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« Lever l’interdiction des ventes d’armes à la Chine pourrait relancer la course aux armements en Chine »

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Quand l’unification européenne a été amorcée, cela devait permettre de construire une union protégeant les Européens du chantage politique. Aujourd’hui, nous voyons que cela ne protège pas l’Union européenne de la corruption quand la Chine et la France travaillent de concert. Notons toutefois que la levée de l’embargo sera sans doute repoussée grâce aux pressions états-uniennes et à l’agressivité chinoise.
La stratégie chinoise est simple et brutale : la plus grande dictature du monde veut détruire et occuper la première démocratie chinoise de l’Histoire : Taïwan. Pour cela, il lui faut des armes sophistiquées. Les États-Unis n’exporteront pas ces armes, mais si l’Europe les lui offre, alors l’armée de libération populaire pourra vaincre Taïwan. La Russie fournit déjà des armes à la Chine mais évite de vendre du matériel sensible, car le Kremlin considère toujours Pékin comme une menace. Toutefois, si l’Union européenne entre dans ce marché, les Russes seront tentés de vendre également leurs meilleures armes. Ce nouvel armement chinois et la crise nord-coréenne pourrait pousser une douzaine de pays à renouveler leurs forces armées. La levée de l’embargo va aboutir à une course aux armements en Asie.
Comment la Chine et la France ont-ils manipulé l’Union européenne pour qu’elle s’associe à cela ? La France considère les armes comme un moyen de faire des affaires et comme le Premier ministre Jacques Chirac avait vendu un réacteur nucléaire à Saddam Hussein, le président Jacques Chirac s’apprête à vendre des armes à une autre dictature. Ensuite, la Chine a menacé les autres pays européens de mesures de rétorsion économique en cas de non-levée de l’embargo. Les Européens ont totalement oublié Taïwan et se contentent d’évoquer un « code de bonne conduite ». Bientôt, pourtant, peut-être que la Chine utilisera des armes européennes contre les troupes états-uniennes venant défendre une démocratie de 23 millions d’habitants, 60 ans après avoir délivré l’Europe. Je suis choqué par l’accord de la Suède pour cette levée de l’embargo. Il n’a eu lieu que grâce à la collusion du Premier ministre Göran Persson et du dirigeant conservateur Fredrik Reinfeldt, afin que cette vente ait lieu au profit des grands groupes suédois. J’espère qu’ils devront en assumer les conséquences électorales.

Source
Jerusalem Post (Israël)
Taipei Times (Taïwan)

« Lifting weapons ban on China could spark Asian arms race », par Per Ahlmark, Taipei Times, 24 mars 2005.
« Guns and poses », Jerusalem Post, 30 mars2005.

Per Ahlmark

Per Ahlmark Per Ahlmark, auteur et journaliste, est ancien vice-premier ministre de Suède. Il est connu pour ses prises de positions pro-américaines et violemment anticommunistes. Il a été le supérieur d’Hans Blix lorsque l’auteur était responsable de l’organisation des jeunesses libérales de Suède en 1960. Il est l’un des dirigeants de l’ICCA, une très discrète structure de relations publiques mise en place par le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Michael Melchior, après la conférence de Durban. Cet organisme s’emploie depuis trois ans à répandre dans les médias internationaux l’idée selon laquelle la Belgique et la France seraient des États antisémites.

 
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