Le président soudanais est accusé par les États-Unis et le monde occidental de ne pas respecter les droits humains dans son pays.

Lundi 14 juillet, le procureur général de la Cour pénale internationale de La Haye, Luis Moreno-Ocampo, a même demandé qu’on délivre un mandat d’arrêt contre le président de la république, Omar Hassan al-Bashir. Il accusa le chef de l’État soudanais de crime contre l’humanité, de crimes de guerre et de génocide. Sans présenter de preuves, Moreno-Ocampo s’engagea ainsi, sur l’ordre de certains politiciens états-uniens, de l’Union européenne et d’Israël. Il fit état de 300 000 morts au Darfour, qui iraient sur le compte de Bashir. Mais il n’y eut pas de présentation de preuves, cela n’étant simplement pas possible.

En effet, s’il y eut vraiment 300 000 morts au Darfour, cela n’est pas à mettre sur le compte du gouvernement soudanais, ni du président du pays. Ils furent les victimes des prétendues troupes rebelles, ou plus exactement des escadrons de la mort, financés et armés par les États-Unis et l’Union européenne, qui envahirent le Darfour afin de déstabiliser le Soudan. Oman Hassan al-Bashir avait et continue d’avoir le droit de défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale du Soudan, y compris par les armes. Ce sont les agresseurs qui portent la responsabilité des victimes et non pas les défenseurs. Le président du Soudan n’avait aucun intérêt à commettre un génocide, bien au contraire.

Son but était de protéger la population du Darfour contre les bandes d’assassins et de pillards. C’est donc un grossier mensonge que de vouloir accuser le président Bashir de génocide. Moreno-Ocampo le sait parfaitement. C’est pourquoi, il n’échappe pas au reproche de forfaiture et de violation du droit. Il est au courant des crimes commis au Darfour par les escadrons de la mort, entrés dans le pays clandestinement. Il existe des preuves que ces bandes occupèrent des localités, incitèrent les populations à fuir au Tchad et tuèrent tous ceux qui n’obéirent pas. Puis, ils mirent ces crimes sur le dos des milices pro-gouvernementales opérant à cheval ou à dromadaires. La presse occidentale ne parle pas de ces faits, occupée qu’elle est de s’en prendre au gouvernement soudanais légitime ; on préfère évoquer des détails qui permettent de cacher la vérité.

Il ne s’agit pas seulement du fait que la Cour pénale de La Haye ne peut agir envers le Soudan, ni que le secrétaire général de l’ONU estima douteux ce mandat d’arrêt contre Bashir, ni que la Ligue arabe, dont le Soudan est membre, ainsi que l’Union africaine le refuse, estimant qu’il n’est pas de mise.

Il est étrange de devoir constater que Moreno-Ocampo, en tant que juriste, se prête à de telles forfaitures, servant le néocolonialisme des USA et de l’UE. Il s’agit d’ailleurs du même personnage qui refusa d’inculper le président Bush pour avoir déclenché les guerres d’agression contre l’Irak et l’Afghanistan, en violation du droit international. Il serait temps qu’il donne quelque explication quant à cette double morale ! Concernant la campagne de propagande contre le Soudan, on estime que la population allemande est suffisamment naïve pour qu’on puisse lui faire croire que l’Union africaine et la Ligue arabe sont d’un état d’esprit demeuré et que le secrétaire général de l’ONU a besoin de temps pour comprendre que l’accusation de La Haye est justifiée. On cache, bien sûr, les intérêts néocoloniaux des USA et de l’UE. On se garde aussi d’évoquer les forces qui se trouvent réellement derrière ce génocide, ces crimes de guerre et ces crimes contre l’humanité au Darfour. Pas plus qu’on ne dévoile les millions de dollars et d’euros dépensés par les gouvernements états-unien et européens en soutien aux escadrons de la mort qui ont le devoir de déstabiliser le Soudan afin que les multinationales occidentales puissent faire main basse sur le pétrole et d’autres matières premières du pays. On ne parle pas non plus de la perte de valeur des monnaies et de l’inflation aux États-Unis et en Europe occidentale, engendrant la perte des acquis sociaux, causées par de tels financements et par les guerres menées en Irak, en Afghanistan, en Somalie et ailleurs. Il va de soi qu’on tient à laisser les citoyens allemands dans l’ignorance.

Il est encore prétendu que le gouvernement soudanais s’en prend aux casques bleus de l’ONU ce qui aurait provoqué le retrait de ces soldats de la région du Darfour en crise. C’était une affirmation gratuite qui ne correspondait nullement au comportement du gouvernement de Khartoum. On assiste donc à une façon unilatérale de rapporter ce qui se passe au Darfour. Un des seuls articles de presse rapportant correctement les événements du Darfour est celui paru dans le quotidien allemand Junge Welt du 16 juillet 2008 à la page 2 et intitulé « Reproches motivés politiquement ». On y prend également position sur les reproches de l’Occident quant aux armements fournis au Soudan par la Chine, donnant la parole à ce pays pour expliquer son point de vue. Il en ressort clairement que ces reproches ignorent l’état de fait politique dans la question du Darfour. Les États occidentaux livrent sans vergogne des armes et des équipements aux prétendus groupes rebelles, particulièrement à deux d’entre eux (JEM et SAL). On veut donc interdire au Soudan de se défendre contre des génocidaires venus de l’étranger, qui – malgré les mesures d’embargo sur les armes décidées par le Conseil de sécurité – continuent à recevoir des armes des USA et de l’OTAN. Ainsi, on veut empêcher que le Soudan puisse se défendre contre les tentatives de déstabilisation. Les accusations des États occidentaux contre le président soudanais cachent le fait de vouloir, en réalité, affaiblir la Chine qui couvre une grande partie de ses besoins en pétrole au Soudan.

En effet, la Chine est l’épine dans le pied des États-Unis, du fait que
- 1. elle s’oppose à ses velléités de domination politique, économique et militaire du monde et
- 2. dans le programme du parti communiste qui dirige le pays, il est stipulé explicitement que le socialisme sera mis en place en Chine après une à deux générations.

Cela est aujourd’hui déjà un signal fort pour tous les peuples de ce monde qui souffrent de la mondialisation capitaliste, du néocolonialisme et des guerres d’agression qui en découlent dans l’intérêt des multinationales, ce qui les amènent à souhaiter le développement d’un système de société alternatif.

Il en sera fait de la politique agressive accompagnée d’invasions militaires, de la déstabilisation d’autres États, de l’ingérence dans leurs affaires intérieures, dès lors que les peuples du monde auront pris en leurs propres mains leur destin et, donc, seront les maîtres de leurs matières premières, respecteront le droit et le droit international et prendront le chemin d’une véritable politique de paix et de coopération internationale, pour le plus grand bien de tous les États et nations du monde.