La Commission alloue 31,75 millions d’euros à l’aide humanitaire aux populations vulnérables en Irak

Poul Nielson, le Commissaire européen chargé du développement et de l’aide humanitaire, a déclaré : « Il s’avère que la situation actuelle en Irak est l’un des plus grands défis jamais lancé à la communauté internationale et ce, non pas uniquement en raison de circonstances sécuritaires extrêmes. En dépit de conditions de travail difficiles et souvent dangereuses, les partenaires d’ECHO en Irak continuent de fournir une aide précieuse aux Irakiens les plus vulnérables. La Commission demeure résolue à apporter tout le soutien et l’assistance possibles aux organisations partenaires en Irak, afin de leur permettre de poursuivre leurs actions d’aide humanitaire, essentielles pour ce pays ».

Le conflit Iran-Irak, la première guerre du Golfe, la faiblesse des dépenses de l’État et plus de douze années de sanctions économiques ont contribué à la lente dégradation des infrastructures irakiennes. Lorsque la guerre a éclaté, le 20 mars 2003, l’Irak connaissait déjà de graves difficultés humanitaires. Le conflit et l’insécurité induite n’ont fait que les exacerber. En Irak, 7,7 % des enfants de moins de 5 ans examinés souffrent actuellement de malnutrition aiguë, contre 4 % l’an passé. Le nombre de femmes irakiennes mortes durant une grossesse ou lors d’un accouchement a pour ainsi dire triplé depuis 1990, les taux de mortalité infantile ont doublé au cours de la dernière décennie et les risques d’épidémie ont augmenté. Il ne s’agit là que de quelques indicateurs d’une situation humanitaire qui continue d’exiger de notre part l’attention la plus extrême.

Entre 1992 et 2003, ECHO a fourni à l’Irak une aide humanitaire d’un montant de 157 millions d’euros. Les activités financées au titre de la présente décision se fonderont sur l’expérience engrangée au cours de cette période.

Elles comprennent, notamment :

- Santé
Le secteur de la santé, déjà sévèrement touché par 20 années de sous-investissement, de mauvaise gestion et de conflit, a vu sa situation se dégrader encore par le pillage consécutif à la guerre. L’objectif est de renforcer l’accès à des services de soins de santé efficaces et de soutenir la surveillance des maladies et la surveillance nutritionnelle. Parmi les activités figureront la remise en état des centres de premiers soins, la fourniture de matériel médical et de médicaments, le soutien à la santé des mères et des enfants, la promotion de programmes de sécurité transfusionnelle et l’aide à l’élaboration de systèmes fiables d’information en matière de santé. Selon des estimations, 1,5 million de personnes bénéficieraient de ces activités ;

- Approvisionnement en eau et installations sanitaires
L’approvisionnement en eau par habitant aurait déjà diminué de moitié avant la guerre. Depuis la fin de la guerre, la capacité en eau dans certains gouvernorats aurait encore été réduite de moitié. D’après des estimations, 50 % des installations de traitement des eaux usées seraient hors service, les eaux résiduaires étant de ce fait déversées dans les fleuves et les cours d’eau. La décision vise à accroître l’accès à une eau potable sûre et à améliorer l’environnement sanitaire. Les actions prévues comprennent notamment la remise en état d’urgence des infrastructures d’approvisionnement en eau, l’alimentation en eau potable, ainsi que la remise en état des installations de traitement des eaux usées et des stations de pompage. Quelque 1,5 million de personnes seront concernées par ces actions (voir aussi IP/03/942) ;

- Éducation
Il est estimé que 80 % des écoles irakiennes nécessiteraient une remise en état importante. En outre, 60 % des écoles secondaires ne disposeraient pas de systèmes de tout-à-l’égout en état de marche et plus de 70 % d’entre elles auraient des toilettes et latrines inutilisables. Cette situation fait courir des risques importants à la santé des enfants. Des fonds seront affectés à la remise en état des écoles, et en particulier à l’amélioration de leurs installations sanitaires et d’alimentation en eau, afin d’améliorer les conditions élémentaires d’hygiène dans ces établissements. Deux millions d’enfants en bénéficieront ;

- Déminage
L’Irak serait le pays dont le taux d’accidents dûs à des mines terrestres et à des bombes non explosées est le plus élevé au monde, 394 victimes ayant été recensées en l’espace d’un mois et demi. En plus des nombreuses victimes, les mines entravent la fourniture d’aide humanitaire. Par la collecte et la diffusion d’informations sur la localisation probable des zones minées, ainsi que par la fourniture d’une formation à la sécurité relative aux mines terrestres, à l’intention des acteurs humanitaires, l’objectif est de réduire la menace immédiate pour la population et l’acheminement de l’aide humanitaire posée par les mines terrestres (voir aussi IP/03/807) ;

- Aide d’urgence aux personnes déplacées
La guerre n’a pas déclenché les déplacements massifs de population redoutés. Des poches de personnes déplacées existent toutefois à travers le pays. Parmi elles, beaucoup ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Au nombre des activités figurent la fourniture d’abris d’urgence, de services médicaux et d’approvisionnement en eau de base, de compléments alimentaires pour les enfants souffrant de malnutrition et des mesures visant à réduire l’insécurité alimentaire ;

- Sécurité
La situation instable sur le plan de la sécurité reste le problème numéro un en Irak et le principal obstacle à la fourniture efficace d’aide humanitaire. Afin de renforcer la capacité des partenaires d’ECHO à poursuivre leurs actions humanitaires, un volet spécial sera consacré au renforcement des mesures de sécurité et de coordination.

En mars 2003, la Commission a annoncé que 100 millions d’euros de fonds d’urgence allaient être octroyés pour faire face aux nouveaux besoins découlant de la guerre en Irak (21 millions d’euros de son budget ordinaire et 79 millions d’euros de fonds extraordinaires de la réserve d’urgence du budget). Avec cette sixième décision en 2003, la totalité des 100 millions d’euros affectés à l’Irak a désormais été allouée. La mise en œuvre des actions financées au titre des cinq décisions précédentes est bien avancée à l’heure actuelle.

Référence : DN : IP/04/3