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Barack Obama sur la situation en Ukraine et à Gaza

| Washington D. C. (États-Unis)
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Bonjour, tout le monde. Je voudrais faire une brève déclaration concernant la tragédie en Ukraine. Mais auparavant, je tiens à signaler que le secrétaire d’État John Kerry est parti pour le Moyen-Orient. Comme je l’ai dit à maintes reprises, Israël a le droit de se défendre contre les tirs de roquette du Hamas et ses attaques par les tunnels. Et avec ses opérations, Israël a déjà causé des dégâts significatifs à l’infrastructure terroriste du Hamas à Gaza. Comme je l’ai également dit, nous sommes cependant profondément préoccupés par le nombre croissant de morts parmi les civils palestiniens et par les pertes parmi les Israéliens. C’est pourquoi notre objectif maintenant et celui de la communauté internationale doit être de parvenir à un cessez-le-feu qui mette fin aux combats et aux décès de civils innocents, tant à Gaza qu’en Israël.

Le secrétaire d’État Kerry aura donc des entretiens avec des alliés et des partenaires. Je lui ai demandé de faire pression pour obtenir la cessation immédiate des hostilités, fondée sur le retour à l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2012 entre Israël et le Hamas à Gaza. La tâche ne sera pas aisée. Il est clair que cette situation soulève des passions énormes et des questions stratégiques très difficiles. J’ai demandé à John de faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter la cessation des hostilités. Nous ne voulons plus que des civils se fassent tuer.

En ce qui concerne l’Ukraine, quatre jours se sont écoulés depuis que le vol 17 de la compagnie Malaysia Airlines a été abattu au-dessus d’un territoire contrôlé en Ukraine par des séparatistes soutenus par la Russie. Au cours des derniers jours, nous avons eu le cœur brisé de savoir les vies extraordinaires et belles qui ont été perdues – celles d’hommes, de femmes et de nourrissons qui ont trouvé la mort d’une manière si soudaine et si insensée.

Nos pensées et nos prières sont avec leurs familles qui, de par le monde, connaissent actuellement une douleur inimaginable. J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec un nombre de dirigeants dans le monde dont des ressortissants ont trouvé la mort à bord de ce vol, et ils sont tous encore choqués mais aussi, franchement, indignés.

Notre objectif immédiat est de ramener les dépouilles de ceux que nous avons perdus, d’enquêter sur les circonstances exactes et d’établir les faits. Nous devons nous assurer que la vérité soit connue et qu’il y ait reddition de comptes.

Des enquêteurs internationaux se trouvent sur le terrain. Ils sont organisés. J’ai envoyé des équipes ; d’autres pays ont envoyé des équipes. Les enquêteurs sont bien organisés et prêts à suivre le genre de protocoles voulus suite à un évènement international tel que celui-ci pour faire des fouilles et recueillir des indices. Et ce dont ils ont besoin à l’heure actuelle, c’est un accès immédiat et complet au site du crash. Ils doivent être en mesure de mener une enquête rapide, globale et sans entrave, de même que transparente. Et le personnel préposé à la collecte des dépouilles doit pouvoir faire ce travail solennel et sacré qui lui incombe.

Le président ukrainien Porochencho a déclaré une zone semi-démilitarisée autour du site du crash. Comme je l’ai dit auparavant, nous avons des équipes internationales déjà sur le terrain et prêtes à mener l’enquête qu’il faut et à ramener les dépouilles de ceux qui ont trouvé la mort. Mais malheureusement, les séparatistes soutenus par la Russie qui contrôlent la région continuent d’entraver l’enquête. À maintes reprises, ils ont empêché les enquêteurs internationaux d’avoir plein accès à l’épave. Quand les enquêteurs se sont approchés, ils ont tiré des coups de semonce. Ces séparatistes sont en train d’enlever des preuves du site du crash, ce qui mène directement à la question – que cherchent-ils exactement à cacher ?

En outre, ces séparatistes soutenus par la Russie sont en train d’enlever des dépouilles du site du crash, souvent sans la rigueur à laquelle on s’attendrait dans le cas d’une tragédie comme celle-ci. Et c’est une insulte à l’égard de ceux qui ont perdu des êtres chers. C’est le genre de comportement pour lequel il n’y a pas de place dans la communauté des nations.

Par ailleurs, la Russie a une influence extraordinaire sur ces séparatistes. Personne ne le nie. La Russie les a encouragés. La Russie leur a donné de la formation. Nous savons que la Russie leur a fourni certaines armes, de l’équipement militaire et des armes, notamment anti-aériennes. Des chefs séparatistes clés sont des ressortissants russes. Étant donné donc l’influence directe que la Russie exerce sur les séparatistes, ce pays, et le président Poutine en particulier, ont la responsabilité directe de les pousser à coopérer avec l’enquête. C’est la moindre des choses.

Le président Poutine dit qu’il est pour une enquête globale et juste. J’apprécie ces propos, mais ils doivent être suivis de gestes. C’est à la Russie qu’incombe maintenant la responsabilité d’insister auprès des séparatistes afin qu’ils cessent d’altérer les preuves, qu’ils donnent aux enquêteurs qui sont déjà sur le terrain un accès immédiat, complet et sans entrave au site du crash. Les séparatistes et leurs commanditaires russes ont la responsabilité d’assurer la sécurité des enquêteurs qui s’acquittent de leur tâche. Et en synergie avec nos alliés et nos partenaires, nous travaillerons sur ce dossier aujourd’hui aux Nations unies.

À une échelle plus vaste, comme je l’ai dit au cours de cette crise et de la crise en Ukraine en général, et comme je l’ai dit directement au président Poutine et en public, je continue de préférer une solution diplomatique à ce qui ce passe en Ukraine. Je crois que cela est encore possible. C’est ce que je préfère aujourd’hui et ce que je continuerai à préférer.

Mais si la Russie continue de violer la souveraineté de l’Ukraine et de soutenir ces séparatistes, et que ces séparatistes deviennent de plus en plus dangereux et deviennent un danger non seulement pour la population à l’intérieur de l’Ukraine mais aussi pour la communauté internationale en général, alors la Russie se retrouvera encore plus isolée, et les coûts qui lui seront infligés en raison de son comportement continueront à s’alourdir.

L’heure est venue pour le président Poutine et pour la Russie de faire demi-tour, de renoncer à la stratégie qu’ils ont adoptée jusqu’à présent et de chercher sérieusement à trouver une solution aux hostilités en Ukraine d’une manière qui respecte la souveraineté de l’Ukraine et respecte le droit du peuple ukrainien à prendre ses propres décisions quant à sa destinée.

Il n’y a plus de temps à perdre. Nos amis et nos alliés doivent être en mesure de recouvrer les dépouilles de ceux qu’ils ont perdus. C’est le moins que l’on puisse faire. C’est une question de décence. Les familles méritent de pouvoir enterrer leurs êtres chers dans la dignité. Le monde mérite de savoir exactement ce qui s’est passé. Et le peuple ukrainien mérite de pouvoir déterminer son propre avenir.

Merci.

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