Hier, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, George W. Bush a demandé au gouvernement soudanais de cesser les massacres au Darfour, réitérant ainsi les déclarations de Colin Powell qui parlait de génocide. Kofi Annan a condamné Khartoum pour la violence et le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1564, mais le carnage continue. Cela continuera très certainement d’ailleurs si les États-Unis ne prennent pas la direction des opérations. C’est une leçon dont nous devrions nous souvenir après les crises dans les Balkans, au Rwanda et en Irak.
L’ONU est faible, lente et quand les États-Unis attendent une action de sa part, ils deviennent aussi faibles et lents. Les États-Unis finiront par agir, mais quand ? Ni Bush, ni John Kerry ne laisseront se produire un autre génocide en Afrique en une décennie. Les États-Unis ont fait tout ce qui était possible diplomatiquement pour résoudre la crise menaçant Khartoum et en cela se dégage un consensus bipartisan. Il faut en finir avec les menaces et agir. Après tout, en plus d’impératifs humanitaires, les États-Unis ont un intérêt stratégique au Soudan : Khartoum est l’un des sept États qui soutient le terrorisme et il a des contacts avec tous les groupes terroristes de la région. Al Qaïda y fut même basé dans les années 90. Ce mois ci, Die Welt a rapporté que la Syrie et le Soudan ont collaboré pour développer des armes chimiques et elles ont pu être utilisées contre les civils au Darfour. Frapper Khartoum, c’est donc frapper un coup dans la guerre au terrorisme. Pour cela, il faudra des troupes et certaines devront être américaines.
Il est évident qu’au moins deux membres du Conseil de sécurité de l’ONU opposeront leur veto a une résolution demandant des actions militaires contre le Soudan : la Chine a des intérêts pétroliers dans le pays et le Soudan achète des Mig russes. Il faut préparer une coalition des bonnes volontés pour agir au Soudan.

Source
Washington Post (États-Unis)
Quotidien états-unien de référence, racheté en août 2013 par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.

« End the Genocide Now », par William Kristol et Vance Serchuk, Washington Post, 22septembre 2004.