Tendances et événements au Proche-Orient

Washington a commenté la visite à Damas de Nouri al-Maliki, en affirmant qu’il attendait des « propos forts » de la part du Premier ministre irakien à l’adresse des dirigeants syriens. Cette réaction états-unienne rappelle celles qui ont accompagné les différentes étapes de la tournée régionale de M. al-Maliki, notamment sa visite à Téhéran. Le président George Bush avait personnellement et publiquement conseillé au Premier ministre irakien de ne pas trop compter sur les Iraniens et de faire preuve de fermeté avec eux. Les responsables états-uniens avaient exprimé une réaction similaire après la visite à Kaboul du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, et sa rencontre avec son homologue afghan, Hamid Karzaï.
En dépit de ces commentaires, il existe des réalités incontournables : en raison de considérations liées au voisinage et aux intérêts communs, la glace imposée par les États-uniens est en train de fondre entre l’Iran, l’Irak et l’Afghanistan, et plus récemment, entre Bagdad et Damas.
La visite de M. al-Maliki en Syrie a sans doute été encouragée par les Iraniens et n’a pas rencontré d’objections états-uniennes, d’autant qu’elle intervient après la rencontre sécuritaire régionale et internationale sur l’Irak, organisée il y a deux semaines en Syrie. Mais ce contact entre les deux pays voisins a surtout été dicté par deux impératifs :
- 1. L’importance des intérêts communs et le recul de la capacité de blocage états-unienne en raison des déboires des troupes d’occupation et leurs échecs successifs en Irak.
- 2. La recherche par l’Irak d’un rôle syrien pour parrainer un dialogue direct avec des groupes de la Résistance et de l’opposition irakiennes, qui entretiennent des relations anciennes et étroites avec la Syrie.

Presse et agences arabes et internationales

NEW YORK TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Thomas Friedman affirme que le général David Petraeus et l’ambassadeur Ryan Crocker répondront le mois prochain à la question de savoir si l’augmentation des effectifs des GI’s en Irak a été un succès. « Mais à regret, l’opinion de ces deux hommes ne m’intéresse pas, c’est celle du lecteur qui passe en premier, dit-il. Et celui-ci semble savoir des choses bien plus qu’on ne le pense ». Le journaliste ajoute que toute initiative de paix israélo-arabe a besoin d’un expert pour être expliquée aux gens. « De toute façon, ces initiatives ne méritent même pas d’être examinées car elle n’apporteront rien ».
« L’initiative de paix saoudienne ne mènera nulle part car la dimension sentimentale et affective y est absente, de plus, elle a été envoyée aux Israéliens par fax. Et les peuples n’échangent pas la terre contre la paix à l’aide d’une télécopie ».
Au sujet de l’Irak, Thomas Freidman pense que la Maison-Blanche va dire que la stratégie de Bush a réalisé des succès partiels et nécessite plus de temps pour donner des fruits.

• À moins d’un mois de l’évaluation très attendue de la stratégie états-unienne en Irak devant le Congrès, celle-ci est d’ores et déjà mise à mal par deux influents sénateurs - démocrate et républicain - tout juste rentrés d’Irak et des experts de tous bords.
Le général David Petraeus, commandant de la force multinationale en Irak, et l’ambassadeur des États-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, désignés par le président George Bush pour évaluer la nouvelle stratégie visant à mettre fin aux violences confessionnelles, rendront compte de la situation le 11 ou 12 septembre devant le Congrès.
Deux influents sénateurs US de retour d’Irak ont toutefois exprimé lundi leur pessimisme sur le succès de cette mission.
Si cette stratégie lancée au début de l’année « est parvenue à réduire la violence dans certains secteurs », le « but de ce plan était de donner leur chance aux responsables irakiens », a relevé le démocrate Carl Levin, président de la commission des Forces armées du Sénat. Mais il a estimé que tel n’était pas le cas.
M. Levin espère ainsi que « le Parlement irakien, lorsqu’il fera sa rentrée (en septembre), voter(a) pour retirer sa confiance au gouvernement Maliki et aur(a) la sagesse de le remplacer par un Premier ministre et un gouvernement » moins influencés par leur croyance religieuse.
Auparavant, dans un communiqué conjoint avec son collègue républicain John Warner, M. Levin avait qualifié de « dernière chance » les récentes rencontres entre responsables irakiens « pour résoudre la crise politique irakienne ».
Si « cela échouait, ont relevé les deux sénateurs, le Conseil des représentants irakien et le peuple irakien doivent évaluer les résultats du gouvernement irakien et déterminer quelles démarches entreprendre - en accord avec la Constitution irakienne - pour former un vrai gouvernement d’union qui fasse face à ses responsabilités ».

• Selon une étude, 53 % des experts interrogés par Foreign Policy et le Center for American Progress ont déclaré que l’augmentation des troupes en Irak avait un impact négatif sur les objectifs de sécurité nationale et de lutte contre le terrorisme. Près d’un tiers d’entre eux estiment que l’impact a été nul.
En février, quelques semaines après l’annonce par George W. Bush de l’augmentation du nombre de troupes en Irak, seulement 31 % des experts interrogés estimaient l’impact négatif. Depuis février, 30 000 militaires supplémentaires ont été déployés en Irak, portant à 162 000 le niveau des troupes actuel.
Plus d’une centaine d’experts ont pris part à cette étude, dont deux anciens secrétaires d’État, un ancien conseiller à la sécurité nationale et d’anciens responsables militaires et du renseignement, indique Foreign Policy dans un communiqué.
Parmi les experts se disant conservateurs, 36 % estiment que l’augmentation des troupes n’a pas eu d’impact et 28 % disent que l’impact a été négatif.
59 % des experts se classant parmi les modérés jugent que l’impact a été négatif tandis que 31 % d’entre eux estiment que la hausse des effectifs n’a eu aucun impact.
Enfin, 68 % des libéraux disent que l’impact a été négatif, 23 % d’entre jugeant qu’il a été nul.
Concernant un retrait des troupes d’Irak, 68 % des experts interrogés estiment qu’il devrait avoir lieu dans les 18 prochains mois, mais 79 %, toutes tendances confondues, se disent opposés à un retrait immédiat.
Les experts, sollicités pour évaluer la gestion de la guerre en Irak par l’administration Bush, ont donné une note globale de 2,9 sur une échelle de dix points.

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MAARIV (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
• Shlomo Gazit, ancien chef des renseignements militaires, déclare que la région est confrontée au danger d’une guerre qui pourrait éclater au Liban-Sud ou sur les hauteurs du Golan syrien occupé. Il y a une impression que la Deuxième guerre du Liban s’est arrêtée, l’année dernière, alors qu’elle était à son paroxysme. En Israël, on craint que le Hezbollah ou la Syrie ne prennent l’initiative d’un nouveau conflit car ils ont appris de la dernière guerre que le « géant israélien » n’était pas tellement effrayant. De leur côté, Beyrouth et Damas estiment qu’Israël projette une nouvelle guerre pour retrouver sa force de dissuasion qu’il a perdue en été 2006. Et malgré les assurances des deux parties qui affirment qu’elles ne souhaitent pas une nouvelle confrontation, celle-ci pourrait quand même avoir lieu. Face à la transparence des Israéliens, la Syrie, elle, joue dans le flou. Que signifie la tournée d’Ehud Olmert à la frontière sous les objectifs des caméras ? Et que veulent dire les déclarations du ministre de la Défense Ehud Barak qui a assuré qu’Israël ne souhaitait pas la guerre aujourd’hui. Qu’en est-il de demain ?
• L’expert en questions militaires, Amos Jalbouh, estime que le calme qui règne sur le front nord d’Israël est le fruit d’une décision stratégique de l’alliance Syrie-Iran-Hezbollah. Mais ce calme pourrait être remis en question en septembre à l’occasion de l’élection présidentielle au Liban. Des rapports de renseignement fiables assurent que le Hezbollah a reconstruit son infrastructure militaire et s’est équipé de milliers de missiles d’une portée de 110 kilomètres.

AFP (AGENCE FRANCE PRESSE)
• L’armée israélienne, dotée d’un budget pluriannuel et d’une aide états-unienne à la hausse, a réexaminé lundi ses priorités et sa stratégie à long terme, un an après ses ratages durant la guerre au Liban.
« Nous allons prendre en compte tous les éléments disponibles afin d’arrêter les décisions les plus justes permettant à l’armée de relever les défis des prochaines années », a indiqué le ministre-adjoint de la Défense Matan Vilnaï, avant un forum à l’état-major militaire à Tel-Aviv.
À l’issue de ce séminaire de deux jours, le chef d’état-major, le général Gaby Ashkenazi, remettra un rapport et ses recommandations au Premier ministre Ehud Olmert, a-t-il précisé.
Pour la première fois depuis la création de l’État hébreu en 1948, la Défense pourra compter sur un budget pluriannuel grâce à un nouveau mécanisme du Trésor. En 2008, selon les prévisions, quelque 12 milliards de dollars devraient lui être affectés.
En outre, en vertu d’un protocole d’accord signé le 16 août, les États-Unis vont fournir à Israël durant la prochaine décennie une aide militaire de 3 milliards de dollars par an, pour trois quarts consacrée à l’achat d’armes US, et le reste à des armements fournis par des firmes israéliennes.
• Selon une source militaire israélienne, l’armée de l’air veut acheter aux États-Unis des nouveaux stocks de « bombes intelligentes », des avions de transports US de type Herculès, ainsi que 50 chasseurs-bombardiers F-35 à long rayon d’action échappant aux radars qui lui permettraient d’intervenir contre l’Iran.
La marine avance le même argument iranien pour exiger deux vedettes lance-missiles supplémentaires et deux sous-marins allemands Dauphins, en sus des trois déjà en service qui seraient capables de tirer des missiles nucléaires.
Le ministre de la Défense, Ehud Barak, jadis partisan d’une petite armée de métier hyper-performante et dotée du dernier cri de la technologie, entend à présent créer deux divisions de réservistes (6000 hommes chacune) pour étoffer les forces terrestres.
Celles-ci disposeraient de transporteurs israéliens « Merkava-Tigres » et du char « Merkava-4 » de conception israélienne au blindage renforcé.
Interrogé à la radio sur ce programme très coûteux, le député du Likoud (droite) Youval Steinitz, a estimé qu’il faudrait « trouver le juste équilibre assurant les besoins des forces terrestres, aériennes et navales ».
Cet ex-président de la Commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense ajoute cependant qu’« Israël doit en priorité mettre au point des systèmes défensifs et offensifs contre la menace des missiles » à moyenne et longue portée du Hezbollah, de la Syrie et de l’Iran.
M. Barak s’est aussi prononcé en ce sens, et les coûts risquent d’être d’autant plus élevés qu’Israël consacre aussi un important budget à son programme de satellites espions.
Durant l’été 2006, le Hezbollah a tiré plus de 4 000 roquettes contre la Galilée, contraignant un million d’Israéliens à se terrer dans les abris ou à se réfugier plus au sud.
Tirant les leçons de la guerre au Liban, le général de réserve Yftah Ron Tal, ex-chef des forces terrestres, affirme que « l’armée s’est fondée sur des conceptions erronées, comme la primauté de l’aviation et la fin des grandes guerres ». « L’armée de terre reste la reine des batailles, et il faut parallèlement développer la marine, l’aviation et le Renseignement pour faire face à l’Iran », a-t-il ajouté.

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
En dépit des assurances sur le fait qu’Israël n’a pas l’intention de lancer une guerre contre la Syrie, l’État hébreu s’apprête à lancer une offensive sur le front syrien à l’instigation des États-uniens. Des analystes israéliens affirment qu’Israël et la Syrie ont peur l’un de l’autre. Aussi, font-il une chose et son contraire, ce qui pourrait conduire à une guerre. S’adressant devant des officiers d’état-major, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a dit qu’en cas de guerre, l’État hébreu doit porter les combats sur le territoire ennemi et doit enregistrer une victoire nette avec le moins de pertes et de dégâts possibles dans les lignes arrière.
L’administration états-unienne, qui a empêché Israël de revenir à la table des négociations ces six dernières années, le pousse maintenant à se lancer dans une aventure militaire pour retrouver une partie de sa force dissuasive perdue après sa défaite l’année dernière face à la Résistance libanaise. De toute façon, Israël qui est un État agressif de nature, n’a pas besoin d’être encouragé pour mener des guerres.
• La Maison-Blanche a salué la visite à Bagdad du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, ce qui a été interprété par la presse états-unienne comme un feu vert.
« Les États-Unis se félicitent de la visite du ministre Kouchner à Bagdad », a dit le porte-parole de la Maison-Blanche pour les questions de sécurité nationale, Gordon Johndroe, à Crawford (Texas), où le président George W. Bush est en vacances dans son ranch.
« C’est un exemple de plus, après le renforcement du mandat de la Mission de l’Onu en Irak, les récentes conférences avec les voisins de l’Irak et la décision de l’Arabie saoudite d’ouvrir une ambassade à Bagdad et d’annuler la dette de l’époque de Saddam (Hussein) de la volonté croissante de la communauté internationale d’aider l’Irak à devenir un État stable et sûr », a ajouté M. Johndroe.
La visite de M. Kouchner est la première d’un responsable français de ce rang depuis l’invasion anglo-saxonne de mars 2003. Elle intervient alors que les présidents Nicolas Sarkozy et George Bush viennent d’afficher leur rapprochement.
Paris a depuis 2003 mis en sourdine ses critiques et s’était rapproché de Washington en soutenant la transition irakienne, mais a toujours refusé d’y envoyer des soldats.

UNITED PRESS INTERNATIONAL (AGENCE DE PRESSE ÉTATS-UNIENNE)
Après la réunion du Conseil des ministres saoudien, le ministre de la Culture et de l’Information, Iyad Ben Amine Madani, a déclaré : « Nous espérons que les alliances régionales seront mises à profit pour resserrer les rangs arabes et non pas les diviser ».

AL-WATAN (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
Il ne faut pas sous-estimer les dangers qui menacent le Proche-Orient à la lumière des troupes qui y sont acheminées. De même qu’on ne peut pas assurer avec certitude que la région est au seuil d’une guerre inévitable. Les événements se trouvent dans une zone trouble. Les contacts et les concertations en cours sont toujours dans une phase préparatoire avant de prendre une forme définitive qui déterminera le destin du Proche-Orient. Les États-Unis massent leurs forces face à l’Iran et les observateurs seraient enclins à croire que George Bush, qui a encore 19 mois avant la fin de son mandat, pourrait se lancer dans une aventure, ou pourrait demander à Israël de le faire à sa place. Une telle attaque contre l’Iran précipiterait la région dans une guerre totale, et c’est ce que les dirigeants et les peuples ne souhaitent pas.

Audiovisuel arabe

AL-ALAM (TELEVISION IRANIENNE ARABOPHONE)
Entrevue spéciale
- Invité : Cheikh Naïm Qassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah
Le Hezbollah est prêt à faire face à tous les défis qui se profilent à l’horizon.
Une nouvelle agression israélienne à moyen terme est improbable après la défaite de l’État hébreu face à la Résistance.
Israël n’a pas encore retrouvé toute sa force et n’a pas tiré les enseignements de la guerre de l’été 2006.
La victoire sur Israël inaugure une ère nouvelle non seulement pour le Hezbollah mais pour l’ensemble du monde arabo-musulman. C’est aussi une étape nouvelle pour Israël et les États-Unis.

Tendances et événements au Liban

Les assises élargies des chrétiens membres du 14-mars (partisans du gouvernement) organisées lundi à la résidence du chef de l’ancienne milice des Forces libanaises, Samir Geagea, ont constitué le principal événement dans l’actualité libanaise qui tourne autour de l’élection présidentielle.
Selon les analystes, Samir Geagea tente de créer un pôle chrétien face au général Michel Aoun, qui dirige le plus important bloc parlementaire de cette communauté (22 députés sur 128), et du Patriarche maronite Nasrallah Sfeir. _ Ce dernier a exprimé, ces derniers temps, deux positions qui vont à l’opposé de la stratégie des chrétiens du 14-mars : il s’est résolument déclaré en faveur du quorum des deux tiers des députés pour la séance d’élection d’un nouveau président, alors que le 14-mars envisage d’élire un chef de l’État à la majorité absolue (C’est le Parlement qui élit le président, toujours issu de la communauté maronite). Ensuite, le chef de la plus grande Église chrétienne du Liban a déclaré, dimanche, qu’il ne ferait pas objection à l’amendement de la Constitution « si cela aide à sauver le Liban ». L’amendement de l’article 49 de la Constitution devrait permettre l’accession à la première magistrature de l’État du commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane.
Après leurs assises, les chrétiens du 14-mars se sont franchement déclarés hostiles à tout amendement de la loi fondamentale. Ils ont par ailleurs laissé planer un doute sur leurs véritables intentions concernant le quorum de la séance d’élection du président. Mais ils ne sont pas parvenus à un accord sur un candidat unique, reflétant ainsi les profondes divergences qui minent leurs rangs en raison du nombre élevé de prétendant à la succession d’Émile Lahoud.
En parallèle, le chef de l’opposition, Michel Aoun, s’apprête à réunir ses alliés chrétiens pour appuyer sa candidature qui jouit du soutien du Hezbollah et d’autres figures sunnites et druzes du pays. Le général Aoun a réagi à la réunion des chrétiens du 14-mars en affirmant que s’ils se rendent coupables d’une violation de la Constitution, ils auront ouvert la voie aux autres pour prendre les mesures qui s’imposent pour défendre la souveraineté du pays.

Résumés d’articles relatifs au Liban

• Deux soldats ont été tués lundi dans le Nord du Liban, où les combats entre l’armée et les islamistes du Fatah al-Islam sont entrés dans leur quatrième mois, avec de violents bombardements sur le camp palestinien de Nahr el-Bared.
Trois mois jour pour jour après le début des combats, la justice libanaise a lancé des poursuites pour « meurtres et actes terroristes » contre plus de 200 personnes soupçonnées d’appartenir à ce groupuscule, dont la moitié ont été arrêtées.
Lundi matin, les hélicoptères de combat ont effectué six raids sur les positions des islamistes, accompagnés de bombardements aux obus de chars. Deux soldats ont été tués dans la journée, ce qui porte à 140 le nombre de militaires morts depuis le 20 mai.
« L’armée avance lentement mais sûrement. Elle fait preuve de prudence en raison du grand nombre d’immeubles minés dans le dernier carré sous contrôle des islamistes, ainsi que de la présence de snipers », a déclaré à la presse un porte-parole de l’armée.
Par ailleurs, trois roquettes tirées à partir du camp se sont abattues sur les localités de Bebnine, à quelques kilomètres au nord-est du camp, et de Deir Ammar, au sud, sans faire de victimes.
Depuis le 9 août, l’armée bombarde presque quotidiennement le camp de réfugiés avec des hélicoptères pour tenter de percer les bunkers souterrains où sont retranchés les islamistes.
Elle utilise depuis samedi des bombes de 400 kilos, alors que des bombes de 250 kilos étaient employées auparavant.
Sur le plan judiciaire, le procureur général du Liban, Saïd Mirza, a lancé des poursuites à l’encontre de 227 personnes, pour le meurtre de « 11 officiers et 129 soldats » libanais. 108 d’entre elles ont été arrêtées depuis le début des combats.
Parmi les suspects toujours en liberté figure le chef du Fatah al-Islam, Chaker el-Abssi, dont on ignore où il se trouve. Le numéro deux du groupe, Abou Houreira, a été tué récemment.
Les suspects sont également accusés d’avoir « perpétré des actes terroristes, porté atteinte à l’État et à ses institutions civiles et militaires, tiré des coups de feu et des roquettes sur l’armée libanaise, les forces de sécurité intérieures et des civils.
Les suspects sont libanais en majorité. Des Palestiniens, cinq Saoudiens, deux Syriens, un Tunisien et un Algérien figurent sur la liste.

Audiovisuel libanais

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Émission : Entre parenthèses
- Invité : Khaled Dakhil, écrivain saoudien
Les relations entre l’Arabie saoudite et la Syrie sont importantes pour les deux parties depuis 1970. Elles étaient l’un des piliers de la politique du président disparu Hafez al-Assad, qui avait établi de bons rapports avec tous les Arabes.
- Invité : Mohamed Habache, député syrien
La détérioration des relations entre la Syrie et l’Arabie saoudite et l’escalade entre les deux pays ne servent ni les intérêts de Damas ni ceux de Riyad.
Personne ne veut écarter l’Arabie saoudite de l’arène de la confrontation israélo-arabe.

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions arabe, anglaise et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise et arabe.