Je vous remercie. C’est un plaisir pour moi que de pouvoir vous
souhaiter la bienvenue aujourd’hui au département d’Etat. Vos
Excellences, Madame la Ministre Veneman [ministre de l’agriculture],
membres du Congrès, Mesdames et Messieurs, je me joins au principal
organisateur de cette cérémonie, le sous-secrétaire d’Etat Al Larson
[sous-secrétaire d’Etat aux affaires économiques, commerciales et
agricoles], pour vous accueillir ici.

Au nom du peuple américain, au nom du président Bush, nous sommes
rassemblés ici afin de rendre grâce au ciel pour le grand Etat de
l’Iowa.

Nous remercions l’Iowa et John Ruan de parrainer le Prix mondial de
l’alimentation, nous remercions l’Iowan Ken Quinn de sa direction
inspirée, et surtout, nous saluons l’enfant de l’Iowa qu’est Norman
Borlaug pour avoir créé le Prix mondial de l’alimentation et pour son
travail - récompensé aussi par un prix - dans le domaine de la lutte
contre la faim.

Al Larson est, lui aussi, originaire de l’Iowa. Les représentants King
(républicain) et Boswell (démocrate), qui je pense sont présents ici
aujourd’hui, sont aussi originaires de l’Iowa. Et comme le savent tous
ceux qui ont étudié le système politique américain, si vous voulez
devenir président des Etats-Unis, c’est dans l’Iowa que vous devez
commencer.

Dans cette salle magnifique qui porte le nom du grand scientifique et
père de la révolution américaine Benjamin Franklin, il est juste que
nous honorions le Dr Borlaug, père de la révolution verte. Grâce à son
travail de pionnier dans les années 1960 sur les variétés de blé à
haut rendement, un nombre incalculable d’hommes, de femmes et
d’enfants qui ne connaîtront jamais son nom peuvent se coucher le soir
sans avoir le ventre vide.

Les découvertes scientifiques du Dr Borlaug ont réduit les souffrances
inutiles et sauvé des millions de vies humaines. Il a inspiré de
nouvelles générations de chercheurs partout dans le monde qui ont pris
le relais de la lutte contre la faim et ont réalisé de nouvelles
percées.

Cette année, nous célébrons les résultats obtenus par le
Sierra-Léonais Monty Jones et le professeur chinois Yuan Long Ping qui
ont reçu le Prix mondial de l’alimentation pour leurs travaux sur les
variétés à haut rendement de riz. Ils font honneur à leur pays et ont
rendu un immense service à l’humanité, et il convient que nous
reconnaissions leurs accomplissements cette année, Année
internationale du riz.

Mes amis, ces premières années du nouveau siècle sont riches de
promesses. Les progrès scientifiques et techniques que nous
applaudissons aujourd’hui nous offrent l’occasion historique de mettre
de la nourriture sur la table de millions de personnes affamées et de
leur permettre d’échapper à la misère. Oui, la promesse est belle mais
le besoin est grand. Nous connaissons les faits, nous avons les
statistiques en tête. Aujourd’hui, plus de 800 millions de personnes
sont très mal nourries, dont près de 80 % des femmes et des enfants,
les plus nécessiteux, les plus vulnérables.

A la différence du passé, au XXIe siècle, la famine n’est plus
inéluctable mais son spectre hante toujours des millions d’individus,
surtout dans la Corne de l’Afrique. Le président Bush a fait de la
lutte contre la faim et la pauvreté un "impératif moral" et elle l’est
assurément, pour nous tous. Le président s’est engagé à poursuivre la
tradition américaine, d’être le principal fournisseur mondial d’aide
alimentaire d’urgence et il est déterminé à briser le cycle de la
pauvreté et à élargir le cercle de la prospérité partout dans le
monde.

Le président Bush reconnaît aussi les implications profondes de la
faim sur la stabilité, la prospérité et la démocratie partout dans le
monde. Le fait est que les pays où la sécurité alimentaire la plus
fondamentale fait défaut sont aussi des pays instables qui exportent
leur instabilité dans d’autres pays ; que les individus affaiblis par
la malnutrition chronique, dont chaque instant de vie est un effort
désespéré pour survivre, sont incapables d’impulser des économies
florissantes ou de constituer des sociétés civiles dynamiques.

Pour toutes ces raisons, le président Bush a fait sien l’objectif du
Sommet mondial de l’alimentation de 1996, de réduire de moitié le
nombre des personnes souffrant chroniquement de la faim d’ici à 2015.
Pour ce faire, la communauté internationale doit réduire le nombre des
personnes sous-alimentées de 22 millions en moyenne par an. Or,
aujourd’hui, le nombre des individus souffrant de la faim ne baisse
que de 6 millions par an.

Nous avons donc un défi énorme à relever et c’est pourquoi le Prix
mondial de l’alimentation et tous les autres efforts faits pour
attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes
de la faim et de la pauvreté sont tellement importants.

Les pays développés et en développement, les grandes entreprises et
les organisations confessionnelles, les associations agricoles et les
institutions financières, les scientifiques et les simples paysans
doivent oeuvrer en partenariat comme jamais ils ne l’ont fait avant.

Nous avons des raisons d’être optimistes. L’expérience nous a appris
que la ténacité et la technologie, la bonne gouvernance et l’aide axée
sur la croissance peuvent mettre des outils dans les mains, du pain
sur la table et de l’espoir dans le coeur de millions de personnes.

Pour ce qui nous concerne, les Etats-Unis aident à faire reculer la
faim de multiples manières ; permettez-moi d’en citer quelques-unes :
outre nos contributions à l’aide d’urgence, nous luttons contre la
faim par le biais d’approches novatrices au développement.
L’initiative du Compte du millénaire (le MCA, comme nous l’appelons)
lancée par le président Bush est d’une ampleur sans précédant.

Le MCA est le plus important programme international d’aide au
développement depuis le Plan Marshall. Le Congrès a autorisé un
milliard de dollars pour la première année du MCA et ce financement
passera à 5 milliards par an à compter de 2006. Cela représente une
augmentation de 50 % du programme américain d’aide extérieure.

Les pays pauvres qui pratiquent une bonne gouvernance, qui adoptent de
bonnes politiques économiques et qui investissent dans leur société et
dans la règle du droit pourront recevoir des financements du MCA. Les
projets visant à moderniser l’agriculture et à augmenter la
productivité agricole seront ciblés en priorité.

Nous aidons aussi à combattre la faim par le biais de notre travail
avec les principaux pays industrialisés, connus sous le nom de G8 [le
Groupe des Huit - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie,
Japon, Royaume-Uni, Russie]. L’an dernier, nous avons aidé à lancer
une initiative du G8 pour éliminer la famine et améliorer la sécurité
alimentaire. Cette année, la présidence tournante du G8 nous est
revenue et nous poussons le plan d’action qui favorisera la
vulgarisation des dernières découvertes scientifiques et techniques
permettant aux agriculteurs des pays en proie à l’insécurité
alimentaire de bien gagner leur vie, de nourrir leur famille et
d’alimenter leur collectivité.

En ce XXIe siècle, personne, homme, femme ou enfant, ne devrait subir
les affres de la faim. En attirant l’attention sur les réussites de
ceux qui sont aux premières lignes du combat contre la faim, comme
nous le faisons aujourd’hui, nous renforçons le message que le combat
contre la faim est un combat que le monde peut gagner. Et nous le
gagnerons. Nous devons le gagner.

J’ai maintenant le plaisir de vous présenter une personne qui s’est
entièrement investie dans ce combat, mon amie et collègue, Ann
Veneman, notre 27e ministre de l’agriculture. Ann a grandi dans le
verger de pêchers de sa famille, près de Modesto en Californie. Moi,
j’ai grandi dans le Bronx [quartier populaire de New York]. Non
seulement il n’y avait pas de pêchers dans le Bronx, mais il n’y avait
pas d’arbres.

Mais aujourd’hui, nous avons beaucoup de choses en commun. C’est un
plaisir que de travailler avec elle à toute une gamme de problèmes
humanitaires et de développement où politique étrangère et politique
agricole se rejoignent. Si l’on m’avait dit, lorsque je suis devenu
secrétaire d’Etat, que j’aurais à m’occuper tellement de
l’agriculture, je ne l’aurais pas cru. Mais Ann et moi travaillons
ensemble sur beaucoup de questions parce que les problèmes qu’elle
traite et mes problèmes de politique étrangère sont tellement
imbriqués.

Ann s’est ardemment engagée dans la lutte contre la faim et son
dynamisme garantit que l’Amérique restera au premier plan des efforts
internationaux visant à construire un monde rempli d’espoir et d’où la
faim aura disparu.

J’ai le grand plaisir de vous présenter mon amie et collègue, la
ministre de l’agriculture, Ann Veneman.

Traduction officielle du département d’État