Dans de nombreux conflits, on mobilise ses forces en relatant les atrocités commises par l’adversaire. La propagande gonfle alors la réalité, quant elle ne l’invente pas totalement. Ainsi, pendant la première Guerre mondiale, Lord Bryce fut chargé d’enquêter sur les crimes commis par les armées allemandes. Il rendit un rapport détaillé, reposant sur plus de 1 200 témoignages, sur les atrocités perpétrées en Belgique. Ces informations certifiées jouèrent un rôle décisif dans la mobilisation de l’opinion publique britannique. Mais, en 1922, une commission d’enquête officielle belge montra que tout avait imaginé et l’on ne retrouva jamais trace des 1 200 dépositions. Aujourd’hui le rapport Bryce est cité en exemple comme une opération réussie de propagande de guerre. Si l’histoire peut nous servir de leçon, attendons-nous à ce que, une fois les vérifications faites, la plupart des crimes imputés aux Serbes s’avèrent imaginaires. Ainsi, comment ne pas avoir de doutes quant on nous montre un sous-sol de poste de police ayant prétendument servi de chambre de torture, en soulignant que les Serbes ont passé trois jours à brûler leurs archives mais qu’ils y ont laissé les objets attestant de leurs crimes ?