Nous devons revoir notre politique en Irak car elle ne fonctionne pas. Beaucoup critiquent à présent la naïveté idéologique et le manque de préparation de l’après-guerre, mais critiquer le désordre n’est pas suffisant et un retrait de nos troupes n’est pas envisageable en raison des risques de guerre civile et de déstabilisation régionale. L’administration Bush ne semble cependant pas avoir de plans pour construire un gouvernement irakien pouvant gérer le pays après notre départ alors que nous sommes à dix semaines du transfert de souveraineté.
Le cœur du problème, comme au Vietnam, est politique : comment former et soutenir un gouvernement pouvant gagner une légitimité populaire face à une réaction nationaliste contre notre présence et tout groupes ayant notre soutien ? Ce ne sera pas facile, mais nous en avons besoin. Une défaite militaires de nos opposants, si elle peut aider à la formation d’un tel gouvernement, ne garantit pas notre victoire. Nous devons développer une nouvelle politique, fondée sur une approche en cinq points :
- Nous devons repousser le transfert de souveraineté après le 30 juin, cela accroîtra la méfiance des Irakiens et provoquera sans doute de nouvelles violences, mais il n’est pas possible de former un gouvernement avant cette date.
- Nous devons promettre que ce gouvernement sera immédiatement formé après qu’une assemblée aura été élue.
- Nous devons renforcer nos troupes afin qu’elles puissent assurer la sécurité nécessaire à la tenue de ces élections.
- Cet envoi de troupes supplémentaires doit s’accompagner de l’arrivée de plus de troupes étrangères, de l’OTAN notamment.
- Nous devons plus impliquer la communauté internationale.

Source
Washington Post (États-Unis)
Quotidien états-unien de référence, racheté en août 2013 par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.

« Focus on Iraqi Politics », par Ivo Daalder et Anthony Lake, Washington Post, 16 avril 2004.