Après avoir affirmé que s’il avait été membre du Congrès à ce moment-là, il aurait « probablement » voté en faveur du texte autorisant le recours à la force contre Saddam Hussein, Wesley Clark a nié avoir tenu ces propos et a insisté sur le fait qu’il avait toujours été opposé à cette guerre. Dans un certain sens, il est même devenu encore plus virulent que Howard Dean et il utilise sa carrière pour affirmer avec autorité que le renversement de Saddam Hussein n’était pas nécessaire et que cela nous a détourné de la vraie guerre au terrorisme : la traque d’Oussama Ben Laden et la lutte contre Al Qaïda.
Il a également mis en doute l’intégrité du président en prétendant que George W. Bushaurait délibérément trompé les États-Unis sur la menace irakienne, les armes de destruction massive et les liens du dictateur avec le terrorisme. Malheureusement pour Clark, la semaine dernière, les déclarations qu’ils avaient faites à la veille du vote du Congrès concernant l’Irak ont été révélées et elles confirment ce qu’affirmaient à l’époque le président. Le général déclarait le 26 septembre 2002 que l’Irak avait des capacités de production d’armes chimiques et biologiques et cherchait à développer un programme nucléaire qu’il tenterait d’utiliser contre Israël. Selon lui, le problème posé par l’Irak ne pouvait pas être repoussé indéfiniment et il affirmait soutenir le président dans sa détermination à convaincre l’ONU d’agir. Il soutenait le programme d’inspection en affirmant qu’il donnerait la légitimité nécessaire à l’action pour les États-Unis. Enfin, même sans preuve, il lui semblait « naturel » qu’Al Qaïda et l’Irak aient eu des liens.
Wesley Clark peut librement dire qu’il se trompait à l’époque ou qu’il a changé d’avis, mais pas qu’il a toujours eu la même position qu’aujourd’hui. En outre, il ne devrait pas affirmer que s’il était président des évènements comme le 11 septembre ne se reproduiraient plus car personne n’est en mesure de faire de telles promesses.

Source
Washington Times (États-Unis)
Propriété du révérend Sun Myung Moon (Église de l’Unification).

« Misleadership », par Franck J. Gaffney Jr., Washington Times, 20 janvier 2004.