Tendances et événements au Proche-Orient

Devant le drame de Gaza, l’opinion publique arabe gronde

Le drame qui se joue à Gaza, où les Palestiniens sont abandonnés à leur sort devant la machine militaire et le blocus israéliens, continu de l’intérêt des régimes et des peuples arabes. Un décryptage de la situation permet de noter les observations suivantes :
- 1. La colère de l’opinion publique palestinienne a atteint un niveau incontrôlable. Ce sentiment est illustré par la tentative de prise d’assaut par une foule de femmes et d’enfants du point de passage de Rafah, entre la Bande de Gaza et l’Égypte, qui s’est soldée par 60 blessés. Cet incident a plongé Le Caire dans l’embarras et les indices du mécontentement de la rue égyptienne grandissent et inquiètent le régime. Des mouvements de protestation, des manifestations et des sit-in ont été organisés dans plusieurs corps professionnels en Égypte et dans certaines grandes villes du pays.
- 2. Des manifestations de soutien et de solidarité ont eu lieu avec les Palestiniens dans de nombreux pays arabes : Jordanie, Bahrein, Yémen, Liban, Syrie. Une symbiose commence à prendre forme entre les populations de ces pays et la diaspora palestinienne, installée dans des camps de réfugiés. Des manifestations communes ont été organisées dans certains pays.
- 3. L’accusation du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, selon laquelle les tirs de roquettes sont responsables du drame actuel, s’est retournée contre lui. Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Machaal, a affirmé que les roquettes palestiniennes ont une fonction uniquement dissuasive.
- 4. Les Égyptiens et les États-uniens commencent à faire circuler une proposition qui consiste à remettre le contrôle des points de passage entre Gaza et le monde extérieur à l’Autorité palestinienne. Cette idée avait été rejetée par Israël dans le passé, estimant que les services de sécurité palestiniens pouvaient facilement être infiltrés par des membres de la Résistance palestinienne.
- 5. Il apparaît clairement que la décision du gouvernement israélien de lever partiellement le blocus vise uniquement à absorber la vague de protestation arabe et internationale. Le Premier ministre Ehod Olmert et son ministre de la Défense, Ehud Barak, ont mis en place les détails d’un blocus de longue durée.
- 6. Les milieux politiques et médiatiques arabes et internationaux attendent les résultats de la conférence nationale palestinienne, organisée à Damas. Cette manifestation se tient alors que le retour à l’unité nationale et au dialogue inter-palestinien est de plus en plus envisagé. Ce discours s’accompagne d’une plus grande flexibilité affichée par le Hamas qui veut redonner la priorité à la lutte contre l’occupation.

Presse et agences internationales

AL-QABAS (QUOTIDIEN KOWEITIEN)
- Eldad Bak
Quelques jours à peine après l’annonce par la France de l’interruption de ses contacts avec la Syrie en raison de ses ingérences dans les affaires libanaises, l’Allemagne a invité le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, à une visite officielle à Berlin.
La Syrie n’a montré aucune intention de faire preuve de plus de flexibilité. Aussi, est-il inutile de lui offrir des cadeaux gratuitement.
- Aline Bracher
Le parti de la libération islamique (Hezb al-Tahirir al-Islami), fondé il y a 50 ans par un juge jordanien d’origine palestinienne, n’était pas intéressé par la politique. Aujourd’hui, il commence à remplir le vide laissé par le Hamas en Cisjordanie, sans avoir recours à la violence ou aux combattants. Par conséquent, l’Autorité palestinienne et Israël ne le considèrent pas comme une source de danger, alors que les gouvernements des 45 autres pays où il est implanté estiment que cette formation est un vivier pour les groupes extrémistes.
Le porte-parole du parti, Maher al-Jabri, a expliqué que la force de Hezb Al-Tahrir réside dans le fait qu’« il s’est éloigné des valeurs occidentales et est resté attaché aux vraies valeurs islamiques ».
La mort d’un des militants du parti, tué par les services de l’Autorité palestinienne lors d’une manifestation de protestation contre la conférence d’Annapolis, a développé chez les militants un sentiment d’oppression vis-à-vis de l’Autorité et d’Israël.

YEDIOT AHARONOT (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
- Yontan Yevin
Depuis le « discours des membres » prononcé par Hassan Nasrallah, une grande colère gronde en Israël. Le chef du Hezbollah est heureux. Il est expert dans les rituels mortuaires israéliens. Il a, encore une fois, réussi à toucher la plaie au fond du cœur. Les sages ont immédiatement saisi la proposition du bord du gouffre formulée par un chef isolé. Mais les colériques sont tombés dans le piège et certains d’entre eux, dont des ministres, ont, tout simplement, réclamé la liquidation de Nasrallah. Est-il aussi facile d’assassiner Nasrallah ? Evidemment non ! L’homme est très bien protégé et caché. Pour arriver à lui, il faut une unité d’élite et des renseignements fruits d’une trahison d’un des membres de son cercle rapproché. Mais avant cela, une opération suicidaire comme celle-ci nécessite une surveillance quotidienne de ses déplacements. Depuis la Deuxième guerre du Liban, Nasrallah n’a plus de vie routinière. Il vit dans un souterrain.

• L’agence de presse pakistanaise a annoncé que des manœuvres navales saoudo-pakistanaises portant le nom de « vent de mer », ont commencé. Sept bâtiments de la marine saoudienne sont arrivés au port de Karachi pour participer à ces exercices.
Par ailleurs, le prince héritier et ministre saoudien de la Défense, le prince Sultan Ben Abdel Aziz, a examiné à Riyad avec le ministre chinois de la Défense les moyens de consolider les relations militaires bilatérales.

AL-BAYAN (QUOTIDIEN EMIRATI)
Les informations sur la convocation d’un sommet arabe extraordinaire consacré aux crises en Palestine et au Liban, est un signe de la délicatesse de la situation. Pour qu’un tel sommet soit convoqué deux mois avant le sommet ordinaire prévu à Damas, c’est qu’il y a urgence. Les développements s’accélèrent dans ces deux pays et menacent de franchir le seuil du danger contrôlable.

AL-KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
Si c’était les Arabes qui avaient dit « les Israéliens peuvent bien marcher », comme l’a dit Ehud Olmert en parlant des Gazaoïtes, que ce serait-il passé ? L’Amérique aurait convoqué le Conseil de sécurité à une réunion extraordinaire et aurait fait voter une résolution accusant les Arabes de terrorisme. Elle aurait imposé des sanctions et un blocus et aurait même mobilisé une armée d’invasion pour punir ces « États-voyous » pour leurs « propos antisémites ».

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
- Issam Dari
Les Arabes ont accompli ces deux derniers jours deux importantes réalisations : la convocation du Conseil de sécurité pour débattre du désastre à Gaza et l’acheminement de quelques citernes de fioul pour alimenter la centrale électrique de la bande. Quelle dérision ! La cause d’un peuple réduite à l’histoire d’un camion, la liberté devenue une carte de marchandage dans le jeu des nations et un simple communiqué de moins d’une page publié par le Conseil de sécurité !

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu et l’Allemagne, réunies mardi à Berlin, ont constaté leurs divergences face à l’Iran. Pour garder l’apparence de l’unité, ils ont décidé de nouvelles restrictions aux déplacements de certains dirigeants iraniens et un gel supplémentaire de leurs avoirs à l’étranger. Des sanctions anodines. Pendant ce temps, les partisans des sanctions à Washington ont identifié les rédacteurs du rapport de synthèse des agences de renseignement qui blanchit l’Iran de tout programme nucléaire militaire. Il s’agit de trois diplomates (Vann Van Diepen, Kenneth Brill et Thomas Fingar), désormais dans la ligne de mire des néo-conservateurs.

L’HUMANITE (QUOTIDIEN COMMUNISTE FRANÇAIS)
Cette année, le Forum social mondial —alternative au Forum de Davos— ne se tient ni à Porto Alegre, ni à Bamako, mais de manière décentralisée dans une quarantaine de pays. Cette manifestation est à la recherche d’un nouveau souffle, notamment après la crise qui a traversé l’association ATTAC.

LE FIGARO (QUOTIDIEN FRANÇAIS, MAJORITE PARLEMENTAIRE)
Nicolas Sarkozy a reçu à Paris son homologue pakistanais, Pervez Musharraf et lui a apporté un soutien sans enthousiasme. Nul n’est dupe des ambiguïtés du président Musharraf qui, en l’absence d’alternative, tire profit de la crise dans son pays et se présente un peu rapidement comme un indispensable allié dans la guerre au terrorisme. Cette visite sans nécessité apparaît comme une maladresse face à l’Inde, à deux jours de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à New Delhi.

THE GUARDIAN (QUOTIDIEN BRITANNIQUE)
- Jonathan Steele (extraits de son livre à paraître Defeat : Why They Lost Iraq)
Dans n’importe quel pays au monde, les étrangers —y compris les hôtes officiels— sont soumis à des règles d’entrée et doivent présenter un passeport. Mais en Irak, les fonctionnaires des Etats-Unis et du Royaume-Uni atterrissent en avion dans une zone réservée de l’aéroport de Bagdad et rejoignent en hélicoptère ou en voiture la zone verte, centre du pouvoir politique, sans aucune formalité. Ils peuvent alors s’adresser de leur hauteur impériale aux politiciens indigènes pour leur dire qui doit être viré ou promu, quelle politique doit être conduite (…) La présence des forces d’occupation est justifiée par la nécessité de maintenir l’ordre public tant que les forces de sécurité locales n’en sont pas capables ; un prétexte qui peut être utilisé à l’infini. En réalité, les forces irakiennes sont placées sous l’autorité d’un commandement intégré, c’est-à-dire de facto des États-Unis. Elles ne disposent pas du même équipement et seront donc indéfiniment incapables de faire aussi bien que les forces d’occupation. Elles sont exposées en première ligne, mais n’ont jamais leur mot à dire. En Irak, la souveraineté est une farce.

LOS ANGELES TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
• Saddam Hajdib, 25 ans, et trois autres Libanais radicaux, sont soupçonnés par la police allemande d’avoir planifié un attentat dans un train en 2006. C’est le même Hajdib qui cambriola une banque de Tripoli (Liban) pour y retirer 125000 dollars, la paye de Fatah al-islam. Cette action marqua le début de la bataille de Nahr el-Bared, au printemps 2007, dont l’Armée libanaise sortit vainqueur grâce à l’aide militaire d’urgence des États-Unis (sic).
• Un GI est mort dans un des nouveaux véhicules blindés anti-mines (MRAP) qui équipe les troupes en Irak. Une bombe a explosé sous le camion et n’a pas réussi à en percer le plancher, mais le véhicule a été projeté et s’est renversé tuant un des occupants.

THE NEW YORK TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
L’Assemblée nationale irakienne a adopté par 110 voix sur 165 un nouveau drapeau mettant fin à une dispute d’une année. Les Kurdes ne reconnaissaient plus le drapeau national hérité de Saddam Hussein. Dans le nouveau drapeau, les trois étoiles symbolisant l’unité, la liberté et le socialisme ont été retirées, et la police de caractères de la devise « Dieu est grand » a été modernisée. En 2004, les États-Unis avaient tenté d’introduire un nouveau drapeau bleu et blanc, mais il avait été rejeté par les Irakiens qui le jugeaient ressemblant à celui d’Israël.

THE WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN, GROUPE MOON)
• Dell Dailey, directeur de l’anti-terrorisme au département d’État, a dénoncé les manques dans les renseignements transmis par le Pakistan. Il a souligné sa confiance dans le nouveau chef d’état-major, le général Ashfaq Kayani, estimant qu’il pourrait être capable de pacifier les territoires tribaux s’il faisait appel l’aide militaire états-unienne. De son côté, la représentante démocrate, Jane Harman, a souligné que pour pacifier ces zones, les États-Unis devaient cesser de considérer le maintien au pouvoir du président Musharraf comme une priorité.
• Le dauphin de Vladimir Poutine, Dmitry Medvedev, s’est félicité des grandes manœuvres militaires que la Russie conduit pour trois jours au large des côtes portugaises et espagnoles. Il a déclaré que son pays ne devait pas rompre ses liens avec des pays à problèmes comme l’Iran et que le pire serait d’adopter la politique du tapis de bombes.

Audiovisuel international

AL-JAZEERA (CHAINE QATARI)
Émission : A contre-courant
- Nasser Kandil, directeur du Centre d’études et de presse New Orient News
• Le président George Bush avait l’intention de visiter le Liban dans le cadre de sa tournée proche-orientale, mais on lui a conseillé de s’abstenir d’inscrire le pays du cèdre à son programme. Le Liban n’est pas comme les autres pays et il n’est pas le bienvenu. On lui a dit : « Votre visite au Liban ternira l’image de votre tournée régionale et aura des répercussions négatives sur le gouvernement de Fouad Siniora ».
• Ceux qui ont accueilli George Bush ne voient-ils pas ce que subissent nos frères à Gaza. Le criminel Bush a donné le feu vert à Ehud Olmert afin qu’il massacre le peuple palestinien.
- Ayed Mannah, professeur de sciences politiques à l’université de Koweit
George Bush mérite d’être accueilli avec tous les honneurs non seulement dans notre pays mais dans l’ensemble du monde arabe. C’est un libérateur, fils de libérateur.

Tendances et événements au Liban

Un complot pour assassiner Hassan Nasrallah ?

Des dirigeants de l’opposition libanaise ont dévoilé l’existence d’un plan états-unien visant à assassiner le leader de la Résistance libanaise, sayyed Hassan Nasrallah. Ce complot serait en phase d’exécution et ses dimensions politiques et médiatiques auraient été confiées à des parties libanaises. Les attaques virulentes lancées contre sayyed Nasrallah par deux figures du 14-mars, l’ancien président Amine Gemayel et le chef de l’ancienne milice des Forces libanaises, Samir Geagea, s’inscriraient dans le cadre de la préparation du terrain à une opération spéciale menée conjointement par les États-Unis et Israël. Ces informations paraissent crédibles lorsque l’on se souvient que George Bush a officiellement donné à ses services de renseignement, début 2007, les moyens et les instructions nécessaires pour mener des opérations contre le Hezbollah au Liban.
Ces informations sont venues empoisonner davantage un climat politique déjà très lourd au Liban et qui se caractérise par les données suivantes :
- 1. Le dossier libanais a été évoqué à Damas entre les responsables syriens et le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Saltanov. A cette occasion, la Syrie a appelé à la poursuite des efforts arabes au Liban et a invité le secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa, à œuvrer en vue de rapprocher les points de vue entre les protagonistes libanais. Pendant ce temps, les préparatifs à la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères, dimanche au Caire, pour débattre du dossier libanais, se poursuivent.
- 2. L’opposition examine la possibilité d’envoyer une délégation pour exposer son point de vue aux ministres arabes des Affaires étrangères. Cette délégation pourrait être conduite par l’ancien Premier ministre Omar Karamé.
- 3. Les préparatifs se poursuivent pour la journée de protestation syndicale, jeudi, contre la hausse des prix et l’incurie du gouvernement. Le 14-mars accuse l’opposition de manipuler les mouvements syndicaux, alors que celle-ci avait clairement déclaré que lorsqu’elle décidera de redescendre dans la rue, elle le fera sous des slogans politiques et ne se cachera pas derrière des revendications d’ordre social.
- 4. La colère gronde en raison des crimes perpétrés par les Israéliens dans la bande de Gaza. D’importantes manifestations sont prévues vendredi dans les camps palestiniens mais aussi dans de nombreuses villes et régions libanaises.
- 5. Après avoir évoqué la saisie par le Conseil de sécurité du dossier de la présidentielle libanaise, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a exclu cette éventualité. La France et les États européens craignent les répercussions négatives sur leurs troupes déployées au Liban-Sud en cas d’internationalisation de la présidentielle libanaise. La communauté internationale est consciente qu’une simple résolution de l’Onu ne peut pas modifier les rapports de force présents sur le terrain.
- 6. Malgré cela, l’opposition continue de croire à l’existence d’un plan visant à internationaliser la crise et pense que l’initiative arabe pourrait servir de tremplin à un tel projet. Le Conseil ministériel arabe pourrait dépêcher à Beyrouth Amr Moussa accompagné de plusieurs ministres arabes des Affaires étrangères pour tenter une percée avant de constater son incapacité et transmettre le dossier à l’Onu.

Déclarations

- NASRALLAH SFEIR, PATRIARCHE MARONITE
Il est impératif de préserver la patrie, de la même façon que l’on protège sa maison.
Il est désolant de voir comment nous nous combattons les uns les autres, alors que ce qu’il faudrait, c’est que nous nous soutenions pour sauvegarder la patrie.
Notre foi en notre Dieu et notre patrie est grande. Notre parcours est long et difficile.

- CHEIKH ABDEL AMIR KABALAN, MUFTI CHIITE
(L’ancien président) Amine Gemayel a eu un élan de mansuétude envers les soldats israéliens venus tuer les Libanais sur leur propre territoire, démontrant ainsi qu’il n’est pas ému par les milliers de Libanais massacrés. Par contre, il semble avoir un sursaut de conscience humanitaire envers les dépouilles des Israéliens.
Vous avez morcelé le pays et assisté au massacre des Libanais. Si seulement vous pouviez réaliser ce que vous aviez fait de ce pays. Si seulement vous aviez eu pitié, durant la guerre civile, des restes humains, de l’avenir de la population et de ses biens.

- GHAZI ARIDI, MINISTRE DE L’INFORMATION(14-MARS)
Pourquoi l’opposition avait-elle accepté la candidature du général Michel Sleimane si elle n’avait pas confiance en lui ?

- HUSSEIN HAJJ HASSAN, DEPUTE DU HEZBOLLAH
Nous nous attendions à ce que cette information (l’annonce par Hassan Nasrallah que son parti conservait les restes de soldats israéliens, ndrl) suscite un remous et une frayeur chez les responsables et les militaires israéliens. Mais la surprise est venue de la part de certains Libanais relevant du camp du 14-mars, dont la réaction a été bien plus puissante que celle des sionistes.
Le conflit est entre les supporters du projet états-unien dont Samir Geagea et ses partenaires au 14-mars font partie, et le peuple libanais, avec à leur tête l’opposition qui aspire à la souveraineté et à l’indépendance.
La mission impartie à M. Geagea est de servir les intérêts US et de défendre le droit du président états-unien à dire ce qu’il veut et définir la politique qu’il désire dans la région, même si cela va à l’encontre des peuples, comme l’élimination du droit de retour des Palestiniens et leur implantation.

- AHMAD FATFAT, MINISTRE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS (14-MARS)
Les émeutes du lundi soir sont une opération mise au point avec précision par le Hezbollah. Tous les mouvements étaient strictement similaires et menés dans des limites bien déterminées pour ne pas donner l’impression qu’il s’agit de la grande insurrection dont l’heure n’est pas encore venue. Le plan était donc bien étudié et la mobilisation s’est faite de façon presque militaire. Or seul le Hezbollah est capable d’entreprendre de telles actions.
Les gens se mobiliseront sans que les forces du 14-mars ne lancent des appels dans ce sens. Nous savons que chaque Libanais défendra sa maison, sa terre et son honneur. Personne n’acceptera la logique de l’élimination de l’autre.
Tout le monde a le droit d’agir politiquement tant que cela reste dans les limites de la loi. Les forces du 14-mars étudient actuellement les modalités de leur riposte politique. La concurrence naturelle en matière de manifestations est légitime. Mais si la question dépasse le cadre politique pour atteindre le stade de l’atteinte aux biens publics et privés, la fermeture des routes et d’autres violations de la loi, le 14-mars n’aura plus de responsabilités à ce niveau. Ce sont les autorités sécuritaires qui seront alors responsables.
Les gens doivent se rendre compte que l’armée n’est plus, après Nahr el-Bared, ce qu’elle était auparavant. La troupe a connu un important développement.

- ANTOINE ZAHRA, DEPUTE DES FORCES LIBANAISES (14-MARS)
La majorité est rassurée quant au rôle qu’assumeraient l’armée et les FSI dans la répression d’émeutes et de fermeture des routes. Le camp de la majorité ne descendra pas dans les rues pour forcer leur réouverture, comme cela s’était passé le 23 janvier 2007. Mais si (les émeutes) durent plusieurs jours, tout sera alors possible. Toutefois, l’essentiel est que les forces de sécurité assument leur devoir.
Si le mouvement se transforme en manifestations géantes visant à montrer une force populaire, la majorité ripostera alors de manière opportune pour exprimer les orientations de l’opinion libanaise. Tout comme le 8-mars avait produit le 14-mars, tout nouveau mouvement de grande ampleur produirait un autre mouvement populaire encore plus grand, et cela pour rectifier l’image auprès de toutes les parties locales, arabes et internationales.

- MICHEL EDDE, ANCIEN MINISTRE
Le christianisme-sioniste est une falsification programmée du véritable christianisme. Ces théories n’ont rien à voir avec l’enseignement du Sauveur et sa mission. Il s’agit plutôt d’un instrument de propagande politique destiné à assurer une couverture chrétienne à l’extrémisme sioniste.
Il s’agit de présenter le sionisme comme une exigence du christianisme. Nous sommes en présence de l’image la plus laide du terrorisme intellectuel. Au-delà du grave préjudice porté à la vérité chrétienne, le sionisme chrétien fait un tort énorme au Liban.
Au Liban, nous sommes vitalement concernés par le drame palestinien. Ce qui se passe à Gaza prouve de façon éclatante que l’on cherche à liquider la question palestinienne sur le compte du Liban, en poussant à l’exode un surcroît de Palestiniens et en y imposant l’implantation, ce qui implique la disparition de la formule libanaise et de la nature de notre société et de notre État.