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Industrie chimique sous haute surveillance

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Tandis que les débats sur la légalisation des drogues douces et sur le blanchiment ont été largement véhiculés par les médias allemands, un autre enjeu, au moins aussi important, a été escamoté. Il s’agit de la "Loi de surveillance de la production et de l’exportation des précurseurs chimiques", promulguée en octobre l994. Lorsque la DEA avait accusé, en 1990, l’industrie chimique allemande de livrer sans contrôle des précurseurs à la Colombie et à la Turquie, le gouvernement de Bonn avait opposé une fin de non recevoir, en arguant que ces accusations n’étaient pas fondées. Cependant, plusieurs faits ont obligé les autorités allemandes à changer d’attitude. Les saisies de grandes quantités de précurseurs chimiques en Turquie (La Dépêche Internationale des Drogues n°40) et dans différents pays d’Europe centrale, ont fait apparaître que les industries chimiques de ces pays étaient alimentées par l’Allemagne. Avant de promulguer la loi, le gouvernement avait demandé aux industries chimiques de "s’auto - contrôler". Cela a été fait durant un an sans résultats probants. Désormais, les industries chimiques allemandes et leurs négociants sont juridiquement responsables de la destination de leurs produits. Ils doivent, en outre, obtenir l’autorisation pour l’exportation du Bureau Fédéral pour la Production Pharmaceutique (BAM), et fournir les informations adéquates au BKA et au Service des Douanes Fédéral. Il est cependant probable que la loi puisse être tournée sans trop de difficultés, comme le suggère l’exemple récent de la Sopharma en Bulgarie. Les porte - paroles de cette entreprise ont affirmé, le 8 décembre 1994, que 16 tonnes de "substances psychotropes" saisies récemment par la police bulgare n’étaient qu’un diluant pharmaceutique livré par la multinationale allemande AEG. D’après la police bulgare, Sopharma, grâce à de faux certificats allemands, servait d’intermédiaire pour la fourniture de précurseurs chimiques allemands à des laboratoires clandestins néerlandais (correspondants de l’OGD en Allemagne et en Bulgarie).

(c) La Dépêche Internationale des Drogues n° 41

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