Sujet : DPS

Audition de : Nicolas Courcelle

En qualité de : dirigeant de la société Internationale de logistique et de sécurité (ILS) (anciennement Groupe Onze France)

Par : Commission d’enquête parlementaire sur le DPS, Assemblée nationale (France)

Le : 7 avril 1999

Présidence de M. Jean-Pierre BLAZY, Secrétaire

M. Nicolas Courcelle est introduit.

M. le Président lui rappelle que les dispositions législatives relatives aux commissions d’enquête lui ont été communiquées. A l’invitation du Président, M. Nicolas Courcelle prête serment.

M. Nicolas COURCELLE : Je n’ai aucune déclaration préalable à faire, je ne sais pas pourquoi vous m’avez convoqué, et j’aimerais savoir à qui j’ai affaire, car je ne vous connais pas !

M. le Rapporteur : Monsieur Courcelle, nous sommes la représentation nationale. La France est une démocratie et nous avons le droit et l’obligation d’entendre qui nous voulons dans les conditions prévues par la loi, et nous ne nous laisserons pas impressionner par votre comportement quelque peu désinvolte ! Le cas échéant, nous pouvons vous poursuivre devant les tribunaux et vous faire arrêter sur le champ. Par conséquent, je vous demande de cesser cette provocation.

Je me présente : je suis Bernard Grasset, rapporteur de cette Commission.

M. le Président : Je suis Jean-Pierre Blazy, député du Val-d’Oise et président, ce matin, de cette Commission.

Monsieur Courcelle, vous dirigez une société de sécurité, le Groupe Onze France, qui a été mentionnée par un certain nombre de personnes auditionnées par la Commission. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité vous entendre.

Nous voudrions savoir en quoi consiste l’activité de votre société, en France et à l’étranger, et quelle est sa dénomination actuelle. Ensuite, nous aimerions connaître les liens que vous avez avec le Front National et son service d’ordre, et si votre société ou vos employés ont apporté aide et concours au DPS.

M. Nicolas COURCELLE : Ma société s’appelle maintenant ILS, société internationale de logistique et de sécurité. J’ai en effet dû en changer le nom, suite à la campagne de presse et à l’amalgame permanent, tout à fait illégitime, qui a été fait avec les activités de mon frère et le DPS. Si vous avez beaucoup entendu parler de moi dans la presse, il me semble que vous n’avez pas tenu compte des droits de réponse que j’ai fait paraître.

J’ai monté ma société en 1987 ; elle a pour vocation de faire de la protection de personnes : mise à disposition d’agents de protection rapprochée, en France et à l’étranger, auprès de clients. Nous avons également une activité de conseil et d’organisation.

M. le Président : Pouvez-vous nous préciser quels sont vos clients ?

M. Nicolas COURCELLE : La plupart de mes contrats prévoient une clause de confidentialité ; il m’est donc délicat de parler de certains de mes clients. Je ne souhaite pas le faire. Cependant, je peux vous dire qu’en France, nous avons travaillé pour des grands groupes, tels que LVMH - contrat que nous avons d’ailleurs perdu suite aux rumeurs. Cette mission prévoyait la protection des chauffeurs de ce groupe qui s’étaient fait agresser par des personnes souhaitant voler la marchandise.

De façon plus générale, nos clients sont essentiellement des industriels et des particuliers, français ou étrangers. Nous ne travaillons pas pour des partis politiques, ni pour des personnalités politiques. Nous évitons également le monde du show-biz.

M. le Rapporteur : En résumé, vous protégez non seulement des industriels, français et étrangers, pouvant être menacés en raison de leurs activités, mais également des convois sensibles.

M. Nicolas COURCELLE : Il nous arrive également d’assurer la protection d’événements, dans la mesure où il s’agit d’assurer la sécurité de personnalités participant à ces événements.

M. le Rapporteur : Vous voulez parler de salons privés ou d’expositions à risque, tels que les expositions de bijoux.

M. Nicolas COURCELLE : Tout à fait.

M. le Président : Pourriez-vous nous communiquer les statuts de votre société ?

M. Nicolas COURCELLE : Tout à fait, je vous les ferai parvenir. Cependant, sachez d’ores et déjà que je suis actionnaire à 95 %, un ami, qui n’a rien à voir avec le Front National et le DPS, détenant les 5 % restant.

M. le Président : Quel est votre chiffre d’affaires ?

M. Nicolas COURCELLE : Il est variable, mais cette année il sera probablement de 5 millions de francs. En 1995 et 1996, il était de 1 million de francs, les différentes rumeurs m’ayant fait perdre un certain nombre de contrats.

M. le Président : A quel moment avez-vous changé de nom, et pourquoi ?

M. Nicolas COURCELLE : J’en avais plus qu’assez de toutes ces rumeurs et de l’amalgame qui était fait en permanence avec mon frère. J’ai utilisé mon droit de réponse, dans les journaux, chaque fois que cela m’était possible. Puis, sur les conseils des personnes qui travaillent avec moi, nous avons décidé de changer de nom. Dans le monde des affaires - comme dans la politique, j’imagine -, il est plus facile de faire trébucher ses concurrents que d’essayer d’être meilleur qu’eux. Un certain nombre de concurrents se servaient donc de ces articles de presse afin de briser nos contacts commerciaux ; il s’agit d’un argument de poids, car les grands groupes ne souhaitent pas contracter avec une société qui a la réputation de travailler avec le Front National.

Nous avons donc changé le nom de notre société au mois de septembre 1998.

M. le Président : Pouvez-vous nous tracer les grandes lignes de votre parcours - parcours dont nous avons entendu parler au cours de nos auditions ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne vois pas qui aurait pu parler de mon parcours personnel !

Je suis le sixième enfant d’une famille de sept. J’ai été élevé principalement à la campagne et mes études ont été moyennes. Je me suis engagé dans l’armée à 18 ans pour un contrat de cinq ans, mais je suis parti au bout de deux ans. Je m’étais engagé par idéal, pensant qu’il était beau et noble de servir la France, mais je me suis aperçu qu’il y avait davantage de fonctionnaires que de militaires, et que leur préoccupation principale était de compter leurs points de retraite ! Par ailleurs, je dois avouer que la hiérarchie m’était un peu pesante.

Je me suis donc retrouvé dans la vie civile, sans formation ni diplôme. J’ai facilement trouvé du travail dans la sécurité ; j’ai travaillé pour différentes sociétés ; j’ai notamment été le garde du corps de M. Akram Ojjeh de 1985 à 1987, que j’ai quitté lorsqu’il était trop malade, car j’étais devenu davantage un garde-malade qu’un garde du corps. C’est à ce moment-là que j’ai monté ma société, le Groupe Onze France.

M. le Président : Vous vous étiez engagé dans la Légion, que vous avez quittée en 1982, avant la durée réglementaire de cinq ans.

M. Nicolas COURCELLE : C’est exact. J’ai fait une demande motivée de résiliation de contrat.

En fait, je me suis engagé à l’automne 1980. J’ai réalisé mon instruction à Castelnaudary comme tout le monde ; instruction dure mais intéressante, et très enrichissante au niveau humain - il y avait beaucoup d’étrangers et les cadres étaient tout à fait compétents. Je suis ensuite allé au 2ème REP à Calvi, chez les légionnaires parachutistes, où j’ai eu quelques différends avec mon commandant de compagnie qui m’ont valu de ne pas partir à Djibouti - j’étais spécialiste radio - transmetteur, et accessoirement spécialiste en explosifs. Bien m’en a pris, car l’avion dans lequel je devais me trouver s’est écrasé en février 1982 et tous mes camarades sont morts.

Après cet accident auquel s’ajoutaient d’autres motivations personnelles, j’ai fait une demande réglementaire de résiliation de contrat qui a été transmise par voie hiérarchique jusqu’à M. Charles Hernu, qui a pris lui-même la décision de me libérer. Cela s’est passé dans les règles ; je n’ai pas été réformé, contrairement à certaines rumeurs...

M. le Rapporteur : On ne peut pas qualifier le 2ème REP d’unité de fonctionnaires !

M. Nicolas COURCELLE : En 1981, il y a eu un changement de mentalité et les cadres qui sont arrivés n’étaient pas issus du moule - certains étaient même nettement moins compétents que d’autres. Le programme de M. François Mitterrand prévoyait la dissolution de la Légion étrangère, ce qui aurait obligé l’Etat à nous payer l’ensemble du contrat ; malheureusement, cela ne s’est pas produit.

M. le Président : Pouvez-vous nous préciser les activités du Groupe Onze, en France et à l’étranger ?

M. Nicolas COURCELLE : Comme toute société qui se crée, nous avons mis trois ans avant de fonctionner réellement. Depuis, nous travaillons pour différents clients, industriels ou particuliers, pour des missions de protection, d’escorte et d’organisation de sécurité (quand un client se déplace à l’étranger, il peut par exemple nous demander de trouver une société locale de protection et d’en surveiller le travail).

M. le Rapporteur : Quelle est votre formation ? Ce n’est pas le passage à la Légion étrangère qui vous a conduit à créer une société de sécurité ?

M. Nicolas COURCELLE : J’ai travaillé pour différentes sociétés de sécurité après mon passage à l’armée ; en fait, j’ai appris sur le tas. Et, je vous le répète, j’ai été le garde du corps de M. Akram Ojjeh - nous étions deux d’ailleurs.

M. le Président : Parlons de vos missions à l’étranger : qu’êtes-vous allé faire en Tchétchénie en 1993 ?

M. Nicolas COURCELLE : Tout d’abord, nous nous sommes occupés de la protection du général Doudaïev lors de sa venue au salon du Bourget, au mois de juin 1993. Ensuite, au mois de juillet, j’ai réalisé une mission d’audit pour les autorités locales qui nous avaient demandé d’établir un rapport sur la sécurité générale du pays, en vue de le remettre à des investisseurs.

M. le Président : Connaissez-vous M. Gilbert Lecavelier ?

M. Nicolas COURCELLE : De réputation. Je ne l’ai croisé qu’une fois. C’est d’ailleurs un sinistre personnage.

M. le Président : Il en dit tout autant de vous ! Il vous met en cause - vous et votre société - dans l’affaire tchétchène.

M. Nicolas COURCELLE : Que peut-il dire ? Que connaît-il de l’affaire tchétchène, ce monsieur ? Il ne connaît rien du tout. Comme je vous le disais tout à l’heure, il est plus facile de raconter des ragots sur les autres sociétés que d’essayer d’être meilleur qu’elles.

Enfin, si vous prenez en compte le témoignage de ce monsieur dont la réputation n’est plus à faire, vous avez du boulot ! Des comme lui, je peux vous en amener cinquante !

M. le Président : Nous ne prenons rien en compte, nous écoutons. Que pensez-vous de ce monsieur et des propos qu’il tient à votre égard ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne sais pas ce qu’il dit sur mon compte ! Une rumeur court selon laquelle il aurait été à l’origine d’une lettre anonyme. Il prétend, notamment, que j’aurais été réformé de la Légion. Je ne connais pas ce monsieur. Je l’ai rencontré une fois pour lui demander des explications sur les rumeurs qu’il faisait circuler ; il m’a juré qu’il ne disait rien sur mon compte - quel faux jeton ! Je ne connais pas ce monsieur et je ne sais pas pourquoi il se comporte ainsi.

M. Robert GAÏA : Avez-vous été en Tchétchénie avec M. Hubert Signard ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne connais pas ce monsieur.

M. Robert GAÏA : Et monsieur de Vilmorin ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne connais pas non plus ce monsieur.

M. Robert GAÏA : Vous vous êtes bien rendu en Tchétchénie dans le cadre d’un contrat négocié avec M. Michel Fradin ?

M. Nicolas COURCELLE : Au départ, oui. Mais notre collaboration s’est très vite terminée, car elle n’aboutissait à rien. Ce n’est d’ailleurs pas M. Michel Fradin qui nous a payés.

M. Robert GAÏA : Qui vous a payé ?

M. Nicolas COURCELLE : Je suis lié par un contrat de confidentialité qui, a priori, ne m’autorise pas à vous dévoiler cette information.

M. le Président : Vous ne pouvez pas toujours vous retrancher derrière ce " contrat de confidentialité " !

M. Nicolas COURCELLE : Je vous ai dit tout à l’heure que cette mission avait été effectuée à la demande de l’Etat tchétchène. Notre déplacement a donc, au départ, été payé par cet Etat.

M. Robert GAÏA : Ce n’est pas confidentiel !

M. Nicolas COURCELLE : Si, je n’ai pas à vous dire qui me paye pour quelle mission ! Et ce n’est pas dans mes habitudes.

M. Robert GAÏA : Nous disposons d’éléments nous apprenant que vous êtes parti dans le cadre d’une mission organisée par M. Michel Fradin ; il y a même des lettres de l’Etat tchétchène se félicitant de son intervention.

M. Nicolas COURCELLE : Ils ne s’en sont pas félicités longtemps ! Mais cette histoire n’a rien à voir avec le DPS ! Je souhaiterais donc que l’on en revienne au sujet qui nous préoccupe.

M. le Rapporteur : Cher monsieur, nous sommes une commission d’enquête, nous posons les questions comme nous l’entendons. Vous avez juré de dire la vérité et vous pouvez, je vous le rappelle, être poursuivi à notre demande. Je vous demande donc de faire preuve d’un minimum de respect, quel que soit votre sentiment politique à notre égard !

Vous dites que vous n’avez rien à voir avec le Front National. N’avez-vous pas été membre du Front National de la Jeunesse dans les années quatre-vingt ?

M. Nicolas COURCELLE : Si. Mais j’ai également été très proche du parti communiste dans les années soixante-quinze !

M. le Rapporteur : Connaissez-vous M. Thierry Rouffaud ?

M. Nicolas COURCELLE : Oui, je le connais.

M. le Rapporteur : Est-il allé en Tchétchénie avec vous ou avec votre frère ? Connaissez-vous Mme Carol La Sota et Mme Diane Roazen ?

M. Nicolas COURCELLE : Oui, je les connais.

M. le Rapporteur : Avez-vous eu des contacts avec la DPSD ?

M. Nicolas COURCELLE : Non.

M. le Rapporteur : Avec nos services de renseignement ?

M. Nicolas COURCELLE : Non.

M. le Rapporteur : Avec les services de renseignement américains ?

M. Nicolas COURCELLE : Non (Rire).

M. le Rapporteur : Nous avons d’autres moyens d’en savoir plus. Contrairement à ce que vous pouvez penser, nous ne sommes pas tombés de la dernière pluie. Par conséquent, nous vous engageons à répondre autrement que par des sourires narquois.

Nous essayons simplement d’en savoir plus sur le DPS, en ce qui concerne notamment ses relations avec les sociétés de gardiennage et de police privées. Nous n’avons rien contre vous, a priori, mais nous constatons que certaines personnes travaillant pour votre société font partie du DPS. M. Jean-Pierre Chabrut a bien travaillé pour vous ?

M. Nicolas COURCELLE : Il y a longtemps, oui.

M. le Rapporteur : Or ce n’est pas le genre de personne qui a été membre du parti communiste !

M. Nicolas COURCELLE : Je n’en étais pas membre - je ne suis pas allé jusque là !

M. le Rapporteur : Il y a donc bien une relation entre le DPS et les sociétés de police privée ! Et cette relation est suffisamment évidente, vous ne pouvez pas dire le contraire.

M. Nicolas COURCELLE : Je ne reconnais aucune relation entre le DPS et ma société. Par ailleurs, à ma connaissance, il n’existe pas de sociétés de police privée en France. Il n’existe que des sociétés de sécurité privée.

M. le Président : M. Jean-Pierre Chabrut a bien été membre de votre société ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, il n’a pas été " membre " de ma société. Il s’agit d’une personne qui parle parfaitement l’anglais, j’ai donc fait appel à ses services, il y a quelques années - je pourrais vous donner la date exacte -, pour une mission ponctuelle en raison de ses compétences linguistiques.

M. le Président : Quelle était cette mission ? Etait-elle occasionnelle ? A-t-il travaillé une seule fois ?

M. Nicolas COURCELLE : Cela a été occasionnel.

M. le Président : Vous pouvez nous donner des détails sur cette mission ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne m’en souviens plus, je vous assure.

M. Robert GAÏA : Vous connaissez donc M. Thierry Rouffaud. Quels sont les liens entre le Groupe Onze France (maintenant ILS) et le Groupe Onze International ?

M. Nicolas COURCELLE : Ce sont des liens commerciaux ; nous avons travaillé ensemble sur certains contrats. Groupe Onze France a fourni du personnel à Groupe Onze International. Nous avions même pensé ouvrir une succursale du Groupe Onze International en France, mais nous avons dû la fermer au bout d’un an.

M. Robert GAÏA : Quelles étaient les missions de ce personnel ?

M. Nicolas COURCELLE : Nous fournissions du personnel à Groupe Onze International pour leurs clients qui venaient en Europe.

M. Robert GAÏA : Vous étiez logés au même endroit.

M. Nicolas COURCELLE : Oui.

M. Robert GAÏA : N’y a-t-il pas d’autres liens qui vous unissent : des administrateurs, des dirigeants communs ?

M. Nicolas COURCELLE : Aucun dirigeant de ma société n’est aussi dirigeant de Groupe Onze International. M. Thierry Rouffaud a été un de mes associés au départ du Groupe Onze France ; il ne l’est plus. Il a également été le directeur de Groupe Onze International aux Etats-Unis. Et il est l’époux de Mme Carol La Sota dont vous avez parlé tout à l’heure, qui est américaine.

Une fois de plus, je veux bien vous répondre, mais je ne vois pas le rapport avec l’objet de votre enquête.

M. le Président : M. Thierry Rouffaud possédait donc bien des parts dans votre société.

M. Nicolas COURCELLE : Oui, il en possédait. Il ne fait plus partie de ma société. Mais puisque vous insistez, je vais vous raconter quels étaient nos objectifs lorsque nous avons créé cette société en 1987.

J’ai rencontré M. Thierry Rouffaud lorsque je travaillais pour M. Akram Ojjeh. Il était bilingue, compétent et efficace - ancien officier de réserve -, et nous avons pensé que nous n’aurions pas de mal à faire mieux que les sociétés existantes. Nous avons donc créé notre société. Pour sa part, il a également ouvert un bureau aux Etats-Unis pour démarcher des clients américains, gros consommateurs de sécurité. Nous avons donc commencé pratiquement exclusivement avec des clients américains qui se déplaçaient en Europe. Les Américains sont en effet beaucoup plus ouverts vis-à-vis de jeunes chefs d’entreprise, ce que nous étions, que les grandes entreprises françaises.

M. Robert GAÏA : Ce sont donc des intérêts linguistiques qui vous ont rapprochés. En revanche, en Afrique, on parle relativement bien le français ; avez-vous décroché des marchés en Afrique avec le Groupe Onze International ?

M. Nicolas COURCELLE : J’ai accompagné une fois un homme d’affaires en Afrique. C’est tout.

M. Robert GAÏA : Le Groupe Onze International n’a pas démarché en Afrique ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, nous n’avons jamais employé du personnel pour aller en Afrique. Nous n’avons jamais recruté de mercenaires - comme cela a été écrit dans les journaux.

M. le Président : Venons-en au Zaïre, en 1996.

M. Nicolas COURCELLE : Je ne sais pas pourquoi on a fait courir le bruit que j’étais au Zaïre en 1996 - et en 1997, d’ailleurs !

M. le Président : On dit même que vous avez recruté des mercenaires.

M. Nicolas COURCELLE : Oui, on le dit. Mais c’est de la " folie douce ". J’ai encore là un article du Dauphiné, du 11 avril 1997, dont le journaliste, pour écrire son article sur " le DPS menacé de dissolution ", avait interviewé le dénommé M. Jean-Louis Arajol, selon lequel le DPS aurait, je le cite : " (...( entre 3 000 et 7 000 membres entraînés au tir ". Eh bien, si la police laissait faire ce genre de choses ! Il ajoute : " Nos recherches nous ont permis d’apprendre que le Groupe Onze, qui recrute des mercenaires, fonctionne comme une société de sous-traitance pour le DPS. Or le dirigeant de cette officine n’est autre que le frère du responsable du service d’ordre du Front National ".

Quand un fonctionnaire de police tient de tels propos, comment voulez-vous que les journalistes ne le croient pas ? Par ailleurs, on sait très bien que M. Jean-Louis Arajol fait carrière en luttant contre l’extrême-droite. C’est très noble, c’est très bien, qu’il se batte contre l’extrême-droite, mais il fait feu de tout bois pour essayer de se mettre en valeur.

M. le Président : Vous n’êtes donc pas allé au Zaïre en 1996 ?

M. Nicolas COURCELLE : Je n’ai jamais mis les pieds au Zaïre de ma vie.

M. le Président : Et vous n’avez jamais recruté de mercenaires par le biais du Groupe Onze pour le Zaïre ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, jamais. En 1997, je travaillais, comme salarié, pour une société en Angola - et vous le savez, puisque j’y étais avec M. Jean-Pierre Chabrut. J’y suis parti en novembre 1996 jusqu’en mars 1997. Et je n’ai pas quitté l’Angola.

M. Robert GAÏA : Et vous travailliez pour le gouvernement angolais ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, nous travaillions pour une société privée, la SIA

- société internationale d’assistance -, qui nous avait recrutés pour restructurer son activité gardiennage. J’avais accepté ce travail parce que j’en avais assez de ces rumeurs qui me causaient un tort considérable ; il s’agissait d’ailleurs d’un contrat à durée indéterminée. Malheureusement, la SIA, qui était une filiale d’une société de Marseille - la SHRM, société hôtelière de restauration marseillaise -, a été vendue à une société anglaise qui nous a aussitôt licenciés.

M. le Rapporteur : Pourrez-vous nous communiquer la copie de ce contrat de travail avec la SIA ?

M. Nicolas COURCELLE : Si je le retrouve, oui. Mais je ne suis pas très conservateur.

M. le Président : Quand on dirige une société, il faut tout de même conserver certaines archives...

M. Nicolas COURCELLE : Oui. Les documents légaux sont conservés. S’agissant des personnes que je recrute pour travailler dans ma société, je vous informe que nous sommes soumis à une autorisation préfectorale d’exercer. Je déclare donc mon personnel à la préfecture de police qui m’autorise, ou non, à les employer. Le dernier refus date de 1988, car le casier judiciaire de la personne que je souhaitais embaucher n’était pas vierge.

M. le Président : Combien de salariés permanents et occasionnels employez-vous ? Quel est leur statut : CDD, CDI ?

M. Nicolas COURCELLE : Nous sommes une structure très légère, puisqu’il n’y a qu’un CDI. Nous nous considérons comme des artisans. Dans une telle activité, il n’est pas possible d’avoir trente personnes compétentes. Il s’agit d’un métier pour lequel on a besoin de s’entourer de personnes de confiance et stables ; or il y en a peu. Les bonnes années, j’ai fait travailler jusqu’à vingt personnes, les mauvaises, deux ou trois. En ce moment, une dizaine de personnes travaillent pour moi.

M. le Président : Une dizaine ! Malgré la nouvelle dénomination de votre société ?

M. Nicolas COURCELLE : Ce changement de nom nous a permis de rebondir.

M. le Président : Comment recrutez-vous votre personnel ?

M. Nicolas COURCELLE : Je suis dans le milieu de la sécurité, à Paris, depuis 1982. Je connais donc beaucoup de monde. Je recrute essentiellement par relation.

M. le Président : Prenez-vous la précaution de contrôler leur casier judiciaire ?

M. Nicolas COURCELLE : Bien entendu. Je viens de vous expliquer que nous sommes obligés de les déclarer à la préfecture de police qui mène une enquête et qui les autorise ou non à travailler.

M. le Président : On dit qu’un certain nombre de personnes que vous employez font partie de l’Union nationale des parachutistes.

M. Nicolas COURCELLE : Je n’en sais rien. J’en ai moi-même été membre lorsque j’ai quitté l’armée, mais je n’en fais plus partie car ces réunions d’anciens combattants présentent peu d’intérêt.

M. le Président : Quelle est la rémunération de votre personnel ?

M. Nicolas COURCELLE : Pour des missions ponctuelles, leur rémunération est de l’ordre de 1 200 francs par jour.

M. Robert GAÏA : De manière pratique, comment procédez-vous pour donner satisfaction à un client qui vous demande cinq ou six personnes ?

M. Nicolas COURCELLE : Je contacte les dix ou quinze personnes - qui ne travaillent pas uniquement pour ma société - que j’emploie régulièrement pour connaître leur disponibilité. Comme je les paie davantage que mes concurrents, ils viennent volontiers travailler avec moi car je vais sur le terrain.

M. Robert GAÏA : Ensuite, vous allez à la préfecture ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, ces personnes sont déjà déclarées à la préfecture. Je ne les déclare qu’une fois. Et, très franchement, je recrute très peu, je ne cherche pas à développer mon effectif.

M. Jacky DARNE : Quelle est la forme juridique de votre société ?

M. Nicolas COURCELLE : C’est une SARL.

M. Jacky DARNE : Vous êtes combien d’associés ?

M. Nicolas COURCELLE : Deux.

M. Jacky DARNE : Votre frère est-il votre associé ?

M. Nicolas COURCELLE : Non.

M. Jacky DARNE : Avez-vous déjà adressé des factures au Front National ?

M. Nicolas COURCELLE : Non.

M. Jacky DARNE : Et dans le sens inverse ?

M. Nicolas COURCELLE : Non plus.

M. Jacky DARNE : Votre personnel vous demande-t-il l’autorisation d’assurer le service d’ordre au DPS en dehors de son temps de travail ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne m’intéresse pas à l’activité politique des personnes qui travaillent pour moi. Bien entendu, je sais que parmi les dix ou quinze personnes que je fais travailler régulièrement, deux ou trois ont eu et ont encore des activités militantes et bénévoles au Front National. Mais il est hors de question que je ne les emploie plus à cause de cela. Il s’agirait là d’un réflexe sectaire et intolérable de ma part, même pour protéger mon image : je préfère perdre des contrats que de ne plus employer des personnes efficaces et compétentes.

M. le Président : Ce que vous dites est en contradiction avec les propos que vous avez tenus au début de l’audition, puisque vous nous avez dit que vous aviez changé de dénomination à cause de vos " liens supposés " avec le Front National !

M. Nicolas COURCELLE : C’est vrai. Mais je ne veux pas me séparer de personnes compétentes à cause de tout ce tapage - d’autant plus qu’elles ne sont pas connues, cela n’a donc aucune incidence. Quoi qu’il en soit, si mon unique souhait était de gagner de l’argent, j’aurais fait autre chose.

M. Robert GAÏA : Avez-vous travaillé avec M. François-Xavier Sidos ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, je ne le connais pas - même si j’en ai entendu parler.

M. Robert GAÏA : Avez-vous travaillé avec des filiales de BP ?

M. Nicolas COURCELLE : Non.

M. Robert GAÏA : Et en Tchétchénie ?

M. Nicolas COURCELLE : J’ai eu des clients en Tchétchénie - ainsi que le Groupe Onze International -, mais ce n’était pas BP. Il s’agissait d’un organisme israélien.

M. le Président : Vous nous avez dit tout à l’heure que vous aviez travaillé en Tchétchénie uniquement pour le compte du président Doudaïev.

M. Nicolas COURCELLE : Oui, au mois de juillet 1993. Il s’agissait d’une mission d’audit pour le gouvernement. Nous avons effectué une autre mission avec le Groupe Onze International pour une société israélienne. Puis nous y sommes retournés une fois, car nous avions été invités pour les fêtes de l’anniversaire de l’indépendance.

M. Robert GAÏA : Vous n’êtes jamais intervenu pour des sociétés pétrolières dans cette région ?

M. Nicolas COURCELLE : Notre audit a certainement été remis à ces sociétés par le gouvernement, pour qui nous avons travaillé.

M. Robert GAÏA : C’est-à-dire que vous avez expliqué aux Tchétchènes comment faire de la sécurité, alors qu’ils sont réputés pour être très compétents en ce domaine !

M. Nicolas COURCELLE : Ils sont compétents, oui. C’est exactement ce que nous avons écrit dans notre rapport.

M. Robert GAÏA : Ils vous ont donc appelés pour valider leur compétence ?

M. Nicolas COURCELLE : Oui, c’est cela. Le niveau de sécurité en Tchétchénie était très bon à cette époque. En 1993, on pouvait se promener librement à Groznyï, sans escorte ni protection. On ne risquait absolument rien.

M. Robert GAÏA : Et en 1995 ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne sais pas, je n’y suis pas allé en 1995.

M. Robert GAÏA : Pourquoi n’avez-vous plus de relations avec M. Michel Fradin qui vous avait introduit en Tchétchénie ?

M. Nicolas COURCELLE : Parce qu’il avait un comportement étrange. Il amenait des investisseurs, puis il s’arrangeait pour les décourager, notamment en leur communiquant des informations défavorables au pays. Un journaliste a même écrit - mais je n’ai pas pu vérifier la véracité de ces propos - qu’il avait longtemps travaillé pour les islamistes iraniens, et qu’il avait pour but de décourager les investisseurs occidentaux pour favoriser les investisseurs islamistes.

M. Robert GAÏA : Le gouvernement français de l’époque était bien en cours auprès du gouvernement tchétchène.

M. Nicolas COURCELLE : Oui, bien sûr.

M. Robert GAÏA : De même que de M. Nicolas Sarkozy.

M. Nicolas COURCELLE : Je ne sais pas.

M. Robert GAÏA : Vous connaissez Mme Diane Roazen ?

M. Nicolas COURCELLE : Elle était la partenaire de M. Michel Fradin. Nous avons maintenu des relations avec cette femme, sympathique, intelligente, compétente, qui détient une chaire dans une université de Boston. Elle a beaucoup fait pour des causes humanitaires, c’est une femme formidable.

M. Robert GAÏA : Vous avez donc été en relation pour des missions humanitaires avec Mme Diane Roazen ?

M. Nicolas COURCELLE : Au départ, elle était en relation avec M. Michel Fradin pour essayer d’amener des pétroliers américains. Ensuite, elle a rompu les contacts qu’elle avait avec lui, car elle s’est aperçue de son étrange comportement.

M. le Rapporteur : Quand vous avez rencontré Mme Diane Roazen, avez-vous également rencontré Mme Carol La Sota ?

M. Nicolas COURCELLE : Evidemment, c’est la femme de mon associé !

M. le Rapporteur : Et elles sont toutes les deux dans cette mouvance humanitaire ?

M. Nicolas COURCELLE : Non. Mme Carol La Sota est simplement la femme de mon ex-associé et ils ont deux enfants. Elle s’occupe de ses enfants.

M. le Président : Pouvez-vous nous en dire plus sur Mme Diane Roazen, qui est titulaire d’une chaire dans une université de Boston ? De quelle université s’agit-il ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne me souviens plus exactement.

M. le Rapporteur : Vous nous confirmez donc que le Groupe Onze ou vous-même n’avez jamais servi d’intermédiaire pour envoyer des mercenaires au Zaïre ?

M. Nicolas COURCELLE : Je vous l’affirme.

M. le Rapporteur : Après le 2ème REP, avez-vous été au 3ème REI ?

M. Nicolas COURCELLE : Oui, tout à fait.

M. le Rapporteur : Et il n’y a eu aucune intervention pour vous maintenir à la Légion en 1981 ? On cite une lettre de M. Tixier-Vignancour qui serait intervenu en votre faveur...

M. Nicolas COURCELLE : Je ne suis pas au courant.

M. le Rapporteur : Etes-vous intervenu aux Comores, d’une façon ou d’une autre ?

M. Nicolas COURCELLE : Non.

M. le Rapporteur : Vous ne connaissez pas Bègue Consultant Limited ?

M. Nicolas COURCELLE : Non.

M. le Rapporteur : BCL, cela ne vous dit rien ?

M. Nicolas COURCELLE : Si, mais cela ne veut pas dire Bègue Consultant Limited ! Ce sont les initiales de trois actionnaires : Bègue, Castarède et Laurent. Il s’agit d’ailleurs d’une société qui ne tourne pas.

M. le Rapporteur : Vous n’avez jamais travaillé avec eux ?

M. Nicolas COURCELLE : Si, bien sûr, puisque cette société est domiciliée à la même adresse que moi ! Nous avions monté cette boîte pour faire du gardiennage, mais cela n’a jamais marché. On s’est aperçu qu’il était impossible de faire du gardiennage en payant le personnel au SMIC.

M. le Rapporteur : Pour nous résumer, vous n’avez rien à voir avec le DPS ?

M. Nicolas COURCELLE : Si, puisque mon frère est l’ancien responsable du DPS.

M. le Rapporteur : Vous n’avez pas d’autres relations avec le DPS ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, je n’ai jamais eu de relations ni de travail, ni de soutien avec le DPS.

M. le Président : Vous n’avez jamais participé à une manifestation du Front National alors que le DPS était présent ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, je n’ai jamais participé à une manifestation du Front National. J’ai simplement, une fois, été voir mon frère à une fête " Bleu Blanc Rouge " à Vincennes. Donc, effectivement, on m’a vu à une fête du Front National.

M. le Président : Votre frère nous a tout de même indiqué que certains salariés du Groupe Onze participaient au DPS.

M. Nicolas COURCELLE : Que les personnes qui travaillent chez moi le jour participent au service d’ordre du Front National le soir, ce n’est pas mon problème ! Je ne les paie pas pour cela, et cela ne m’intéresse pas. Bien évidemment, si j’apprenais qu’elles avaient des comportements illicites ou qu’elles étaient condamnées, je ne pourrai plus les faire travailler.

M. le Rapporteur : Avez-vous déjà rencontré M. Jean-Claude Nourri ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, ce nom ne me dit rien.

M. Robert GAÏA : Avez-vous des liens commerciaux avec la société Normandy ?

M. Nicolas COURCELLE : Non.

M. Robert GAÏA : Ce sont des concurrents ?

M. Nicolas COURCELLE : Non, nous ne relevons pas de la même catégorie : nous, nous sommes des artisans, nous faisons du sur mesure, alors que ce type de société fait du prêt-à-porter.

M. le Président : Votre entreprise est artisanale mais souhaite devenir internationale ?

M. Nicolas COURCELLE : Oui, c’est vrai. Nous avons vocation à travailler à l’étranger. A Paris, le milieu de la sécurité est très spécial, et à vrai dire inefficace. C’est tout et n’importe quoi ! Il s’agit de mythomanes qui passent leur temps dans les salles de sport ou dans les bars. D’ailleurs, la plupart des personnes qui travaillent pour moi sont mariées, ont une vie stable et vivent en province.

M. le Rapporteur : Monsieur Courcelle, contrairement à ce que vous pouvez penser, vous nous avez beaucoup aidés. Vos silences et vos oublis ont été tout aussi éloquents que vos propos. Je vous suis reconnaissant des informations que vous avez bien voulu nous apporter.

M. Nicolas COURCELLE : Je souhaiterais, monsieur le président, faire une dernière remarque. Si je ne connais pas le fonctionnement du DPS - puisqu’en famille nous ne parlons pas de notre travail -, je connais mon frère Bernard, et je sais qu’il est incapable d’organiser quoi que soit de répréhensible et en marge de la loi.

Je sais aussi que, lorsqu’il a pris la responsabilité du DPS, il a renvoyé les " nasillons " et les skinheads. De ce fait, il a certainement fait davantage pour lutter contre certains groupes nasillons - dont le Front National est le terreau privilégié - que beaucoup d’autres qui se pâment devant les caméras de télévision et qui ne font rien.

M. Robert GAÏA : A ce propos, ne pensez-vous pas qu’avec le départ de votre frère et la scission du Front National, ceux que vous appelez les skinheads et les nasillons risquent de revenir ?

M. Nicolas COURCELLE : A vrai dire, ce n’est pas mon problème.

M. le Rapporteur : Les propos que vous venez de tenir sur votre frère coïncident avec l’impression que nous avons eue lors de son audition. Ne pensez-vous pas que son départ risque de faire surgir un DPS moins sourcilleux à l’égard de la légalité et moins soucieux d’une bonne organisation ?

M. Nicolas COURCELLE : Je ne sais pas. Je ne connais pas les autres personnes du DPS, je ne sais donc pas ce qui reste de la structure. Je n’en parle pas avec mon frère, qui est soulagé de ne plus faire partie de ce service d’ordre. Simplement, il me semble que l’avenir des deux partis issus du Front National est limité et celui de leur service d’ordre aussi, car sans argent et sans pouvoir...

M. le Président : Monsieur Courcelle, je vous remercie.