L’élection présidentielle états-unienne pourrait bien précéder quelques révélations de taille sur la guerre d’Irak. Aux questions sur le véritable nombre de morts parmi la population civile directement imputables aux bombardements, aux opérations diverses ainsi qu’à l’occupation, un rapport publié par la revue médicale The Lancet apporte des réponses plus précises après une enquête de terrain : on estime au bas mot à 100 000 le nombre de victimes civiles irakiennes, qu’il faut ajouter aux estimations du nombre de victimes de l’embargo qui a précédé l’invasion. Concernant les pertes du côté de la coalition, loin de la propagande des médias conformistes qui font état de deux ou trois morts par jour en moyenne, le chiffre de 80 attaques quotidiennes contre les forces coalisées avancé par John Kerry la semaine dernière tend plutôt à confirmer l’analyse que nous avons faite de la situation militaire. Le magazine Newsweek affirme d’ailleurs, dans son édition de cette semaine, que le secrétaire d’État et ancien général Colin Powell a confié à des proches qu’il estime probable une victoire de la résistance. Celle-ci serait en effet parvenue à infiltrer totalement les forces irakiennes que la coalition tente de mettre sur pied. Or c’est précisément sur ces forces que George W. Bush comme John Kerry comptent s’appuyer pour gagner la guerre.