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Les forces armées aussi doivent subir un « amaigrissement substantiel » : c’est le commissaire défense du Sénat et de la Chambre, le ministre Giampaolo Di Paola, qui l’a annoncé.

Le gouvernement Monti démontre ainsi que, face à la crise, tout le monde doit faire des sacrifices. Il émerge cependant du rapport du ministre que ces sacrifices sont rendus nécessaires non pas tellement par les coupes de budget, que du fait que les forces armées sont dans la condition d’un boxeur en surpoids et peu entraîné, et doivent donc être soumises à une cure d’amaigrissement.

Celle-ci prévoit la réduction du personnel militaire de 183 000 à 150 000 hommes et du civil de 30 000 à 20 000, de façon à obtenir une chute de 30% en 5 à 6 années. Cela fera diminuer la dépense pour le personnel de 70% à 50% par rapport à la dépense totale, en permettant d’accroître les dépenses pour l’opérationnel et l’investissement. Les forces terrestres, maritimes et aériennes seront soumises à des allègements, surtout par rapport aux unités lourdes et aux défenses côtières et aériennes. Au terme de cette cure, les forces armées seront plus petites mais plus efficientes, avec moins de moyens mais technologiquement plus avancés, « réellement projetables et disponibles », et auront à leur disposition « plus de ressources pour l’opérationnel ».

Ceci confirme combien est illusoire la promesse du gouvernement Monti de réduire la dépense militaire. Les forces armées, annonce le ministre, disposeront en outre d’un système C4I plus efficient (Commandement, Contrôle, Communications, Computer & Intelligence), qui leur permettra de s’intégrer plus étroitement aux opérations USA/OTAN, et de disposer de davantage de forces spéciales et d’unités de renseignement.

Dans un tel cadre, « on ne peut pas renoncer » à disposer de la composante aéronautique la plus avancée, fondée sur le chasseur F-35 Joint Strike Fighter qui, garantit Di Paola, est le meilleur. L’Italie qui a déjà investi dans le programme 2,5 milliards d’euros, en achètera 90 au lieu de 131. Le ministre ne quantifie cependant pas le coût total. Il ne peut pas le faire parce que le prix de l’avion n’est pas encore défini : on peut en tous cas estimer la dépense à environ 10 milliards d’euros pour 90 avions, à quoi s’ajoutera un chiffre équivalent pour l’acquisition d’une centaine d’Eurofighter Typhoon. Le F-35, dont le coût d’exploitation sera supérieur à celui des chasseurs actuels, entrainera en outre des dépenses supplémentaires, dues aux modernisations qu’il devra subir à peine entré en utilisation.

En compensation cependant, explique un communiqué officiel, l’aéronautique disposera d’ « un aérodyne multi-rôle avec une orientation marquée pour l’attaque air-sol, furtif, c’est-à-dire à basse observabilité radar et donc à survivance élevée, en mesure d’utiliser une vaste gamme d’armement et capable d’opérer depuis des pistes semi-préparées ou détériorées ». Un avion qui permettra des « opérations de projection en profondeur des forces aériennes », offrant en outre « un excellent support rapproché aux forces terrestres ».

Dans cette description technique se trouve la représentation des futures guerres d’agression auxquelles l’Italie participera. Aujourd’hui, explique le ministre Di Paola, « la défense de l’Italie et des Italiens ne se fait pas seulement et pas tellement sur les frontières, mais plutôt à distance, là où naissent et se nourrissent les menaces ». Il faut alors un ajournement de l’article 52 de la Constitution, pour préciser qu’il est du devoir sacré du citoyen de défendre la Patrie « à distance ».

Traduction
Marie-Ange Patrizio
Source
Il Manifesto (Italie)