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Églises et sociétés secrètes

Les Églises sont des acteurs incontournables des relations internationales, au même titre que les États et les compagnies multinationales. La reconnaissance d’une autorité religieuse commune est souvent un lien beaucoup plus fort que l’appartenance nationale, disposant spontanément des alliances politiques et militaires. La foi religieuse, comme toutes les autres convictions personnelles, détermine également le sens du sacrifice, et donc la valeur des combattants. Au plan intérieur, les Églises minoritaires et les confréries secrètes peuvent se montrer particulièrement ambitieuses dans la conquête du pouvoir. Elles l’exercent de manière très équilibrée lorsqu’elles sont bien intégrées, mais peuvent aussi fournir les collaborateurs utiles à un occupant lorsqu’elles sont rejetées.
En effet, comme toutes les associations, les Églises peuvent revendiquer des positions politiques et conseiller leurs membres. Cependant, elles ont une propension particulière à sortir de ce cadre légitime et à tenter d’imposer leur ordre au reste de la société, suscitant les pires affrontements. Pour garantir la paix civile, la tolérance religieuse ne doit pas se limiter au droit de chacun de pratiquer sa religion, sous réserve qu’elle ne trouble pas l’ordre public, elle doit aussi comprendre le droit d’autrui à ne pas avoir de religion et à critiquer les croyances des autres.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La société syrienne et la laïcité Damas (Syrie) | 14 mai 2019
Avant la guerre, la société syrienne était organisée de manière laïque pour permettre la mixité des très nombreuses communautés religieuses qui la composent. Tous les Syriens ont souffert des atrocités commises par les jihadistes (dont les Européens rejettent aujourd’hui la responsabilité sur la République arabe syrienne). Beaucoup d’entre eux se sont alors tournés vers Dieu. La pratique religieuse est passée d’environ 20 % à 80 %. La communauté chrétienne fidèle à Rome a largement émigré, tandis que les orthodoxes sont restés. Les musulmans sunnites sont désormais beaucoup plus majoritaires. Paradoxalement, certains de leurs imams, oubliant la rhétorique de Daesh et la résistance du pays, désignent aujourd’hui les laïcs comme des ennemis.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Trump, la religion musulmane et l'islam politique Damas (Syrie) | 2 janvier 2018
Depuis une dizaine d’années, les États-Unis sont prisonniers de leur contradiction face à l’islam. D’un côté, ils se pensent comme le pays de la liberté religieuse, d’un autre ils utilisent les Frères musulmans pour déstabiliser le Moyen-Orient élargi, et d’un troisième ils luttent contre le débordement du terrorisme islamique hors de cette région. Ils ont donc interdit toute recherche qui permette de distinguer l’islam en tant que religion de sa manipulation à des fins politiques. Après avoir rompu avec le terrorisme des Frères musulmans, Donald Trump a décidé de rouvrir ce dossier, au risque de provoquer des violences dans son propre pays. Car aux États-Unis, la liberté de pratiquer l’islam n’implique pas celle d’entrer en politique.