Je vous remercie, M. Nolan, de m’avoir présenté en des termes aussi flatteurs, en fait presque assez extravagants pour un éloge funèbre, ce qui me mettrait en quelque sorte dans l’obligation de trépasser ici-même sur le champ. Mais vous n’aurez pas cette chance car j’ai bien l’intention de vous présenter mes réflexions. Rassurez-vous, je ferai de mon mieux pour ne pas provoquer de décès dans l’assistance en restant relativement bref dans mes propos.

Je suis honoré d’être en ces lieux. J’ai participé dans le passé à la série Eisenhower, série qui offre depuis longtemps une tribune à certains des penseurs stratégiques les plus doués de notre nation et leur permet de se réunir pour remettre en question l’orthodoxie du jour sur les relations entre la stratégie politique et la stratégie militaire. Dans ce contexte, je ne m’étonne pas que le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Schoomaker, soit l’un des parrains de cette manifestation. Sur le champ de bataille ou au sein des instances de l’administration, Peter Schoomaker n’a jamais trouvé de défi qu’il n’ait pas relevé et dont il ne soit venu à bout.

Et à propos de défis, j’ai cru comprendre que je me présentais à cette conférence en serre-file, après des sommités telles que (le ministre de la défense) Don Rumsfeld et mon ami Joe Nye (doyen de la John F. Kennedy School of Government de l’université Harvard). J’ai donc moi aussi un défi à relever ici.

Je crois que parmi ces intervenants, M. Rumsfeld a beaucoup de mérite. Son attachement infatigable à la tâche de la transformation de nos forces en une armée souple, légère, agile et agressive contribue à orienter notre pays sur la voie d’un avenir plus sûr. Certes, en Irak, nous avons vu les forces de la coalition reliées par des réseaux d’information, avec la surveillance aérienne qui guidait les troupes au sol et les unités de reconnaissance au sol qui aidaient les forces aériennes, le tout en temps réel. Et cela nous a donné une opération militaire qui était efficace, capable de réagir et d’une absolue précision dans sa létalité.

On peut considérer, en effet, que nous sommes parvenus à une remarquable convergence dans l’histoire de notre nation, certainement dans l’établissement de ce rapport entre la stratégie politique et la stratégie militaire qui nous permet de faire usage de la force de nos armes de manière conforme à nos objectifs en tant que société. Nous disposons de troupes bien entraînées et fortement motivées, dotées d’un matériel d’une haute sophistication technologique. Elles peuvent se charger de toute mission que nous jugeons nécessaire pour la défense de nos intérêts, tout en minimisant dans des proportions considérables les dégâts causés à l’infrastructure, aux biens civils et aux populations et en maximisant notre aptitude à protéger nos forces de combat.

Et cependant, malgré ces forces militaires les plus puissantes que l’histoire ait jamais connue, nous constatons qu’il y a un certain nombre de variables qui n’ont guère évolué. Ainsi, c’est toujours le soldat sur le champ de bataille, qui s’empare du terrain et qui s’y tient, qui contrôle le terrain, qui détermine en dernier ressort l’issue du combat. C’est toujours l’inéluctable pression exercée par un soldat en territoire ennemi, baïonnette au canon, qui fait plier l’ennemi et le soumet à notre volonté, et l’Irak nous a montré à tous combien cela est important.

L’Irak a également mis en évidence une autre vérité permanente, à savoir que la puissance d’une nation et toutes les pressions que cette puissance peut exercer ne sont jamais provenues et ne proviendront jamais exclusivement de la force militaire. Après tout, même ce soldat essentiel qui prend un territoire et qui s’y maintient ne peut pas le faire indéfiniment, en particulier lorsqu’il appartient à une force constituée entièrement de volontaires d’une nation démocratique.

Et donc, de même que le soldat doit défendre son terrain, comme le font actuellement en Irak nos forces et celles de 31 autres pays, nous devons, nous aussi, défendre un autre terrain. Car la victoire en Irak ne viendra pas seulement lorsque nos soldats pourront affirmer leur présence sans crainte d’attaques ou d’embuscades ; elle viendra lorsque la lumière se rallumera dans tout le pays, lorsque de l’eau propre coulera dans tous les robinets. Elle viendra lorsque les gens pourront vaquer à leurs occupations dans les rues de Kirkouk, de Bagdad et de Karbala. Elle viendra lorsque l’Irak sera gouverné par des Irakiens, choisis librement et équitablement par leurs concitoyennes et concitoyens.

Grand et noble objectif que celui-là, dont les Etats-Unis acceptent la responsabilité et qui ne saurait être réalisé à la hâte. Après tout, la démocratie consiste en autre chose que d’organiser un scrutin. Elle consiste à élaborer tout un système, un système de lois, un système de garanties des droits de tous les peuples, et toutes les institutions nécessaires au bon fonctionnement de la société civile et de l’économie.

Aujourd’hui, en Irak, les Etats-Unis et leurs partenaires ont préparé le terrain pour que ce type de développement puisse avoir lieu. Et nous avons à présent l’obligation, envers nos hommes et femmes en uniforme, de faire usage de tous les instruments dont nous disposons pour aller de l’avant, et pas seulement de notre puissance militaire, mais aussi de notre force politique et économique et de l’énergie et de l’optimisme du caractère américain.

Nous devrons également agir de concert avec les autres pays. Nous n’avons jamais visé à des gains territoriaux par la conquête de l’Irak. Et pour notre crédibilité au niveau mondial, pour disposer des ressources dont nous aurons besoin pour soutenir le présent effort le temps qu’il faudra pour réussir, nous devons absolument coopérer avec les autres pays et le faire en partenaire et non pas en patron.

Saddam Hussein était animé de desseins meurtriers et d’insatiables ambitions extraterritoriales. Il a tué des centaines de milliers de ses concitoyens dans des guerres livrées contre ses voisins et contre ses opposants intérieurs, et dans ses tentatives visant à redessiner la carte de l’Irak, la carte démographique de l’Irak. Le contrôle qu’il exerçait sur les deuxièmes réserves pétrolières du monde l’ont non seulement maintenu au pouvoir, en lui donnant en fait un chèque en blanc pour se doter d’un arsenal d’armes classiques et non conventionnelles, mais cela lui a également permis de déstabiliser la région et de menacer nos intérêts vitaux dans une mesure disproportionnée par rapport à son pouvoir réel.

Toute la pression considérable exercée par la communauté internationale n’a abouti à aucun changement. Les sanctions, si bien intentionnées qu’elles aient été, n’ont jamais empêché Saddam Hussein de dépenser des milliards comme il l’entendait. Et donc, abstraction faite des désaccords sur les actions que nous avons été contraints d’engager en mars, tous les autres pays de la communauté internationale savaient qu’en ce qui concernait l’Irak, la situation devrait être réglée un jour ou l’autre.

L’Irak est une société fermée depuis plus d’une génération et il était donc difficile de savoir exactement quelles étaient les conditions dans lesquelles la population vivait. Oh, nous savions que la situation était mauvaise, mais elle était pire que tout ce que nous avions pu imaginer. Je veux parler des gens que Saddam Hussein a torturés, assassinés et jetés à la fosse commune. Je veux parler de sa négligence criminelle de l’infrastructure matérielle. Bechtel a procédé à une évaluation globale de l’Irak en avril et a constate que les routes, les ponts, les stations de traitement des eaux usées, le matériel de production du pétrole et les centrales électriques avaient été laissés à l’abandon pendant près de deux décennies. Et dans de nombreux cas, cette infrastructure en décrépitude portait les marques de trois guerres successives. Je veux parler enfin des terribles dommages que Saddam Hussein a infligés à l’infrastructure psychologique de la société irakienne.

Et il est donc temps que le monde s’attelle à la tâche d’aider le peuple irakien. Et il est impératif que nous réussissions. Ce n’est pas seulement une question de principe qui tiendrait à ce que nous avons en quelque sorte une obligation d’agir à cet effet et pas même parce que nous voulons atténuer les souffrances, si grandes qu’elles soient, du peuple irakien. La triste réalité est qu’il y a des gens qui souffrent dans le monde entier et que la première obligation de toute nation à cet égard est de penser à sa propre population. Il est impératif que nous réussissions à assurer la sécurité de l’Irak maintenant que nous l’avons sauvé, parce qu’il y va de nos propres intérêts nationaux, parce qu’il est conforme au caractère américain de terminer le travail commencé et de le terminer convenablement, et parce qu’il y va des intérêts vitaux de la communauté internationale de faire en sorte que cette nation située au coeur du Moyen-Orient, le berceau même de la civilisation et l’un des piliers de l’économie moderne, cesse non seulement d’être une menace pour la région et pour le monde, mais également qu’elle devienne une source de stabilité et de succès dans les circonstances actuelles.

Les Etats-Unis et une coalition de 46 pays s’emploient à faire en sorte que l’Irak parvienne à ce succès et à la stabilité. Mais je tiens à préciser clairement qu’il ne s’agit pas d’une occupation au sens où le monde l’entend généralement, terme qui inspire des appréhensions compréhensibles à nos amis et alliés. La France ne se souvient certainement que trop bien de sa propre expérience dévastatrice et dégradante de la Deuxième Guerre mondiale. Et en fait, c’est bien la marque de l’esprit indomptable de la France que le peuple de Paris ait libéré sa ville de l’intérieur, au moment même où la Deuxième Division blindée des Forces françaises libres ouvrant la voie aux troupes américaines pénétrait dans la ville. Mais le Troisième Reich n’avait aucunement l’intention de rendre Paris aux Français, et certainement pas intact.

Nous assistons aujourd’hui en Irak à une situation inverse. C’est Saddam Hussein qui a dévasté son propre pays et ce sont les restes de son réseau de collaborateurs, avec leurs recrues étrangères, qui poursuivent aujourd’hui ce vil travail. Ces gens n’offrent rien à leur pays, tout comme les talibans et leurs maîtres d’Al-Qaïda n’avaient rien à offrir au peuple afghan hormis un cycle continuel de mort, de pillage et de destruction. Il n’est tout simplement pas envisageable de rendre les plus de 23 millions d’Irakiens à ce sort, pas plus que cela n’est envisageable en Afghanistan.

Et donc Paris, en fin de compte, a été sauvé. Pas seulement par la volonté de ses habitants et des forces armées alliées, mais par l’ingéniosité et par l’esprit d’entreprise et par ce massif investissement dans l’avenir mentionné tant de fois au cours de votre conférence, le Plan Marshall. Le président Bush a d’ailleurs évoqué ce plan dans son discours prononcé aux Nations unies. La vision de George Marshall, accueillie avec scepticisme à l’époque, a été appliquée. L’intention de ce plan n’était pas strictement humanitaire et il ne visait pas strictement non plus à la sécurité, bien qu’il ait eu pour but de faire en sorte que nous ne soyons pas entraînés dans une autre guerre. Notre propre intérêt économique avait aussi quelque chose à y voir. Et d’ailleurs, aujourd’hui, l’Union européenne est le plus grand partenaire économique de notre pays, avec quelque 376 milliards de dollars de flux commerciaux annuels et des centaines de milliards de dollars d’investissements.

Il s’agit de même en Irak de secours humanitaires, et de sécurité, et de notre propre intérêt. Et ici encore, le coût de notre investissement sera justifié. Je tiens à ce propos à vous rappeler une dure vérité : les 20 milliards de dollars demandés par le président Bush pour la reconstruction peuvent sembler beaucoup, mais nous avons dépensé des sommes encore plus considérable pour lutter contre Saddam Hussein et le contenir au cours des 13 dernières années. A présent, nous devons être prêts à dépenser nos ressources pour établir la paix, pas seulement pour faire la guerre.

Les Irakiens, dans leur vaste majorité, veulent recouvrer leur pays. Et s’ils sont, chose compréhensible, préoccupés par le calendrier, ils se sont engagés sur une voie qui leur permettra de réaffirmer leur souveraineté. L’Autorité provisoire de la coalition et Jerry Bremer ont à mes yeux beaucoup de mérite dans les progrès considérables accomplis à ce jour et dans la définition des mesures qui devront être mises en oeuvre pour appuyer l’élaboration d’une démocratie véritable. Mais en dernière analyse, seul le peuple irakien pourra se défaire du terrible patrimoine que lui a légué Saddam Hussein.

La constitution de leur nouveau patrimoine exigera une bonne gouvernance, un relèvement économique et la reconstitution de la société civile et, à l’évidence, une amélioration de la sécurité. Le Conseil de gouvernement irakien a maintenant été reconnu en tant que représentant intérimaire légitime du peuple irakien par la Ligue arabe, l’OPEP, le Conseil de sécurité des Nations unies et, tout récemment, par l’Assemblée générale des Nations unies. Il a nommé 25 nouveaux ministres. Et la mort tragique hier (25 septembre) de Mme Akila al-Hachemi est en fait venue donner à ses collègues une raison supplémentaire de poursuivre leur tâche, en leur rappelant une fois encore que l’avenir de l’Irak est entre leurs mains. Certes, le développement politique n’aboutira que s’il se double d’un développement économique. Il a donc été entrepris toute une gamme de projets, notamment de réparation, qui permettront pour la première fois depuis des générations d’assurer la fiabilité de l’infrastructure. La réparation de l’infrastructure psychologique, elle, sera malheureusement plus difficile. L’économie a été minée pendant longtemps par les subventions généralisées, le vol et un marché noir substantiel. Mais l’Irak a toujours disposé des ressources naturelles et humaines dont il avait besoin pour nourrir sa population et alimenter l’économie et les Irakiens doivent à présent trouver la volonté de le faire. Nos forces armées ont déblayé le chemin et l’Autorité provisoire de la coalition aide à présent à constituer une société civile saine qui sera en mesure de soutenir une économie de marché et un gouvernement représentatif, avec de meilleures écoles, de meilleures banques locales, de meilleurs hôpitaux, mais aussi des associations de parents d’élèves et des conseils municipaux locaux, et des emplois rémunérés grâce aux contrats de reconstruction.

Certes, pour que tous ces vaillants efforts réussissent, il faut que la sécurité soit assurée. Nous continuerons donc à cette fin de recruter et de former des forces irakiennes pour assurer le maintien de l’ordre dans les lieux publics et pour protéger les gens et les biens. Et en fait, la demande de fonds supplémentaires du président prévoit 5 milliards de dollars de plus pour cette seule tâche.

Je crois que les Irakiens, dans leur grande majorité, ont soif de retrouver une vie normale. Et je crois que c’est là un désir qui finira par se réaliser. En fait, je soupçonne que l’un des principaux défis que nous avons à relever est celui de la patience. Une fois encore, la démocratie n’est pas un remède instantané. C’est un système composé d’éléments imbriqués, de groupements de citoyens, d’institutions et, en fait, d’entreprises commerciales et industrielles, qui ne peut s’établir que progressivement lorsqu’il ne leur a pas été permis de se développer librement. Si la coalition quitte le pays prématurément, tout ce que nous avons accompli jusqu’ici, tous les sacrifices de nos soldats et des millions d’Irakiens qui aspirent à une vie meilleure pourraient être rapidement réduits à néant.

Je sais bien que l’on m’avait demandé de vous parler aujourd’hui de la puissance nationale dans son ensemble, sujet quelque peu modeste, dois-je dire. Et il peut sembler que j’aie pris une tangente et que je me sois écarté de ce sujet magistral en concentrant mon propos à ce point sur l’Irak. En fait, je suis sûr que l’Irak a été le thème dominant de la présente conférence et il convient qu’il en soit ainsi. Car il se pourrait fort bien que l’Irak soit un cas type d’une importance critique pour le siècle nouveau. Je crois, en fait, que nos actions d’aujourd’hui en Irak détermineront le type de monde que nous souhaitons et la place que l’Amérique y occupe.

Ce qu’il faudra pour réussir en Irak, une direction américaine confiante s’exerçant dans le cadre d’un vaste effort mondial, en coopération avec de nombreuses nations, c’est aussi ce qu’il faudra pour relever les autres grands défis de notre temps. Ces défis comprennent la reconstruction de l’Afghanistan et le maintien de la grande coalition mondiale contre le terrorisme, la persuasion qui l’emportera contre les ambitions nucléaires de la Corée du Nord et de l’Iran et l’apport de la paix à Israël et à la Palestine. Mais il s’agira également de faire face de manière adéquate à des défis d’une ampleur aussi vaste que celui du VIH/sida, pour lesquels il ne saurait y avoir de solution militaire, ou même de tirer parti de possibilités exceptionnelles qui se présentent dans les domaines de l’expansion du commerce et de l’investissement, du partage de la propriété intellectuelle, de la productivité agricole et des technologies de l’information. Il faudra pour cela un système mondial de partenariats.

Pour les Etats-Unis, il s’agit d’appartenir à des organisations multilatérales productives, comme une OTAN revitalisée et en expansion, une OMC au service des intérêts de tous ses membres et des entreprises telles que l’Initiative du partenariat du Moyen-Orient. Mais il s’agit également d’entretenir un réseau de relations avec nos alliés de longue date en Europe et nos amis les plus récents de par le monde pour y inclure la Russie et la République populaire de Chine, qui sont intervenus de plus en plus en tant que partenaires en faveur de diverses causes communes allant du commerce et de l’investissement à la guerre contre le terrorisme. A ce propos, nous nous attendons à ce que le président Poutine et le président Bush puissent tirer parti de leurs relations personnelles cordiales pour approfondir les relations qui unissent nos deux pays lors de leur sommet de Camp David ce soir et demain (26 et 27 septembre).

Je crois que nous connaissons tous le sondage du Pew Research Center sur les attitudes mondiales, qui a mis en évidence un fort courant d’anti-américanisme dans le monde. Mais il ne faut pas oublier que ce même sondage a également révélé l’existence d’un courant tout aussi fort d’admiration pour les valeurs américaines. Et donc si les gens du monde entier réagissent instinctivement de manière négative devant la concentration du pouvoir entre les mains de l’Amérique, la conjoncture actuelle va bien plus dans le sens des intérêts de toutes les nations que les autres options. Il est certain qu’un retour à une concurrence entre superpuissances avec l’épée de Damoclès de l’annihilation n’est dans l’intérêt de personne, de même qu’il n’est dans l’intérêt de personne d’imposer au monde un modèle de gouvernance de l’Etat fondé sur la répression et sur la privation sélective. Assurément, il y a des mesures à appliquer, notamment une coopération plus cordiale dans le cadre d’efforts multilatéraux valables et une diplomatie publique affinée, que nous pouvons prendre pour atténuer l’animosité et réduire quelque peu l’anxiété accumulée.

Mais la vérité essentielle est que les Etats-Unis proposent au monde un modèle flexible de gouvernement représentatif, qui prospère dans un contexte où les esprits et les marchés sont libres. C’est un modèle qui repose sur des valeurs que les gens du monde entier désirent et qui ne sont assurées qu’à trop peu d’entre eux. En fait, des millions de gens de par le monde aspirent à ces valeurs en dépit de leur gouvernement. Il ne faut donc pas s’étonner que certains gouvernants veuillent détourner l’attention au moyen d’un anti-américanisme pratique.

C’est ce désir fondamental de vivre libre qui constitue la base de la stratégie de sécurité nationale du président Bush, qui doit l’emporter contre les terroristes, qu’ils soient indépendants ou qu’ils tiennent un Etat en otage, et qui doit promouvoir et appuyer le développement d’institutions démocratiques dans tout le Moyen-Orient et dans le monde.

Et donc, il y va de l’intérêt du monde de voir une Amérique forte qui réussit, tout comme il y va de l’intérêt du monde de connaître le succès en Irak. Pas parce que les autres nations sont d’accord avec toutes les décisions prises par notre gouvernement, mais parce que l’autre terme de l’alternative serait un échec inacceptable, une victoire pour la terreur, une victoire pour le chaos et une victoire pour la tyrannie. Il y va de notre intérêt d’agir avec nos partenaires et avec les Nations unies pour aider l’Irak et, ce faisant, de nous aider nous-mêmes à définir notre nation dans un siècle nouveau en tant que force pérenne favorable à la prospérité dans un monde en paix.

Et donc au bout du compte, ce soldat américain présent sur ce terrain qu’il contrôle doit représenter davantage que la puissance d’une magnifique armée. Il doit représenter la puissance de nos idéaux. C’est la prééminence de ces idéaux qui a conféré à notre nation une telle prédominance à ce point de la conjoncture historique. Et c’est cette image de ce jeune Américain résolu, présent dans le monde, qui, en définitive, illustre le mieux l’étendue de notre puissance nationale.

La traduction officielle du discours de Richard Armitage a été effectuée par le département d’État.