limite de la protestation politique contre une prise de position et touche un des fondements de l’accord de Taëf qui a établi des règles claires : le ministre n’est plus un simple employé ou fonctionnaire. « Qu’a fait Adnane Mansour pour être la cible d’une telle campagne de dénigrement ? s’interrogent ces milieux. Est-ce un crime de demander que la Syrie soit réintégrée à la Ligue arabe afin qu’elle participe à la solution politique à la crise dans ce pays ? Alors que l’appel à l’armement de l’opposition syrienne, qui va pérenniser l’effusion de sang, devient une position exemplaire qu’il faut copier et défendre ? ».
Les sources du 8-Mars font remarquer que la politique de dissociation doit être dans les deux sens et non pas seulement dirigée contre le régime syrien, rappelant que des ministres du gouvernement libanais passent leur temps à injurier le président Bachar al-Assad sans que ces mêmes responsables officiels ne bronchent.
Le dirigeant du 8-Mars souligne que le gouvernement n’est pas « une école primaire et la relation entre le chef du gouvernement et les ministres ne ressemble pas à la relation entre un instituteur et ses élèves ».
« Adnane Mansour n’est pas seul et isolé, ajoute cette même source. Il n’est pas orphelin sur le plan politique. Et à ceux qui, dans l’opposition ou au sein même de la majorité, réclament son limogeage, elle répond sur un ton ferme : seuls ceux qui ont formé ce gouvernement peuvent le faire tomber. Et lorsque nous sentirons que la dignité des personnes est en jeu, le gouvernement ne restera pas. »

An-Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars)
Sarkis Naoum (14 mars 2013)
Après les accusations lancées contre le Hezbollah par les autorités bulgares d’être impliquées dans l’attentat de Burgas, les États-Unis ont pensé que le temps était venu de réessayer de convaincre l’Union européenne (UE) d’inscrire le parti sur sa liste des organisations terroristes. Mais ils n’ont pas réussi jusqu’à présent à réaliser leur objectif, car certains membres de l’Union estiment que la Bulgarie a certes lancé une accusation, mais la justice de ce pays n’a pas encore prononcé son verdict. De plus, certains autres pays attendent la fin des procédures judiciaires dans d’autres « crimes » imputés au Hezbollah en Europe. Par ailleurs, la Grande-Bretagne appelle à faire la distinction entre les branches militaire et politique du parti. Elle soutient l’inscription de son aile militaire sur la liste terroriste mais souhaite permettre à la branche politique de poursuivre son action au Liban. Les raisons de l’échec américain sont nombreuses et des observateurs US en citent deux, en particulier : la crainte de la plupart des membres de l’UE de voir le Hezbollah s’en prendre à la Finul –dont les principaux contingents sont fournis par des États européens- s’il est inscrit sur la liste terroriste ; le souci des États européens et de la majorité des grandes puissances de préserver la stabilité au Liban.
Toutefois, les États-Unis ne sont pas convaincus des raisons invoquées par les Européens. Washington pense que le Hezbollah et son parrain iranien ne s’aventureraient pas à s’en prendre à la Finul par crainte des conséquences. De même que le parti ne ferait rien pour saper la stabilité du Liban car il souhaite préserver son image de protecteur du pays, refusant d’être entrainé dans des guerres intestines.
La question qui se pose est celle de savoir pourquoi le Hezbollah a-t-il repris ses « activités terroristes » en Europe et en Asie, comme l’affirment les États-Unis. Les observateurs américains expliquent que malgré son indéniable « libanité », le Hezbollah reste lié à l’Iran islamique de par son idéologie religieuse. Or l’Iran est confrontée à des défis concernant son programme nucléaire auquel elle est attachée, ainsi que le possible effondrement du régime syrien. Évidemment, ces observateurs se rattrapent en affirmant que l’intérêt que porte l’Amérique au « terrorisme » du Hezbollah ne lui fait pas oublier le terrorisme « qaïdiste et talibanais », c’est-à-dire le takfirisme sunnite. La guerre contre ce phénomène se poursuit et sera longue.

Al-Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 15 Mars 2013)
Nasser Charara
La délégation parlementaire européenne, qui a visité le Liban le mois dernier sous la présidence de la députée Marisa Matias, a présenté ses conclusions, il y a quelques jours au Parlement européen. Cette audience n’a pas accordé la priorité aux élections législatives mais à trois autres thèmes : la stabilité au Liban, la position européenne vis-à-vis du Hezbollah dans l’affaire de l’attentat de Burgas, et les réfugiés syriens au Liban. Des sources diplomatiques indiquent que l’Europe, conduite par la France, s’aligne sur la position américaine qui prône des élections à la date prévue au Liban. Toutefois, les États-Unis et l’Europe comprendraient un report de cette échéance, mais en même temps, refuseraient toute prorogation du mandat des institutions de l’État à l’exemple du Parlement et de la Présidence de la République. Citant des députés européens, les sources font état d’une divergence entre la France et les États-Unis au sujet de l’attentat de Burgas : Washington souhaiterait que Paris pilote la campagne qui poussera au bout du compte l’Union européenne à décider des mesures économiques à l’encontre du Hezbollah, mais l’Élysée considère que de telles mesures pourraient porter atteinte à la stabilité au Liban. Lors de la conférence sur la Libye, que Paris a accueillie le mois dernier, un débat a eu lieu sur ce point. Le représentant des États-Unis à la conférence a assuré que son pays maintiendrait la pression dans ce dossier, puis a rejeté le point de vue de la France, selon lequel le moment n’est pas propice à une décision européenne anti-Hezbollah pouvant rejaillir sur la stabilité du Liban.

Al-Akhbar (12 Mars 2013)
Radwan Mortada
Que l’on soit interpellé par un milicien palestinien pourrait donner l’impression que nous sommes entrés dans un camp palestinien, ou pourrait nous rappeler l’époque de la domination des fédayins pendant la guerre libanaise. Mais que l’on soit apostrophé par un milicien syrien, qui, de surcroit, nous interdit de poursuivre notre chemin et nous demande de changer de trajet, après le retrait de l’armée syrienne du Liban, est surprenant. Cela devient inquiétant lorsque l’on apprend que ce milicien nous a interpelés dans le quartier d’Abi Samra, à Tripoli, près du complexe al-Abrar.
Un haut responsable sécuritaire déclare que le chiffre de cent mille réfugiés syriens au Liban-Nord est bien en deçà de la réalité. Il assure en tout cas que le tiers de ces réfugiés sont prêts à porter les armes à n’importe quel moment. Ce responsable affirme disposer d’informations selon lesquelles des centaines de miliciens syriens se déplacent en toute liberté au Liban.
En parallèle, des informations indiquent que le frère d’un député influent du Akkar s’emploie à organiser les groupes de miliciens syriens présents à Tripoli et au Akkar en petites cellules déployées dans des points bien déterminés, conformément à une carte militaire établie par des officiers retraités de l’Armée libanaise actifs dans le soutien aux rebelles syriens. Dans ce contexte, des renseignements sûrs précisent que l’officier dissident syrien Inad A, qui jouissait d’une protection dans une région d’influence du député Walid Joumblatt, s’est récemment rendu à Halba, dans le Akkar. Il a participé à plusieurs réunions, notamment au domicile de l’activiste libanais Mahmoud Z., en présence d’un certain nombre de militants. La discussion a porté sur la poursuite de l’armement des groupes de rebelles syriens au Liban, leur organisation, leur déploiement et la mise en place d’une liste nominale d’activistes syriens dans le but de créer une sorte de service de renseignements pour les rebelles syriens au Liban. Des cellules armées ont été déployées dans plusieurs points du Liban-Nord, notamment à Halba, qui est quadrillée.
Des réunions périodiques ont également lieu entre des officiers syriens dissidents et des hommes de religion à Tripoli. Même chose à Ersal, dans la Békaa, où des tentes abritant des blessés sont sévèrement gardées et il est interdit de s’en approcher. Des maisons sont gardées par des miliciens syriens. La nuit, des jeunes gens, présentés la journée comme des réfugiés, prennent les armes pour s’acquitter de « leur devoir jihadiste ». Dans le Akkar, il existe certains points de passage frontaliers desquels il est impossible de s’approcher sans être interpelés par des miliciens syriens qui vous demandent où vous allez et pourquoi.

Al-Joumhouria (Quotidien libanais proche du 14-Mars)
(15 Mars 2013)
Le président du Parlement Nabih Berry a déclaré que la « porte est toujours ouverte à une entente. J’avais retiré mon projet mixte du fait que les protagonistes ne l’avaient pas approuvé, mais je ne peux pas attendre longtemps. Si d’autres projets ne me sont pas remis, je serai dans l’obligation de convoquer une séance plénière de la Chambre pour soumettre au vote le projet orthodoxe, qui est le seul projet à bénéficier du soutien de la majorité parlementaire ».
M. Berry a indiqué qu’il pouvait attendre au maximum jusqu’à la mi-avril, « mais malgré cela, si je relève une véritable volonté de tous de parvenir à une loi électorale consensuelle, je pourrai patienter un peu ». Le chef du Législatif a par ailleurs dit craindre pour la situation sécuritaire dans le pays, qui pourrait selon lui torpiller les élections même dans l’hypothèse d’une entente sur la loi électorale.
Le président de la Chambre a affirmé qu’il est possible de parvenir à une loi consensuelle jusqu’à la fin avril, à défaut de quoi, la tenue même des élections sera en jeu et le Liban fera face à l’éventualité de la prolongation du mandat du parlement. Il a également fait savoir qu’il convoquera la séance plénière si les choses prennent un tour favorisant le vide.

Al-Hayat (Quotidien à capitaux saoudiens, 15 mars 2013)
Mohammad Choucair
Les ambassadeurs au Liban de certaines grandes puissances et des pays de l’Union européenne se sont concertés en toute discrétion au sujet de la prochaine étape politique, d’autant qu’ils ont le sentiment qu’il était impossible que le gouvernement de Najib Mikati soit maintenu au pouvoir. Des sources ministérielles révèlent de leur côté que la communauté internationale pourrait fermer les yeux sur un report des élections à condition d’engager d’ores et déjà une concertation sur la mise en place d’un gouvernement impartial dont les priorités seraient les suivantes : préserver la stabilité du pays, sauver l’économie libanaise, rectifier les relations arabes du Liban et appliquer la politique de distanciation vis-à-vis de la crise.

L’Orient-Le Jour (Quotidien francophone libanais proche du 14-Mars)
Scarlett Haddad (15 mars 2013)
Le Premier ministre Najib Mikati reconnaît qu’avec ce qui se passe dans la région, et notamment en Syrie, le climat général n’est pas à la réconciliation. Mais en même temps, la situation, selon lui, reste acceptable au Liban. Il précise même que si, il y a trois ans, quelqu’un avait évoqué la possibilité de troubles en Syrie, les Libanais auraient aussitôt pensé que le Liban s’embraserait par contagion. Or, malgré tout, la situation sécuritaire n’est pas dramatique, en dépit des tensions et d’incidents répétés. Il reconnaît l’existence d’un projet de discorde entre sunnites et chiites qui prend de l’ampleur dans la région et qui souhaiterait faire du Liban une ligne de démarcation. C’est pourquoi, selon lui, il faut donc faire preuve de vigilance pour étouffer dans l’œuf toutes les tentatives, ajoutant que « les Libanais eux-mêmes ne parviennent pas à croire que ça va ! ». Mikati déclare encore qu’en dépit des frictions, il n’y a pas de décision en faveur d’une explosion généralisée. Il ajoute qu’il aurait souhaité que cheikh Ahmad el-Assir ne donne pas des chances à la discorde, rappelant que lorsque le cheikh a lancé son sit-in, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora et Bahia Hariri lui ont demandé avec insistance de ne pas utiliser la force contre lui.
Selon le Premier ministre, la solution ne peut pas être uniquement sécuritaire. Elle doit être aussi politique et elle commence par la reprise du dialogue national. Les parties libanaises doivent donc discuter entre elles et s’entendre sur le fait que toutes les armes qui ne sont pas destinées à combattre Israël doivent être retirées. Elles doivent ainsi s’entendre sur une stratégie de défense. Il a ainsi rappelé que le chef de l’État avait proposé un document à ce sujet. Si les intentions étaient bonnes, ce document aurait été discuté, précise-t-il. Il insiste ensuite sur le fait que tous les efforts sont actuellement déployés pour épargner au Liban les conséquences de la crise syrienne.
Évoquant la prochaine loi électorale, Mikati précise que la loi actuelle reste en vigueur jusqu’à l’adoption d’une nouvelle. Mais, selon lui, la balle est dans le camp du Parlement. En signant avec le président le décret de convocation du corps électoral, il n’a donc fait que son devoir. Et s’il ne l’avait pas fait, dit-il, les critiques auraient plu sur son gouvernement et sur lui-même. Pourtant, précise-t-il, le gouvernement n’exerce qu’un pouvoir exécutif. Il n’a pas le pouvoir de geler une loi. C’est au Parlement de faire ce travail. Mikati affirme être contre la loi de 1960, laquelle, selon lui, a causé du tort au Liban et l’a divisé. Il invite donc le Parlement à prendre sa décision au plus vite : soit il reporte les élections, soit il adopte une nouvelle loi. Selon lui, les points de vue ne sont plus très éloignés, sauf si, au fond, on cherche en réalité un report...
Mikati précise qu’un projet de loi pour repousser l’âge de retraite des militaires haut gradés est prêt et attend une réunion du Parlement. Au sujet de la nouvelle échelle des salaires, il reconnaît que les fonctionnaires ont des droits mais qu’il doit les concilier avec les moyens de l’État, ajoutant que la séance du Conseil des ministres du 21 verra le début de l’examen des moyens de financer cette nouvelle échelle, car d’autres sujets sont aussi à l’ordre du jour, comme la formation de la commission de supervision des élections.

As-Saoura (Quotidien syrien, 16 mars 2013)
Le feu du terrorisme ne consumera pas seulement la Syrie mais pourrait se propager au Liban et à la Jordanie, surtout si ces deux pays interviennent dans la situation en Syrie, en ignorant le passage d’hommes armés et d’armes à partir de leur territoire ou en participant directement au complot contre la Syrie.
La Jordanie a carrément ouvert ces derniers jours ses frontières aux jihadistes alors qu’avant elle se contentait uniquement de faciliter le passage aux éléments entraînés sur son territoire par des agents des services de renseignement américains.

Al-Watan (Quotidien syrien, 13 mars 2013)
Pour donner l’impression que l’armée arabe syrienne est affaiblie et manque d’effectifs, et pour faire croire que les groupes terroristes réalisent des avancées sur le terrain, des médias subversifs ont véhiculé des messages selon lesquels le commandement militaire a décrété la mobilisation générale et l’alerte maximale pour défendre Damas contre une attaque qui serait lancée le 15 mars à l’occasion du deuxième anniversaire du début de la crise.
Des sources concernées à Damas tournent en dérision ces informations et assurent que l’armée détient l’initiative sur le champ de bataille et fait trembler la terre sur les pieds de ce qui reste comme groupes terroristes dans toute la Syrie. L’armée dispose toujours de tous ses moyens et ne les a pas déployés depuis le début de la crise. De même que les milices de « l’armée libre » n’ont plus les moyens de lancer de vastes attaques contre les grandes villes et leurs structures ont été détruites il y a six mois.
Les mêmes sources indiquent que l’armée syrienne a repris le contrôle d’un grand nombre de quartiers à Alep et Homs et dans la campagne de Damas. De nombreux habitants sont retournés dans leurs maisons qu’ils avaient abandonnées, notamment à Damas et Homs.
Le but de cette campagne médiatique est de remonter le moral des terroristes qui restent en Syrie et encourager ceux qui se font appeler « jihadistes » à se diriger vers la Syrie après avoir reçu l’entrainement adéquat, l’armement et le financement de leurs maitres américains, européens et israéliens.
Il y a quelques jours, Dar el-Fatwa a publié un communiqué estimant que la défense de la Syrie est un devoir pour tous les Syriens et tous les pays arabes et musulmans. Il a appelé les fils du peuple syrien à rejoindre les rangs de l’armée pour défendre notre patrie.
Les sources précitées affirment qu’il ne s’agit pas d’une fatwa dans le sens religieux du terme mais d’un appel à tous les Syriens afin qu’ils conjuguent leurs efforts pour défendre leur pays, car lorsque la Syrie est victime d’une invasion venant du Liban, de Jordanie et de Turquie, la défense de la terre, de l’honneur et de la famille devient un devoir.

Los Angeles Times (Quotidien états-unien, 16 mars 2013)
La CIA recueille actuellement des renseignements sur des islamistes radicaux en Syrie en vue de les liquider ultérieurement par des frappes de drones.
D’actuels et d’anciens responsables américains, ayant gardé l’anonymat, indiquent que le président Barack Obama n’a pas encore autorisé des attaques de drones en Syrie, mais que le service de contre-terrorisme de la CIA y a récemment affecté plusieurs agents à la surveillance de militants extrémistes.
Les agents "chargés de les cibler" ont formé une unité avec leurs collègues ayant suivi les opérations menées par Al-Qaïda en Irak. Certains éléments de l’organisation terroriste, croit-on savoir, auraient gagné la Syrie et rejoint les milices islamiques anti-gouvernementales. Les agents "chargés de cibler" la Syrie sont basés dans le quartier générale de la CIA à Langley (Virginie).
La centrale américaine maintient également des liens étroits avec les services de renseignement saoudiens, jordaniens ainsi qu’avec d’autres, actifs en Syrie.
Les combattants islamistes jouent un rôle croissant dans la lutte contre les forces gouvernementales syriennes, ce qui a entraîné un regain d’intérêt à leur égard pour la CIA.
Le département d’État américain croit que l’une des plus puissantes milices syriennes de l’opposition, le Front al-Nosra Front, est une organisation terroriste qu’il est impossible de distinguer de l’organisation el-Qaëda en Irak.

Reuters (Agence de presse britannique, 15 mars 2013)
Le premier contingent de rebelles syriens formés en Jordanie par l’armée américaine et des responsables du renseignement à l’utilisation d’armes antiaériennes et antichars ont terminé leur entraînement et repartent en Syrie pour combattre, a annoncé jeudi un dirigeant rebelle. Selon ce responsable, l’essentiel du premier groupe de 300 combattants en provenance du sud de la Syrie ont fini leur entraînement et d’autres arrivent pour être formés à leur tour. C’est une question sensible comme vous le savez, mais, oui, l’armée américaine et les services secrets entraînent une partie des rebelles, a dit ce responsable sous le sceau de l’anonymat, confirmant une information parue la semaine dernière dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel et d’autres médias. Washington a pris la décision d’entraîner les rebelles « sous la manteau », a-t-il dit. Il explique que les autorités américaines ont contacté le Commandement général de l’opposition et ont proposé leur aide il y a quelques mois. Le Commandement général a demandé aux brigades sous son autorité de désigner « de bons combattants » pour que ceux-ci soient entraînés et puissent utiliser des armes sophistiquées telles que des roquettes antichars et antiaériennes. Les « bons combattants » ont aussi été formés aux techniques de collecte du renseignement.

Source
New Orient News