On ne peut conclure, à partir de l’exemple de la guerre du Kosovo, qu’une guerre peut désormais être gagnée par la seule arme aérienne. Tout dépend de qui bombarde et de qui est bombardé. Premièrement, il faut que les opinions publiques admettent les pertes civiles. Israèl dut interrompre l’opération " Raisins de la colère " après avoir touché malencontreusement des civils, mais l’OTAN a pu multiplier les dommages collatéraux après avoir conditionné les opinions publiques avec les images chocs des réfugiés Kosovars. Celui qui bombarde doit donc maîtriser les médias. Deuxièmement, il faut que celui qui est bombardé n’ait pas la possibilité de riposter en lançant des missiles contre ses agresseurs, voire en usant de la bombe atomique. De ce point de vue d’ailleurs, la guerre du Kosovo ne peut qu’encourager les dictateurs à se doter de missiles à longue portée ou d’armes nucléaires pour être sûrs d’être épargnés par l’OTAN.