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" Un micro-État africain fait face à la malédiction du pétrole "

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En visitant Sao Tomé et Principe, il est difficile d’imaginer que ce micro-État du Golfe de Guinée au large de l’Afrique occidentale vont être à l’épicentre du prochain boom pétrolier. Les 140 000 habitants de ces îles sont très pauvres et vivent avec l’équivalent d’un dollar par jour, la malaria est rampante, mais le gouvernement, au bord de la banqueroute, n’y peut rien.
Pourtant, le président Fradique de Menezes rêve aux quatre milliards de barils dans son sous-sol et veut faire de son pays un mélange de Dubaï, pour le commerce, de Taiwan, pour le caractère insulaire d’un État qui est devenu un moteur économique en investissant sur sa propre population et de Diego Garcia, un lieu stratégique pour les États-Unis. En effet, depuis cette île, il serait facile pour les États-Unis de se déployer sur des terrains d’action comme la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire ou le Liberia. Déjà, les États-Unis ont installé une station locale de Voice of America et travaillent à l’agrandissement de l’aéroport et des ports, ce qui réjouit le président Menezes. Ces efforts américains ne viennent pas trop tôt puisque cette région du globe représente déjà 15 % des importations de pétrole des États-Unis et elle devrait passer à 25 % dans dix ans.
Toutefois, comme le prouve la situation au Nigeria, du pétrole et peu de sécurité peuvent foremer un cocktail explosif. Sao Tomé doit donc saisir le potentiel sans s’exposer aux difficultés. Il faut assurer la sécurité et les États-Unis s’investissent pour équiper et entraîner les forces armées locales. Ensuite, il faut s’assurer que les pétrodollars bénéficieront à la population et pas à une élite corrompue comme au Nigeria, en Angola ou en Guinée équatoriale. Il faut que le pays s’appuie sur le pétrole pour diversifier son économie.

Source
International Herald Tribune (France)
L’International Herald Tribune est une version du New York Times adaptée au public européen. Il travaille directement en partenarait avec Haaretz (Israël), Kathimerini (Grèce), Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne), JoongAng Daily (Corée du Sud), Asahi Shimbun (Japon), The Daily Star (Liban) et El País (Espagne). En outre, via sa maison-mère, il travaille indirectement en partenarait avec Le Monde (France).

" An African microstate confronts the curse of oil ", par Stanley A. Weiss, International Herald Tribune, 7 octobre 2004.

Stanley A. Weiss

Stanley A. Weiss est fondateur et président de Business Executives for National Security Il est également membre du Rand’s Center for Middle East Public Policy et de l’International Crisis Group, du Council on Foreign Relations et du Groupe de Bilderberg. Il est ancien président d’American Premier, une entreprise minière et chimique américaine.

 
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