Les objectifs

Les objectifs de l’opération Amaryllis définis par l’ordre de Mission diffusé le 8 avril 1994 à 23 heures 30 sont les suivants :

" - préparer l’opération d’évacuation de nos ressortissants ;

- tenir et contrôler les installations de l’aéroport international de Kigali pour le 9 avril en fin de matinée ;

- être en mesure, si les circonstances le permettent, de procéder dans un premier temps à l’évacuation d’une soixantaine de passagers dont le choix et l’acheminement jusqu’à l’aéroport relèvent de l’Ambassadeur de France. "

La prise de contrôle préalable de l’aéroport de Kigali s’explique par le fait que " la MINUAR ne tenant plus l’aéroport, la décision a été arrêtée d’engager dans la nuit une opération qui permettra à des éléments français d’en assurer le contrôle ".

De ce point de vue, Amaryllis en procédant au contrôle initial d’un point clé sur le terrain est conforme à la procédure retenue habituellement pour effectuer une opération d’évacuation, ainsi que l’a précisé lors de son audition le Colonel Henri Poncet.

De la même manière, c’est tout à fait classiquement, comme il est indiqué par télégramme diplomatique, qu’il revient à l’ambassadeur d’établir la liste et l’ordre de priorité des personnes, françaises ou étrangères, à évacuer et qu’il appartient aux forces armées d’assurer la partie logistique de l’opération.

Le Colonel Henri Poncet a souligné, au cours de son audition, qu’une évacuation de ressortissants est une opération conduite par le ministère des Affaires étrangères et décidée au plus haut niveau de l’Etat et que la décision se prend en cellule de crise regroupant Matignon, le Quai d’Orsay, le ministère de la Défense et le ministère de la Coopération.

La spécificité de l’opération d’évacuation Amaryllis tient dans la demande d’évacuation " en avant-première " d’une soixantaine de personnes, si les circonstances le permettent. C’est ainsi que 43 Français et 12 personnes de la parenté du Président Juvénal Habyarimana, parmi lesquelles son épouse et ses trois enfants, partiront le 9 avril par le premier avion qui décollera à 17 heures de l’aéroport de Kigali.

Les règles de comportement

Il est précisé que " le détachement français adoptera une attitude discrète et un comportement neutre vis-à-vis des différentes factions rwandaises ". L’ouverture du feu est " limitée à la légitime défense du personnel du détachement, étendue à toute personne placée sous sa protection ".

Sur le plan diplomatique, les mêmes règles s’appliquent, puisqu’il est demandé aux ambassadeurs français le 9 avril de souligner auprès des autorités de leur pays de résidence que la France mène " une opération temporaire à but strictement humanitaire qui n’interférera en aucune façon dans le processus politique rwandais ". L’ambassadeur de France à Kigali est prié quant à lui de prendre contact avec le Président ougandais Yoweri Museveni ; il s’agit de lui préciser que le FPR a été informé du caractère de l’opération Amaryllis et de lui demander " d’intervenir auprès de ce dernier pour que rien ne soit fait qui pourrait entraver l’action des éléments militaires français ".

Ces règles de comportement susceptibles d’évoluer en fonction des circonstances n’ont pas été modifiées au cours de l’opération. En revanche, une série d’ordres de conduite est venue compléter les consignes au fur et à mesure du déroulement de l’opération.


Source : Assemblée nationale. http://www.assemblee-nationale.fr