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L’Iran a lancé un missile balistique Shahab-3

| New York (États-Unis)
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Par la présente, je tiens à vous informer, une fois de plus, que le régime iranien a commis une nouvelle violation flagrante et alarmante de la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité concernant les activités relatives aux missiles balistiques.

Israël peut désormais confirmer que, le 23 février 2019, l’Iran a effectué un nouvel essai de missile balistique dans le secteur de Garmsar. Il s’agissait de tester un nouveau modèle destructif du missile balistique Shahab-3.

Cet essai constitue une violation flagrante de la résolution 2231 (2015) pour les raisons suivantes : il sort du cadre arrêté dans l’annexe B et le missile dont il s’agit a une portée de frappe de plus de 300 kilomètres et peut transporter une charge utile de plus de 500 kilogrammes (catégorie I du Régime de contrôle de la technologie des missiles). Ce type de missiles est conçu pour transporter des têtes nucléaires et en possède la capacité.

Ces nouveaux faits alarmant se sont produits seulement deux semaines après que l’Iran a utilisé un lanceur de satellite Safir depuis le Centre spatial Imam Khomeini, le 6 février 2019 (voir S/2019/168), et seulement un mois après qu’il a utilisé un lanceur de satellite Simorgh, le 14 janvier 2019 (voir S/2019/62). Cette escalade d’activités dangereuses illustre le complet dédain que l’Iran manifeste à l’égard des exhortations urgentes que la communauté internationale lui adresse pour que son régime s’abstienne de tout type d’activité relative aux missiles.

Je tiens à souligner que, dans la dernière lettre que j’ai adressée au Conseil de sécurité sur cette question (S/2019/168), en particulier s’agissant du lanceur de satellite utilisé le 6 février, j’ai fait observer que le transporteur-érecteur-lanceur utilisé était « identique à celui dont s’était servi l’Iran pour lancer des missiles Chahab-3 ». J’ai également réitéré que bien que les autorités iraniennes aient « prétendu qu’il s’agissait d’un exercice civil de recherche-développement dans le domaine spatial, ces activités pouvaient être utilisées à des fins tant civiles que militaires et marquaient une nouvelle étape dans le développement par l’Iran de missiles balistiques intercontinentaux capables de transporter une charge nucléaire ». Le tir récent de ce nouveau modèle de pointe du Shahab-3 ne fait que souligner ce point.

Le tir du 23 février n’est que la plus récente des démonstrations faites par l’Iran des progrès ininterrompus de son programme de missiles balistiques, qu’il n’a aucunement l’intention de stopper. Il intervient dans le cadre des violations de multiples résolutions du Conseil de sécurité auxquelles l’Iran ne cesse de se livrer, notamment des résolutions 2231 (2015), 2216 (2015), 1701 (2006), 1559 (2004) et 1540 (2004). L’Iran est devenu le pays qui contribue le plus à la prolifération des missiles et d’autres technologies balistiques au Liban, au Yémen, en Syrie et en Iraq et fournit même directement ces missiles à des acteurs non étatiques et terroristes, déstabilisant ainsi la région.

Je demande au Conseil de sécurité de se joindre aux nations et aux États qui ont déjà pris des mesures pour endiguer la menace que représentent les missiles iraniens.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.

Source : Onu S/2019/288

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