La principale critique formulée par les insulaires à l’encontre du mécanisme de la continuité territoriale consiste à considérer que la dotation ne profiterait pas aux Corses : les surcoûts constatés les priveraient d’une partie des effets qu’ils seraient en droit d’attendre d’une dotation d’un tel montant.

" L’enveloppe de continuité territoriale s’arrête en cours de route, en particulier à Marseille, mais aussi dans beaucoup d’autres endroits " déclarait ainsi M. Claude Sozzi, président de l’union interprofessionnelle des syndicats artisanaux de Corse-du-Sud. Le président de l’office des transports était plus explicite : " l’enveloppe sert donc, qu’on le veuille ou non, à financer non seulement les plans sociaux qui ont été mis en place à la suite de la réforme de la manutention sur le port de Marseille, mais également depuis 20 ans - et nous n’avons cessé de dénoncer ce scandale - l’effondrement du port de Nice survenu en 1978 auquel nous continuons de payer des taxes exorbitantes ".

Les surcoûts ne peuvent, on l’a vu être niés. Certains cependant semblent relever en partie de la responsabilité des Corses eux-mêmes. Ils pèsent sans conteste sur les coûts d’exploitation des compagnies concessionnaires et donc sur leur besoin de subvention. Pour autant est-il exact de dire qu’il s’agit d’un prélèvement indu, au détriment de la Corse, sur la dotation de continuité territoriale ?

Cette interprétation communément répandue en Corse apparaît très contestable.

Sans justifier d’aucune façon ces surcoûts qu’il faut au contraire s’attacher à réduire, force est de constater qu’ils sont fort anciens et donc qu’ils ont été largement pris en compte dans la détermination du montant de la dotation au cours des premières années de sa mise en place. Les critiques insulaires seraient donc recevables si la situation s’était détériorée au cours des dernières années. Or, comme on l’a vu ci-dessus en ce qui concerne la SNCM, ce n’est pas le cas.

Par ailleurs, affirmer que l’argent de la dotation ne profite pas à la Corse revient à faire l’impasse sur l’importance des dépenses que les compagnies concessionnaires réalisent en Corse, qu’il s’agisse des salaires de leur personnel résidant en Corse, de leurs approvisionnements dans l’île, des frais engagés dans les ports et aéroports corses, des impôts et taxes locales, etc... Celles-ci représentent une part non négligeable de la subvention qu’elles reçoivent.


Source : Assemblée nationale. http://www.assemblee-nationale.fr