Les deux vainqueurs du caucus de l’Iowa n’ont peut-être pas adopté la rhétorique dure de Howard Dean, mais ils partagent son incapacité à avoir une vision ferme et réaliste de la guerre au terrorisme. Ainsi, John Kerry a promis de traiter l’ONU comme un partenaire entier dans la guerre au terrorisme malgré l’incapacité de cette organisation à définir le terrorisme, ne parlons même pas de le combattre, et bien que cette organisation cherche davantage à nous refreiner qu’à nous aider. De son côté, le sénateur John Edwards a multiplié les déclarations rassurantes concernant la sécurité intérieure, mais construire une nouvelle ligne Maginot ne sert à rien.
Il faut être prêt à affronter l’ennemi frontalement, ce que les Démocrates n’osent pas faire. Après le 11 septembre, le président George W. Bush a redéfini notre stratégie en affirmant que nous ne ferions plus de distinction entre les terroristes et les pays qui les abritent. Cela mettait fin à la pratique précédente qui assimilait le terrorisme à une affaire pénale. C’est ce qui a permis aux Talibans de se renforcer sans être jamais menacés alors qu’ils accueillaient des terroristes sous la présidence de Bill Clinton.
Il faut que Kerry et Edwards répondent aux questions qui demeurent sur la poursuite de la politique actuelle. Les Démocrates sont-ils prêts à faire face à des affrontements diplomatiques en s’attaquant aux États protégeant les terroristes ? Sont-ils prêts à réévaluer les relations avec l’Arabie saoudite qui soutient le terrorisme ? Sur ce point, Wesley Clark a affirmé qu’il était en faveur de la constitution d’un bataillon états-uno-saoudien et Howard Dean a préconisé de diminuer la consommation d’énergie pour limiter les fonds dont disposent Riyad. C’est insuffisant.
Si les Démocrates sont sérieux dans leur lutte contre le terrorisme, ils doivent expliquer ce qu’ils feront pour détruire le terrorisme et changer les politiques ou les régimes des États qui les soutiennent, y compris l’Arabie saoudite.

Source
New York Times (États-Unis)
Le New York Times ambitionne d’être le premier quotidien global au travers de ses éditions étrangères.

« Big Test for the Contenders », par David Frum et Richard Perle, New York Times, 21 janvier 2004.