Comme les récentes déclarations de Paul O’Neil l’ont confirmé, la décision de faire la guerre à L’Irak a en réalité été prise dès l’entrée en fonction de l’administration Bush. Colin Powell voulait poursuivre la politique d’endiguement, mais le 11 septembre a donné aux avocats de la guerre l’ouverture nécessaire à la réalisation de leur projet.
Suite au 11 septembre, on a tenté très vite de lier l’Irak et Al Qaïda, Donald Rumsfeld a créé le Bureau des plans spéciaux pour court-circuiter les réseaux de renseignement classiques et Dick Cheney faisaient pression sur la communauté du renseignement pour qu’elle fournisse des rapports compatibles avec le discours officiel. Dès la fin de l’année 2001, les déclarations de l’administration Bush se détournaient de l’Afghanistan et de la guerre au terrorisme pour se concentrer sur l’Irak. Alors que Ben Laden était encore en fuite, le président se concentra sur l’Irak et utilisa cet argument comme argument électoral lors de l’élection de novembre 2002 pour détourner l’attention des difficultés économiques et diviser les démocrates. Cela fonctionna et les républicains prirent le contrôle du Congrès.
Cheney, Rumsfeld et Wolfowitz convainquirent alors le président que la guerre serait une partie de plaisir, que nous n’avions pas besoin de l’ONU et que nous serions accueillis en libérateur par les Irakiens. La nature du régime irakien n’a jamais été la raison de la guerre jusqu’à ce que les autres explications ne fassent long feu. L’Irak n’était pas une menace et n’entretenait pas de liens avec Al Qaïda. Des ressources ont été détournées, des vies perdues, nous sommes haïs dans le monde et d’après Tom Ridge, Al Qaïda nous menace encore.
Le président nous a trompé et il ne mérite pas d’être réélu.

Source
Washington Post (États-Unis)
Quotidien états-unien de référence, racheté en août 2013 par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.

« A Dishonest War->http://www.washingtonpost.com/wp-dy...], par Edward M. Kennedy, Washington Post, 18 janvier 2004.