« Karl Rove compte les votes pendant que les bombes tombent »

Karl Rove : Counting Votes While the Bombs Drop
Los Angeles Times (États-Unis)

[AUTEUR] James C. Moore est coauteur de Bush’s Brain : How Karl Rove Made George W. Bush Presidential.

[RESUME] [Karl Rove] a mené la nation à la guerre pour améliorer les perspectives électorales de [George W. Bush].
Rove, le conseiller politique de Bush est, de facto, coprésident comme il avait été co-candidat et co-gouverneur du Texas et il est sans doute le plus puissant personnage non-élu de l’histoire des États-Unis. La guerre en Irak servait à détourner les Américains des problèmes économiques et de l’incapacité à arrêter Ben Laden, en plus elle était souhaitée par les néo-conservateurs. C’est pourquoi Rove a suggéré au président de lier Ben Laden et Hussein, même si la CIA n’y parvenait pas. Cela a si bien marché que désormais 61 % des Américains pensent que Saddam Hussein et Oussama Ben Laden étaient associés dans l’organisation des attentats du 11 septembre.
Rove a désormais besoin que la guerre continue et c’est comme cela qu’il faut comprendre la déclaration de Bush affirmant que l’Irak n’était qu’une bataille. Rove poussera toujours Bush à prendre les décisions qui lui permettraient de remporter les élections plutôt que de défendre l’intérêt du pays. Il se moque des bombardements sur les civils irakiens ou des balles visant nos troupes s’il peut gagner des voix. Les sujets portant sur la guerre et la paix du pays ne sont pourtant pas du ressort d’un conseiller politique.

« Les leçons durement apprises concernant la reconstruction des nations »

Hard-earned lessons on nation-building
International Herald Tribune (États-Unis)

[AUTEUR] Carl Bildt est ancien Premier ministre de Suède (1991-1994) et ancien envoyé spécial du secrétariat général de l’ONU pour les Balkans (1999-2001). Il est membre des conseils d’administration du Center for European Reform à Londres et de la Rand Corporation aux États-Unis.

[RESUME] Au lendemain de la guerre en Irak, le monde réapprend qu’il est plus facile de détruire un régime que de reconstruire un pays. Nous avons beaucoup appris des efforts de reconstruction à Haïti, au Kosovo et au Timor oriental et nous devons nous rappeler sept leçons :
- Il faut assurer l’ordre le plus vite possible en utilisant l’armée pour cela.
- Il est plus important de reconstruire le système politique que les infrastructures.
- Il faut vite savoir quel type d’État on veut construire et il faut donc se dépêcher de trouver une formule politique qui permette de garder ensemble les différentes ethnies d’Irak.
- Il faut se préoccuper de la reconstruction de l’économie à long terme et ne pas se contenter d’une aide humanitaire.
- Il faut bénéficier de l’aide des pays voisins et dans le cas de l’Irak, il faut l’obtenir en réglant le conflit israélo-palestinien.
- La reconstruction est toujours plus facile quand elle bénéficie d’une aide internationale large.
- La reconstruction prend toujours plus de temps et de ressources que ce qui était prévu initialement.
Nous sommes contraints de réussir car un échec diviserait l’Irak, déstabiliserait la région et affecterait le monde entier.

« La victoire en Irak contre l’ordre en Irak »

Victory in Iraq vs. order in Iraq
Christian Science Monitor (États-Unis)

[AUTEUR] Arthur C. Helton est avocat et membre du Council on Foreign Relations. Il est l’auteur de The Price of Indifference : Refugees and Humanitarian Action in the New Century.

[RESUME] Le retour à l’ordre en Irak est nécessaire pour distribuer l’aide alimentaire et amener un retour à la vie normale aux Irakiens. Mais comment organiser un retour du droit en dans ce pays ?
Le département de la Justice états-unien va envoyer une équipe internationale de 26 membres en Irak pour étudier la question et ils concluront sans doute que le travail est énorme. Pour l’instant, l’armée essaye de rétablir l’ordre, mais selon quelles lois seront jugées les personnes arrêtées ? Pour l’instant les militaires gardent les prisons et organisent les fonctions judiciaires, mais cette situation ne peut être que temporaire. En effet, son maintien a un aspect d’occupation militaire qu’il n’est pas souhaitable politiquement de conserver trop longtemps.
Bien que corrompu par le parti Baas, l’Irak a un système judiciaire hautement développé et il ne faut pas exclure ce corps judiciaire de la réorganisation du pays. Il faut organiser une administration pénitentiaire et judiciaire et une police indigène. Il faut reconstruire au plus vite les institutions légales irakiennes en s’appuyant sur les traditions légales irakiennes y compris la loi islamique.

« Les Irakiens doivent combattre les envahisseurs »

Full transcript of the Saddam tape
The Sydney Morning Herald (Australie)

[AUTEUR] Ce texte est attribué à Saddam Hussein, l’ancien président de l’Irak.

[RESUME] Que la paix soit sur les grands Irakiens qui veulent changer leur attitude face à nos ennemis. Je ne veux pas m’attarder sur l’occupation, mais plutôt sur les moyens d’y faire face et de chasser les envahisseurs.
J’ai déjà adressé des messages en ce sens, personnellement ou en les envoyant aux mass media mais ils sont contrôlés par les sionistes et par leur quartier général à la Maison Blanche. Je vous parle depuis le grand Irak où j’ai repris la lutte clandestine. Je demande à tous les Irakiens, de toutes religions, de chasser l’ennemi de notre pays. Les Irakiens doivent être unis dans cette lutte et rejeter tout ce qui les divise. Ceux qui ont accueilli favorablement les Américains sont en train de lentement changer d’avis. Les Irakiens vont faire face aux envahisseurs et annoncer au monde que si on peut occuper leur pays on ne peut pas changer leur amour pour Saddam Hussein et leur pays.
Nos ennemis ne sont pas le monde libre comme ils prétendent l’être. Ils sont contrôlés par les médias sionistes. Si vous combattez les Américains, vous serez aidés par Dieu et nous vous aiderons.
Dieu est grand, honte au gouvernement américain jusqu’à la fin des temps.

« Téhéran est notre prochaine cible »

Tehran is our next target
The Globe and Mail (Canada)

[AUTEUR] Michael Ledeen est éditorialiste régulier de National Review. Il est l’auteur de The War Against the Terror Masters. Il détient la chaire de la Liberté à l’American Enterprise Institute. À ce titre, il fut l’un des principaux organisateurs du dîner de gala du 26 février dernier au cours duquel le président Bush prononça son discours sur l’avenir de l’Irak. Michael Ledeen est l’un des experts du cabinet de relations publiques Benador Associates.

[RESUME] La guerre contre le terrorisme doit se poursuivre et l’Irak, comme l’a rappelé le président George W. Bush n’était qu’une bataille dans cette guerre. L’Irak n’était d’ailleurs pas le plus dangereux des États terroristes.
Ce douteux honneur revient à l’Iran, créateur du terrorisme islamique moderne avec le Hezbollah, la plus meurtrière des organisations terroristes au monde, et ensuite vient la Syrie. Il faut changer les régimes qui gouvernent ces pays, sinon ils nous attaqueront à nouveau et tenteront de déstabiliser l’Irak pour nous empêcher de le reconstruire. Fort heureusement, la guerre contre ces deux pays n’est pas nécessaire et les attaques politiques devraient suffire. Il nous faut soutenir l’opposition à ces régimes. Ces deux dictatures sont vulnérables et un sondage iranien montre que 70 % de la population est hostile à la « mollahcratie ».
L’Iran et la Syrie ont profité de l’année écoulée pour organiser des attaques terroristes et des soulèvements populaires contres les États-Unis, sur le modèle du Liban, espérant nous faire fuir. Beaucoup de dirigeants irakiens sont partis vers l’Iran et de là au Soudan, même si Saddam Hussein en personne est parti vers Damas. Il y a peu de chances que l’initiative diplomatique de Colin Powell à Damas fonctionne et il faut donc lancer politiquement une révolution démocratique qui commencera par l’Iran.

« Le Liban pourrait servir de modèle pour le Proche-Orient »

Le Liban pourrait servir de modèle pour le Proche-Orient
Réseau Voltaire

[AUTEUR] Colin L. Powell est secrétaire d’État des États-Unis. Il a été assistant aux affaires de sécurité nationale du président Reagan (1987-1989) et chef d’état-major de l’armée états-unienne (1989-1993) sous la présidence de George Herbert Walker Bush. Ce texte est extrait de la de la conférence de presse qu’il a donnée le 3 mai à Beyrouth.

[RESUME] Aucun pays n’est plus résolu à favoriser la justice dans le monde que les États-Unis et aucun pays n’a mieux montré au monde comment former un même peuple fondé sur des valeurs communes à partir de groupes différents, tous descendants d’Abraham.
Nous sommes désireux autant que vous de voir la paix s’installer dans cette partie du monde. Maintenant que l’Autorité palestinienne est réformé avec la nomination d’Abu Mazen au poste de Premier ministre, nous avons remis la « feuille de route » aux deux parties. Ce plan a pour but d’assurer une paix globale dans toute la région en tenant compte des intérêts du Liban et de la Syrie.
Les États-Unis sont favorables à un Liban indépendant et prospère , libre de toutes forces étrangères qui pourrait être un modèle de démocratie et de libre-échange pour la région. Nous sommes préoccupés par la poursuite des activités terroristes du Hezbollah et nous souhaitons que l’armée libanaise mette fin à la présence de ces milices à la frontières sud. Quoi qu’il en soit, nous sommes heureux de voir que le Liban se reconstruit avec notre aide.
Comme je l’ai dit au président Assad, la région a connu des changements stratégiques avec la chute du régime terroriste de Saddam Hussein et le peuple irakien a désormais les moyens de se créer un futur meilleur. La Coalition va rapidement rétablir la stabilité du pays et rendre le pétrole aux Irakiens. Nous allons également aider les Irakiens à créer un nouveau gouvernement grâce aux réunions consultatives qui ont déjà commencé.
Dans cette tâche nous allons avoir besoin des pays du monde entier et surtout de ceux de la région. Le Liban a donc un rôle à jouer.

« Le diable que nous connaissons en Corée du Nord est peut-être meilleur que ceux que nous ne connaissons pas »

Devil We Know in N. Korea May Be Better Than the Ones We Don’t
Los Angeles Times (États-Unis)

[AUTEUR] Philip W. Yun a travaillé au département d’État sous l’administration Clinton et a participé aux négociations avec la Corée du Nord (1998-2000).

[RESUME] Si Kim Jong Il devrait disparaître, peu le regretteraient, mais pourtant l’administration Bush devrait craindre l’arrivée au pouvoir d’un dirigeant encore plus radical. En effet, la nouvelle génération, contrairement à la précédente, n’a pas connu la Corée unifiée, a peu de contacts avec l’extérieur et n’a pas le pragmatisme des dirigeants actuels. Ils sont le produit de la formidable machine de propagande nord-coréenne qui présente l’Ouest comme faible et pourtant déterminé à détruire leur pays.
J’ai pu personnellement noter lors des discussions avec des responsables nord-coréen que les plus jeunes officiers présents étaient beaucoup plus agressifs que leurs supérieurs. Pour eux, le communisme est devenu un fondamentalisme et ils sont persuadés que la réunification de la Corée doit passer par une guerre. Si l’administration Bush est sérieuse concernant le changement de régime, il faut qu’elle fasse attention à ne pas avoir pire.