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Le Pentagone active sa diplomatie officieuse pour relancer la Feuille de route

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Le Jerusalem Post rend compte de la donation de 1,5 million de dollars par le Pentagone à un centre académique états-unien, afin d’encourager le dialogue au Proche-Orient. Cet organisme a récemment réuni un groupe d’Israéliens et de Palestiniens, afin d’élaborer un plan pour relancer la Feuille de route de l’administration Bush.
L’un des principaux financiers du président palestinien Yasser Arafat, Muhammad Rashid, figurait parmi les participants, de même que l’ancien directeur de cabinet de Mohammed Dahlan, qui dirigeait les forces de sécurité préventive de Gaza, Abed Alloun. Du côté israélien, la délégation comprenait le travailliste Ephraim Sneh, l’ancien officiel du ministère des Affaires étrangères et du Mossad, David Kimche, et l’analyste des questions de défense pour Ha’aretz, Ze’ev Schiff.
Le plan a été élaboré au cours d’une conférence qui s’est tenue le 7 et 8 novembre 2003 en Jordanie, à l’initiative du Center for International Relations de Ronald W. Burkle, basé à UCLA. Cet organisme rédige des projets permettant de maintenir le dialogue entre les parties lorsque les négociations officielles sont rompues.
Le financement aurait été effectué via le Centre d’études stratégiques pour le Proche-Orient et l’Asie du Sud, à la National Defense University, qui supervise le contrat avec le Centre Burkle. Son programme pour le Proche-Orient intitulé Track Two a été fondé par les États-Unis dès le milieu des années 1990.
Le parlementaire états-unien démocrate, Howard Berman, a indiqué qu’il avait fréquemment assuré le financement de cette initiative, qui apparaît dans les lignes du budget du Département de la Défense : « Lorsque les négociations multilatérales se sont effondrées dans les années Oslo, Steve Spiegel a trouvé l’idée d’essayer de rassembler des gens venant d’Israël, des pays arabe et des États-Unis de manière informelle à cause de questions politiques et de l’absence de relations diplomatiques ».
Le plan élaboré comporte plusieurs recommandations :
- il préconise un cessez-le-feu indéfini entre l’Autorité palestinienne et Israël, qui serait sous contrôle d’une commission trilatérale regroupant les États-Unis, Israël et l’Autorité palestinienne. Ceci diffère des précédentes trêves négociées par les Palestiniens avec les factions militantes armées, et qui n’impliquaient ni Israël, ni les États-Unis.
- la future contruction d’une « clôture de sécurité » doit suivre « globalement la Ligne verte »
- l’établissement d’une association proche-orientale contre le terrorisme, qui réunirait les États-Unis, l’Égypte, la Jordanie, Israël, l’Autorité palestinienne et le Conseil de gouvernement transitoire irakien, avec un quartier-général au Caire.
- en tant que transition entre la phase I et la phase II de la Feuille de route, un programme pilote devrait être mis en œuvre dans la bande de Gaza, reposant sur l’évacuation des communautés israéliennes à la suite de la mise en place d’une période de stabilisation et de l’arrêt total des attaques terroristes.
- une Feuille de route économique en trois volets doit être présentée afin d’améliorer la situation au sein de l’Autorité palestinienne.
- dans le cadre du cessez-le-feu, l’Autorité palestinienne devrait « prendre des mesures concrètes » pour empêcher le Hamas, le Jihad islamique, et les autres groupes de lancer des attaques, en démantelant les milices illégales, en fermant les armureries et en réduisant le trafic d’armes.
- Israël de son côté serait incité à relâcher davantage de prisonniers palestiniens, à lever les contrôles routiers et à augmenter le nombre de permis de travail attribués aux Palestiniens, tout en démantelant les avant-postes illégaux.
- La communauté internationale devrait verser une aide d’urgence d’environ un milliard de dollars aux Palestiniens.
- Le plan recommande à l’Égypte et à la Jordanie de renvoyer un ambassadeur en Israël, et au Maroc, à la Tunisie et au Qatar d’initier une reprise des relations diplomatiques.

Le plan ainsi défini commence à circuler au sein de l’administration Bush, et il n’est pas encore évident que ses responsables en suivront les recommandations. Le secrétaire d’État Colin Powell a déjà vanté d’autres initiatives Track Two, y compris les accords de Genève, dont il doit rencontrer les auteurs, Yossi Beilin et Yasser Abed Rabbo. Powell et le vice-secrétaire à la Défense, Paul Wolfowitz ont évoqué avec enthousiasme l’autre initiative lancée par l’ancien chef des services du Shin Bet, Ami Ayallon et l’universitaire palestinien, Sari Nusseibeh.

Source
Jerusalem Post (Israël)

« Pentagon funds Track 2 peace plan », par Janine Zacharia, Jerusalem Post, 28 novembre 2003.

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