L’âge moyen de la population pénale est de 34,2 ans. Depuis 1990, le nombre de détenus âgés d’au moins 60 ans a plus que triplé pour s’établir au 1er janvier 2000, à 1 564.

Répartition des plus de 60 ans selon l’âge au 1er janvier 2000 (métropole et outre-mer)

Effectifs % Plus de 60 ans à moins de 70 ans 1 281 81,9 Plus de 70 à moins de 80 ans 267 17,1 80 ans ou plus 16 1 Ensemble 1 564 100

Cette évolution est due à la fois à l’allongement des peines et au fait que les délinquants sexuels, eux-mêmes condamnés à de longues peines, peuvent être incarcérés longtemps après les faits et donc à un âge élevé.

L’administration pénitentiaire n’a pas conduit d’étude sur le nombre de détenus âgés, en situation de dépendance. Il est prévu de réaliser, avec l’INSEE, une enquête " handicap, incapacités et dépendance ", dont les résultats devraient être disponibles à partir de 2001. La plupart des établissements visités par les membres de la commission font état des difficultés que pose l’augmentation du nombre de détenus âgés ayant des problèmes de santé dus à l’âge.

Des détenus ayant besoin de l’aide d’une tierce personne pour les gestes de la vie quotidienne ont été rencontrés dans les établissements.

Outre la question de leur sortie d’incarcération (Cf. V relatif à la maîtrise des incarcérations) celle de leur prise en charge en détention se pose de façon immédiate et ira croissant en raison du vieillissement de la population pénale.

Par exemple, au centre de détention de Muret, 30 détenus ont plus de 70 ans, 4 détenus sont en fauteuil roulant, 2 sont placés sous assistance respiratoire.

Face à cette situation, les personnels des établissements sont particulièrement démunis et les établissements totalement inadaptés pour la prise en charge de ce type de population. En général, il est fait appel au bon vouloir d’un codétenu, parfois rémunéré au titre du service général (et à un tarif plus élevé).

Cette solution n’est pas satisfaisante. Une assistance par une aide-soignante, qui pourrait être prévue dans la convention avec l’hôpital de rattachement serait une solution plus adaptée. En tout état de cause, il convient de reconsidérer la question de l’incarcération et d’envisager une prise en charge dans un endroit plus adapté. (voir infra cinquième partie)


Source : Assemblée nationale. http://www.assemblee-nationale.fr