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Églises et sociétés secrètes

Les Églises sont des acteurs incontournables des relations internationales, au même titre que les États et les compagnies multinationales. La reconnaissance d’une autorité religieuse commune est souvent un lien beaucoup plus fort que l’appartenance nationale, disposant spontanément des alliances politiques et militaires. La foi religieuse, comme toutes les autres convictions personnelles, détermine également le sens du sacrifice, et donc la valeur des combattants. Au plan intérieur, les Églises minoritaires et les confréries secrètes peuvent se montrer particulièrement ambitieuses dans la conquête du pouvoir. Elles l’exercent de manière très équilibrée lorsqu’elles sont bien intégrées, mais peuvent aussi fournir les collaborateurs utiles à un occupant lorsqu’elles sont rejetées.
En effet, comme toutes les associations, les Églises peuvent revendiquer des positions politiques et conseiller leurs membres. Cependant, elles ont une propension particulière à sortir de ce cadre légitime et à tenter d’imposer leur ordre au reste de la société, suscitant les pires affrontements. Pour garantir la paix civile, la tolérance religieuse ne doit pas se limiter au droit de chacun de pratiquer sa religion, sous réserve qu’elle ne trouble pas l’ordre public, elle doit aussi comprendre le droit d’autrui à ne pas avoir de religion et à critiquer les croyances des autres.

 
 
Déjà 10 mois de confinement du Jammu-et-Cachemire Paris (France) | 10 juin 2020
Dans les années 1920, les Britanniques modelèrent l’islam et l’hindouisme à leur image. Ils créèrent les Frères musulmans autour d’Hassan el-Banna en Égypte et le RSS autour de V. D. Savarkar en Inde. Ces deux doctrine politiques instrumentent les religions et prêchent l’intolérance. Lorsqu’ils décolonisèrent le sous-continent indien, les Britanniques veillèrent à rester indispensables en le divisant d’une manière ingérable. Aujourd’hui, le Cachemire est artificiellement partagé entre le Pakistan et l’Inde qui le revendiquent tous deux en totalité. Poursuivant l’œuvre de Savarkar, le Premier ministre Narendra Modi a décidé d’appliquer le concept d’indouïté (Hindutva) et de transformer la vie des musulmans en un enfer. L’ambassadeur Moin ul-Haque expose cette tactique.