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Extraits de politique étrangère

Madame la présidente de la Chambre des représentants,
Monsieur le Vice-président Biden,
Membres du Congrès,
invités distingués et chers concitoyens,

Notre Constitution prévoit que, de temps à autre, le président informe le Congrès de l’état de notre Union. Depuis deux cent vingt ans, nos dirigeants ont rempli cette obligation. Ils l’ont fait en période de prospérité et de tranquillité. Ils l’ont fait aussi en temps de guerre et de dépression, à des moments de profonde discorde et de grande épreuve.

(...)

Il nous faut encourager l’innovation dans notre pays. (...) Aucun autre domaine n’est plus prêt à bénéficier de l’innovation que celui de l’énergie. (...)

Mais pour créer un plus grand nombre d’emplois dans le domaine de l’énergie propre, il nous faut accroître la production, l’efficacité et les incitations. Cela veut dire construire des centrales nucléaires dans notre pays pour la première fois depuis trente ans, prendre des décisions difficiles au sujet de l’autorisation de l’exploitation pétrolière et gazière de nouveaux gisements situés au large des côtes, poursuivre les investissements dans la mise au point de biocarburants perfectionnés et de procédés d’épuration du charbon. Cela veut dire aussi adopter un texte de loi global sur l’énergie et le climat prévoyant des incitations qui rentabiliseront finalement la production d’énergie propre aux États-Unis.

(...) Je sais que l’on se pose la question de savoir si nous pouvons nous permettre ces changements dans une situation économique difficile et je sais qu’il existe des personnes qui doutent des preuves scientifiques écrasantes relatives aux changements climatiques. Toutefois, même si vous doutez de l’évidence, la création d’incitations en faveur de l’efficacité énergétique et de l’énergie propre est une décision judicieuse pour notre avenir, parce que le pays qui dirigera l’économie de l’énergie propre sera le pays qui dirigera l’économie mondiale, et les États-Unis doivent être ce pays.

Enfin, il nous faut exporter davantage de nos produits, car plus nous en fabriquerons et en exporterons, plus nous soutiendrons d’emplois ici-même en Amérique. C’est pourquoi, ce soir, nous établissons un nouvel objectif : nous doublerons nos exportations dans les cinq prochaines années , ce qui suscitera la création de deux millions d’emplois aux États-Unis. À l’appui de cet objectif, nous lançons une initiative nationale en faveur des exportations qui aidera les exploitants agricoles et les petites entreprises à accroître leurs exportations, et réformera les contrôles aux exportations, dans le respect dans la sécurité nationale.

Nous devons chercher de nouveaux marchés avec acharnement, tout comme le font nos concurrents. Si les États-Unis restent sur la touche alors que d’autres pays concluent des accords commerciaux, nous perdrons l’occasion de créer des emplois dans notre pays. Mais la réalisation de ces avantages passe aussi par l’application de ces accords de façon que nos partenaires commerciaux suivent les règles du jeu. C’est pourquoi nous œuvrerons en faveur d’un accord commercial de Doha qui ouvre les marchés mondiaux et nous renforcerons nos relations commerciales en Asie ainsi qu’avec des partenaires importants tels que la Corée du Sud, le Panama et la Colombie.

(....)

À partir de 2011, nous sommes prêts à geler les dépenses publiques pendant trois ans. Les dépenses liées à notre sécurité nationale, à Medicare, à Medicaid et à la sécurité sociale (les retraites) ne seront pas affectées. Mais tous les autres programmes discrétionnaires le seront. (...) Si je dois imposer cette discipline par le veto, je le ferai.

Nous continuerons également d’examiner le budget ligne par ligne afin d’éliminer les programmes que nous ne pouvons pas nous payer et qui ne marchent pas. Nous avons identifié 20 milliards de dollars d’économies pour l’année prochaine (...)

Je sais que d’aucuns, dans mon propre parti, diront que nous ne pouvons pas nous attaquer au déficit ou geler les dépenses du gouvernement quand tant de gens sont encore en difficulté. Je suis d’accord, et c’est pourquoi ce gel n’entrera en vigueur que l’année prochaine, lorsque l’économie sera plus forte. C’est ainsi que s’élabore un budget. Mais comprenez bien : si nous ne prenons pas des mesures significatives en vue de maîtriser notre dette, cela pourrait porter atteinte à nos marchés, gonfler le loyer de l’argent et compromettre notre redressement, toutes choses qui risquent d’avoir un effet encore pire sur l’emploi et sur le revenu des ménages.

(...)

Tout au long de notre histoire, aucune question n’a autant uni notre pays que celle de notre sécurité. Il est triste de constater qu’un peu de l’unité que nous avons ressentie à la suite des attentats du 11 septembre (2001) s’est dissipée. Nous pouvons discuter autant que nous voulons sur qui est à blâmer pour cela, mais je ne tiens pas à remettre le passé en procès. Je sais que nous aimons tous notre pays. Chacun de nous est attaché à sa défense. Cessons donc les invectives d’écoliers sur lequel est le plus fort ; rejetons le choix, qui n’en est pas un, entre la protection de nos citoyens et la défense de nos valeurs ; oublions la peur et la division et faisons ce qu’il faut pour défendre notre pays et créer un avenir plus empreint d’espoir, pour l’Amérique et pour le monde.

C’est la tâche que nous avons entreprise l’an dernier. Depuis le jour de mon entrée en fonction, nous avons recentré notre attention sur les terroristes qui menacent notre patrie. Nous avons fait des investissements importants dans la sécurité de notre territoire et déjoué des complots qui menaçaient de faire des victimes parmi nos concitoyens. Nous sommes en train de combler les lacunes inacceptables qu’a révélées la tentative échouée d’attentat de Noël, en améliorant la sécurité à bord des avions et en accélérant les actions prises en fonction de nos renseignements. Nous avons interdit la torture et renforcé nos partenariats du Pacifique à l’Asie du Sud et à la péninsule arabe. Et au cours de l’année écoulée, des centaines de combattants et d’associés d’Al-Qaïdam dont beaucoup de hauts commandants, ont été capturés ou tués, soit bien plus qu’en 2008.

En Afghanistan, nous augmentons nos effectifs et formons les forces afghanes de sécurité, afin qu’elles puissent commencer à prendre la direction des opérations en juillet 2011 et que nos soldats puissent commencer à rentrer chez eux. Nous récompenserons la bonne gouvernance, travaillerons à réduire la corruption et appuierons les droits de tous les Afghans, aussi bien hommes que femmes. Nous avons à nos côtés des alliés et des partenaires qui ont accru leurs engagements et qui se réuniront demain à Londres pour réaffirmer notre détermination commune. Il y aura des jours difficiles devant nous. Mais je suis absolument convaincu que nous réussirons.

Alors que nous luttons contre Al-Qaïda, nous laissons de façon responsable l’Irak à son peuple. Lorsque j’étais candidat à la présidence, je m’étais engagé à mettre fin à cette guerre, et c’est ce que je fais en ma qualité de président. Nous aurons retiré d’Irak toutes nos forces de combat d’ici à la fin du mois d’août. Nous soutiendrons le gouvernement irakien lorsqu’il organisera des élections et poursuivrons nos relations de partenariat avec le peuple irakien en vue de favoriser la sécurité et la prospérité. Mais ne vous y trompez pas : cette guerre se termine, et tous nos soldats rentrent chez eux.

(...)

En même temps que nous menons deux guerres, nous affrontons aussi le danger peut-être le plus grave qui menace le peuple américain, à savoir la menace des armes nucléaires. J’ai pris à cœur la vision de John Kennedy et de Ronald Reagan, en adoptant une stratégie qui inverse la prolifération de ces armes et vise à un monde qui en sera débarrassé. En vue de réduire nos arsenaux et nos vecteurs tout en maintenant notre pouvoir de dissuasion, les États-Unis et la Russie achèvent de négocier un traité de limitation des armements d’une portée sans précédent depuis près de deux décennies. Et en avril, lors du Sommet sur la sécurité nucléaire, nous réunirons 44 États ici à Washington en vue d’un objectif clair : sécuriser, en quatre ans, tout le matériel nucléaire vulnérable de par le monde, afin qu’il ne puisse jamais tomber entre les mains de terroristes.

Ces efforts diplomatiques ont, de plus, renforcé notre main face aux pays qui insistent pour transgresser des accords internationaux à la recherche d’armes nucléaires. C’est pourquoi la Corée du Nord doit maintenant faire face à un isolement accru et à des sanctions plus lourdes - des sanctions qui sont vigoureusement appliquées. C’est pourquoi la communauté internationale est plus unie et la République islamique d’Iran plus isolée. Et tandis que les dirigeants iraniens continuent de faire fi de leurs obligations, que personne n’en doute : ils devront, eux aussi, faire face à des conséquences croissantes. C’est une promesse.

Tel est le leadership que nous apportons : un engagement qui vise à faire progresser la sécurité et la prospérité de tous les peuples. Nous œuvrons au sein du G20 en faveur d’un redressement mondial durable. Nous collaborons avec des communautés musulmanes de par le monde dans les domaines de la science, de l’éducation et de l’innovation. En matière de lutte contre les changements climatiques, de simples spectateurs, nous sommes devenus des meneurs. Nous aidons les pays en développement à se nourrir et nous poursuivons la lutte contre le sida. Enfin, nous lançons une nouvelle initiative qui nous donnera la capacité de riposter plus rapidement et plus efficacement au bioterrorisme, ou à une maladie infectieuse - un plan qui permettra à la fois de contrer les menaces chez nous et de renforcer la santé publique à l’étranger.

Comme nous le faisons depuis plus de soixante ans, les États-Unis entreprennent ces actions parce que notre destin est lié à celui des peuples situés au-delà de nos rivages. Mais nous le faisons aussi pour des impératifs moraux. C’est ainsi qu’à l’heure où nous sommes réunis ici, plus de 10.000 Américains s’emploient, côte à côte avec de nombreux autres pays, à aider le peuple d’Haïti à se relever et à reconstruire. C’est la raison pour laquelle nous prenons parti pour la fille qui aspire à aller à l’école en Afghanistan, que nous soutenons les droits des femmes qui manifestent dans les rues en Iran, et que nous défendons la cause du jeune Guinéen que la corruption a privé d’emploi. Car l’Amérique doit toujours demeurer du côté de la liberté et de la dignité humaine. Toujours.

(...)

Notre gouvernement a connu certains revers politiques cette année, dont certains étaient mérités. (...) Et ce qui me pousse à agir - à lutter - c’est ce que, malgré tous ces revers, l’esprit de détermination et d’optimisme, l’humanité fondamentale qui a toujours été un trait essentiel du peuple américain, demeure vivace.

(...)

Il survit chez ce garçon de huit ans de Louisiane, qui m’a envoyé son argent de poche en me priant de le faire parvenir à la population haïtienne. Il survit aussi chez les Américains qui ont tout laissé tomber pour se rendre dans un lieu où ils n’étaient jamais allés afin de retirer des décombres des personnes qui leur étaient totalement inconnues, provoquant des acclamations d’« USA ! USA ! USA ! » alors qu’on sauvait une nouvelle vie.

Cet esprit qui a soutenu notre pays pendant plus de deux siècles survit chez vous, chez son peuple.

Nous venons d’achever une année difficile. Nous avons traversé une décennie difficile. Toutefois, une nouvelle année est arrivée ; une nouvelle décennie se présente à nous. Nous ne baisserons pas les bras. Je ne les baisserai jamais. Saisissons cette occasion pour prendre un nouveau départ, pour poursuivre la réalisation du rêve et pour renforcer une fois de plus notre union. Je vous remercie. Que Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique.